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06/01/2009 | 23:27| Voile - Vendée Globe

Riou : «Une bonne étoile»

A bord de PRB, Vincent Riou a procédé au sauvetage de Jean Le Cam mardi soir. Ce dernier avait chaviré avant le Cap Horn dans la nuit de lundi à mardi. Sur le site Internet du Vendée Globe, Riou raconte comment il a vécu son intervention.

Le constat en arrivant sur place, le rôle de Vincent et d'Armel (Le Cléac'h), la récupération de Jean : «VM Matériaux était partiellement rempli d'eau, tout l'arrière était immergé. Il a donc vécu caché dans l'étrave du bateau, avec sa petite réserve d'air. Et puis, il a pris son courage à deux mains et il est sorti ! Je n'avais qu'une peur, c'est qu'il sorte et qu'on ne soit pas là. Alors toute la journée, on s'est relayé avec Armel. Et puis cet après-midi, j'ai vu des choses sortir par l'arrière, des caisses et puis la trappe cassée. Puis Jean est sorti, il a réussi à monter sur la coque du bateau et à s'accrocher au safran sous le vent. Mais à chaque vague, il passait sous l'eau, la situation était très précaire, très stressante pour lui et pour moi aussi. Ça a été un moment très intense, plein de stress. Ça a dû durer un quart d'heure. Ça a été le moment le plus difficile pour moi, je savais que c'était maintenant ou jamais. J'ai joué le tout pour le tout.»

Outrigger cassé, opération en double, in extremis : «Je suis passé une première fois et je lui ai lancé un cordage qu'il n'a pas réussi à attraper. Je ne voulais pas qu'il lâche son bateau sans avoir attrapé le bout. J'ai fait trois passages sans succès. Au quatrième, j'y suis allé plus près, un peu trop près d'ailleurs car j'ai endommagé le bateau. J'ai entendu un crac devant, mais j'ai vu que Jean avait réussi à attraper le cordage. Il l'a passé autour de lui et je l'ai ramené au winch. Puis j'ai constaté que l'outrigger (bâbord) était cassé, je pensais que le mât était tombé, en fait, il était gîté de 30 degrés sous le vent. Avec Jean, on a réfléchi et on a fait la manip'. On a empanné, c'est le plus bel empannage de notre vie comme a dit Jean. L'opération était scabreuse ! On a remis le mât droit, sécurisé l'outrigger.»

Le moral de Jean : «Jean va bien, il est content d'être là. Il vient de passer les 24 heures peut-être pas les pires de sa vie de marin, mais en tout cas pas les plus agréables. Lui et moi sommes heureux d'être là, parce qu'il y a quelques heures, ça n'était pas gagné.»

Un grand ouf : «Je ressens maintenant un énorme soulagement. Lorsque Jean a chaviré, j'étais au téléphone avec lui ! J'ai cravaché toute la nuit, je ne savais pas quel était le caractère d'urgence. Mais avec le froid, dans de l'eau à 5 degrés, j'ai passé ma journée à imaginer tous les scénarios. Finalement ça a été un beau travail d'équipe avec le MRCC, la direction de course, Armel et le pétrolier qui m'a guidé pour retrouver Jean plus facilement.»

L'avenir : «De toute façon, dès que j'ai réussi à l'embarquer à bord, plus rien n'était grave. On se dirige maintenant vers le Sud-est (sous grand voile avec trois ris et rien devant), vers les îles Diego Ramirez, vers le canal de Beagle ou vers Ushuaïa. Je n'ai pas envie d'arrêter là mon tour du monde. Je réfléchis à différentes solutions pour continuer.»

Conclusion : « On a eu une bonne étoile et c'est tant mieux. Cette histoire fait partie de notre métier, de notre vie de marin et ce soir nous sommes deux marins heureux. » (Avec vendeeglobe.org)

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