MSN Sports Tennis - Tsonga : « Je crois en moi »
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23/12/2008 | 10:00| Tennis - ATP

Tsonga : « Je crois en moi »

Avec Jo-Wilfried Tsonga, c'est « no limit ». De sa voix douce qui contraste avec son regard déterminé, il explique tout simplement : «Je crois en moi et en mes capacités». Dans la bouche d'un Français, cette phrase pourrait résonner comme une forfanterie. Dans le vocabulaire d'un Américain, cela relève de l'évidence. Et pour Jo-Wilfried Tsonga, c'est juste une réalité. Le Manceau n'est ni un provocateur ni un joueur à l'ego surdimensionné. Il est juste lui-même, sincère et honnête : «J'ai toujours été surprenant en tant que joueur de tennis. J'ai toujours été capable du meilleur comme du pire. Petit à petit, j'efface le pire et je commence à donner que du bon.»

Les sceptiques voyaient ses grands parpaings de coup droit, touchés la bâche, avec un petit sourire narquois. Aujourd'hui, ils ont ravalé leur ironie. Jo-Wilfried Tsonga préparait la suite. Un de ses meilleurs amis et partenaires d'entraînement, Josselin Ouanna, n'a pas oublié la leçon : «Plus jeune, Jo ratait beaucoup et aujourd'hui, son jeu est en place. Quand il faut faire jouer, il sait faire jouer. Quand il faut attaquer, il sait attaquer. Maintenant son jeu est très bien posé.» Depuis le 1er décembre, il a repris le chemin de l'entraînement. Après quinze jours de repos, il avale la fameuse période foncière, indispensable pour endurcir la « caisse » et enchaîne avec les quelques ajustements techniques pour améliorer son jeu. «Je suis très perfectible», lance immédiatement le 6e joueur mondial qui a gagné 206 places en deux ans. Il commence par évoquer son souhait de jouer davantage à l'intérieur du court, il enchaîne par sa volonté de rendre sa deuxième balle de service plus puissante. Au fil de la conversation, il ajoute le coup droit, le revers... Bref, il veut tout. Son inventaire à la Prévert démontre sa volonté, sa soif d'apprendre et son perfectionnisme.

Comme sur le court, Jo-Wilfried Tsonga ne triche pas et ne cherche pas à se cacher. Il fait ce qu'il dit et il dit ce qu'il fait. Cette saison 2008 a mis les choses au point d'entrée avec sa finale à l'Open d'Australie et surtout sa demi-finale, remportée (6-2, 6-3, 6-2) contre Rafael Nadal. Cela pouvait être le chef d'oeuvre d'une carrière. La suite de l'année prouve que c'est une mise en bouche. Malgré un gros coup dur avec une opération du ménisque au moment de Roland-Garros, il revient en trombe en fin de saison pour empocher son premier titre sur le circuit ATP en battant Novak Djokovic en finale à Bangkok. Semaine après semaine, il apporte un petit ingrédient supplémentaire. Après son incroyable niveau de jeu en Australie et son exceptionnelle capacité de rebond à Bangkok, il prouve à Bercy sa force mentale. La pression et ses avatars ne font pas partie de son vocabulaire : «Je ne ressens effectivement pas de pression. Quand on n'a pas assez d'argent pour payer son loyer à la fin du mois et qu'on risque d'être dehors, c'est ça pour moi la pression. Je ne joue pas ma vie sur un court.»

Devant son public et ses proches à Paris, il se transcende pour aller cueillir David Nalbandian en finale. Au-delà de son premier titre en Masters Series, sa gestion des points importants lui donne l'étoffe des grands. Sur sa chaise avant de recevoir le trophée, il «savoure» et «revit tout jusqu'à (s)es années d'adolescence où (il) se disait à 14-15 ans que ce serait quand même génial de gagner un tournoi comme ça». C'est l'image qu'il veut garder de sa saison. La victoire d'aujourd'hui est donc aussi celle d'hier avec ses galères, ses souffrances et ses joies. L'élève d'Eric Winogradsky n'a pas la mémoire courte, il n'oublie pas toutes ses blessures et ses doutes. Certains auraient nourri de la rancoeur ou de l'aigreur pendant ces longs mois à se morfondre au Centre national d'entraînement (CNE). Jo-Wilfried Tsonga a laissé mûrir son envie et sa générosité trouve aujourd'hui un écho retentissant dans le coeur des spectateurs. «Le tennis reste pour moi un plaisir, un échange. Je donne le maximum de moi-même car j'aime me regarder dans la glace en me disant que j'ai bien fait les choses.» Son charisme fait le reste. Tout est toujours très simple avec «Jo» : il donne, donc il reçoit.

Sophie DORGAN

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