29/03/2008 | 00:22| Tennis-WTA-MiamiBartoli : «C'était horrible»![]() Éliminée d'entrée de jeu, comme à Doha, par la Danoise Caroline Wozniacki (6-3, 6-1), vendredi à Miami, Marion Bartoli (Photo L'Equipe) n'a pas caché son énorme déception. Au bord des larmes, désemparée, la numéro un française dit ne pas comprendre cette défaite, elle qui affirme « normalement, les jours sans, je ne connais pas. » La 10e joueuse mondiale va avoir besoin d'un peu de temps pour se reconstruire avant de repartir à Amelia Island. « Remonter la pente ne va pas être facile », avoue-t-elle. Entretien sans fard. « Marion Bartoli, on ne va pas y aller par quatre chemins : aujourd'hui (vendredi), c'était un jour sans... Oui... C'était un jour vraiment sans et c'est d'autant plus dommage que j'avais essayé de me préparer le mieux possible pour ce tournoi, que j'aime beaucoup. Vraiment, je suis toujours contente de venir jouer là, mais cette année, ç'aura été très difficile pour moi. Est-ce Caroline Wozniacki, qui vous avait déjà battue à Doha, qui vous pose particulièrement des problèmes ? Ça n'a rien à voir avec elle, même si elle a un jeu complet avec pas beaucoup de gros points faibles. J'aurais très bien pu perdre même si j'avais bien joué, mais là, ce qui me désole le plus, c'est d'avoir fait un non-match. Je n'ai pas l'habitude de cela. J'ai l'habitude de me battre jusqu'au bout et, bon, si l'adversaire est plus forte, elle est plus forte, d'accord, mais là, il n'y avait même pas matière à se battre, je ne mettais pas deux balles d'affilée dans le court. Il y avait longtemps que vous n'aviez pas eu l'impression, comme cela, d'impuissance, de ne pas trouver de solution sur le court ? Ce n'est même pas de ne pas avoir de solution, de ne pas trouver de solution tactique ou de ne pas parvenir une faille dans le jeu de l'adversaire. Ce n'est même pas ça, non... C'est que j'essaie de faire un geste technique, de frapper la balle comme j'ai l'habitude d'en frapper des milliards, et elle ne passe pas ! Ou la balle prend la bande du filet à chaque fois, ou la balle part deux mètres derrière ! C'était horrible. A Indian Wells, vous n'aviez pas du tout ressenti ça ? Non, à Indian Wells il y avait pourtant beaucoup de vent et les conditions étaient très difficiles, mais j'arrivais à contrôler la balle beaucoup mieux que ça. Honnêtement, je n'ai pas d'explication. Je ne sais pas ce qui s'est passé... Cela vous inquiète ou vous vous dites que c'était juste un jour sans ? Ma qualité principale, normalement, c'est que je sens très bien la balle. J'ai un très bon centrage et un très bon timing. Donc, des jours où je ne sens pas la balle, je n'en ai normalement jamais. Il m'arrive d'être lente, il m'arrive de ne pas arriver à couvrir mon terrain, de jouer trop faiblement... Ça, ça m'arrive, oui. Mais de ne pas sentir la balle du tout, jamais. Je n'ai pas le souvenir d'un match où les choses se sont passées comme ça pour moi, donc ce n'est pas évident à gérer... Mais je ne ressens même pas de l'inquiétude. On s'inquiète quand on a une explication, que l'on peut remonter le fil pour comprendre. Or là, je n'en ai pas. Si je n'avais rien fait pendant dix jours, que j'étais allée à la plage, et que je ne mette pas une balle, à la limite, je pourrais comprendre, mais cela n'a pas été ça. Tous les jours, j'étais sur le terrain d'entraînement, tous les jours j'ai fait vraiment mon maximum pour me préparer pour ce tournoi-là et aujourd'hui je ne mets pas une balle dans le court. Au point que j'aurais pu perdre contre n'importe qui. On vous sent désemparée. C'est une attitude qui ne vous ressemble pas... Si, si, ça me ressemble tout à fait. Dans la mesure où l'on s'implique dans un projet, je trouve que c'est assez normal d'être frustré quand on n'arrive pas à obtenir ce que l'on veut. Les gens qui prennent ce genre de choses avec plus de détachement, c'est peut-être qu'ils prêtent un peu moins d'importance à ce qu'ils font, ce qui n'est pas le cas pour moi. J'essaie toujours d'être très impliquée dans tout ce que je fais, que ce soit le tennis ou le reste, et c'est vrai que quand j'arrive à un niveau aussi faible, cela me touche. Remonter la pente ne va pas être facile. Quel va être votre programme dans les prochains jours ? Pas mal d'entraînement (sourire). Ce n'est pas ce que j'aurais préféré faire, mais bon. Et puis j'enchaînerai sur les tournois d'Amelia Island et Charleston. Mais avant, je vais essayer d'analyser pourquoi il y a eu ce non-match-là. J'arrive normalement à toujours trouver les solutions dans les cas les plus désespérés. Je suis persuadée que j'ai tout, que j'ai le mental, que j'ai l'adresse, que j'ai tout ce qu'il faut pour être dans le top 10, mais là, ça n'arrive pas à se mettre ensemble, donc cela donne des écarts entre le classement et le niveau que je joue sur le terrain qui sont incompatibles avec le plaisir de jouer. Franchement, des matches comme ça, on n'y prend pas beaucoup de plaisir. » Propos recueillis par Myrtille RAMBION, à Miami Voter pour cette article:
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