Le 09/06/2012 | Mis à jour le 09/06/2012 20:00:22
Maria Sharapova a remporté Roland-Garros, le seul tournoi du Grand Chelem qui manquait à son palmarès. La Russe, future n°1 mondiale, a dominé Sara Errani (6-3, 6-2) samedi.
Maria Sharapova a assumé. Grande favorite de cette finale face à l'Italienne Sara Errani, la Russe a encore démontré qu'elle avait le mental des plus grandes. En s'imposant en deux sets (6-3, 6-2), la nouvelle n°1 mondiale a assuré sa place dans l'histoire du jeu : elle est la 10e joueuse à remporter les quatre titres du Grand Chelem, la 6e de l'ère Open. La récompense d'une détermination totale, des heures passées à travailler pour revenir de cette grave blessure à l'épaule droite et d'une quinzaine traversée en taille patronne.
Le début du match a confirmé que tout dépendrait d'elle. Plus puissante, jouant plus vite, Sharapova a étouffé Errani dont la faiblesse au service n'a pu qu'être punie par les retours missiles de la Russe. A 4-0 double break, le public qui a accueilli Sharapova sous une très forte ovation a commencé à changer de camp. Certain que ''Masha'' va marcher sur sa rivale, il a décidé de soutenir l'Italienne. Non pas pour qu'elle crée un nouvel exploit à Paris, mais pour s'assurer d'éviter un carnage. Errani s'est alors battue, a refait un break de retard, a même failli en refaire un autre à 2-1 dans la deuxième manche mais elle a elle n'avait pas les armes. Son jeu de défense s'est cassé les dents sur la rage de vaincre de Sharapova.
La Russe n'a pas laissé l'enjeu prendre le dessus : 37 coups gagnants, des revers le long de la ligne qui assomment, des coups droits décroisés en forme de coups de fusil et ses services gagnants comme autant de clins d'oeil à son passé. Elle a été chercher son triomphe, n'a pas usé ses nerfs sur les lifts et slices adverses, elle a pris tous les risques pour imposer une filière courte. La seule qui pouvait la mener à la gloire sur terre battue même s'il faut admirer les progrès de son jeu de jambes. Il fallait la voir assumer les droite - gauche, remettre les amortis, ne plus perdre ses appuis.
Dominée en finale de Wimbledon en 2011, puis en finale à Melbourne en 2012, ''Masha'' ne s'est pas découragée. A genoux sur la terre battue une fois la balle de match jouée, la tête dans les mains, elle avait toutes les raisons de se laisser aller. Qui aurait dit il y a encore deux ans qu'on la reverrait si haut ? Après avoir serré son clan dans ses bras, elle a de nouveau laissé couler quelques larmes pendant l'hymne russe. Elle lance quelques phrases émues en français, remercie ceux qui ont toujours cru en elle et récupère ce trophée dont elle a rêvé, celui qu'on ne pensait pas la voir soulever. Aux côtés de Monicas Seles, qu'elle qualifiera d'inspiration, Sharapova a pris une nouvelle dimension. Déjà superstar, elle est entrée dans le cercle fermé des légendes. Elle l'a mérité.
Carole BOUCHARD, à Roland-Garros
Novak Djokovic, qui reste sur deux sorties précoces à Madrid et Rome, n'abordera pas Roland-Garros avec les mêmes certitudes que les deux années précédentes. Mais le n°1 mondial reste le deuxième favori du tournoi après Rafael Nadal, qu'il a battu à Monte-Carlo.
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