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06/01/2009 | 17:04| Tennis-FRA

Mannarino : une histoire de famille

Il est tombé dans la marmite à la naissance. Avec un papa, professeur de tennis, et une fratrie très impliquée par la petite balle jaune, Adrian Mannarino qui bénéficie d'une invitation pour le tableau final de l'Open d'Australie, ne peut pas échapper à son destin et il n'a pas pris d'itinéraire bis. Dans le Val d'Oise au club d'Eaubonne, il franchit rapidement toutes les étapes. Il suit son aîné de trois ans, Morgan (-15 à 23 ans) et la fraternité n'empêche pas l'émulation. «On jouait souvent ensemble, cela m'apportait pas mal. Quand on joue avec quelqu'un de plus fort, cela habitue à une balle plus rapide. Cela m'a tiré vers le haut. En revanche, le fait que je l'ai dépassé ne le tire pas forcément vers le haut (rires). Au moins, cela convient à un de nous eux, c'est déjà pas mal », plaisante Adrian Mannarino qui a aussi une petite soeur Iris, classée 0 à 16 ans.

Cette histoire de famille se poursuit après un petit crochet par le Centre national d'entraînement (CNE) à Roland-Garros. Pendant sept mois, il s'entraîne dans le groupe de Laurent Raymond avec Josselin Ouanna. L'expérience n'est pas concluante mais riche en enseignements. «Cela m'a apporté pas mal de choses. Je me suis rendu compte de la manière dont j'aimais m'entraîner et de ce que j'avais à améliorer. Ce n'était pas si mauvais que cela, ce passage à la Fédération », positive Adrian Mannarino qui est retourné s'entraîner avec son père dans le Val d'Oise. Il aime trop son indépendance. « J'aime avoir pas mal de libertés », avoue-t-il en souriant. Aujourd'hui, la Fédération l'aide financièrement pour ses voyages et lui propose la structure du CNE pour trouver une aide dans sa préparation physique et son suivi médical. Il écume le circuit avec son père mais ne sent pas le poids de la famille et des responsabilités. «Je n'ai jamais eu aucune pression et cela m'a beaucoup aidé, explique le Français de 20 ans. Pour l'instant, les résultats ne sont pas si mauvais, je ne suis pas trop dans le rouge (rires). »

Ses sources d'inspiration

Apparu aux yeux du grand public lors de sa demi-finale à Metz, le 134e mondial continue sa route avec pour objectif principal : son entrée dans les cent premiers. Une douleur au genou en fin de saison l'a handicapé dans sa préparation. Pendant la trêve, il n'a pas pu bosser comme il le souhaitait son endurance, mais il a effectué un travail de musculation pour le haut du corps. Ses prises de balle précoces, son sens de l'anticipation, son jeu tout en relâché et son sens tactique lui offrent de nombreuses solutions. Mais il sait que le talent n'est rien sans le travail. «J'ai l'impression que tous les joueurs sont talentueux, estime-t-il. Il faut travailler énormément pour réussir quoi qu'il arrive.»

Il prend donc exemple sur ses aînés et lors de coups de blues, il n'hésite pas à regarder quelques vidéos « pour s'inspirer un peu ». Pour le mental, il cite spontanément Nadal avant d'ajouter dans la foulée Arnaud Clément : «Arnaud Clément qui s'arrache tout le temps a été un exemple. J'ai plus l'habitude de regarder des joueurs français. » Gilles Simon fait également partie de ses sources d'inspiration. Comme le numéro 7 mondial, le natif de Soisy-sous-Montmorency réussit à faire mal jouer ses adversaires et possède un physique plutôt frêle : «Gilles (Simon) qui n'est pas aussi avantagé physiquement que Nadal arrive avec sa manière à lui presque au même niveau que l'Espagnol. Je ne suis pas aussi musclé qu'un Tsonga, je suis obligé de m'ajuster. Je sais que je ne gagnerais pas beaucoup de points avec mon service et que je devrais courir un peu plus que les autres. Après, on voit ce qui se passe.» Pour l'instant, il court après les challengers et les qualifications des Grands Chelems et des Grands Prix. «Le fait de jouer sur des plus petits tournois ne me dérangent pas, j'ai le classement pour jouer dans ces tournois-là pour l'instant, plaide Adrian Mannarino. Ce n'est pas tout le temps une bonne chose d'être trop aidé, il faut aussi faire son chemin pour se forger un gros mental. »

Sophie DORGAN

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