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Maria Sharapova a été éliminée dès le deuxième tour par Alla Kudryavtseva. (Reuters)

La journée des femmes

SHARAPOVA TROP SHORT

Pour la première fois de sa carrière, Maria Sharapova quitte Wimbledon dès le deuxième tour. Battue par Alla Kudryavtseva, 154e mondiale, la Russe est passée à côté de son sujet. Les autres principales têtes de série sont passées. Emilie Loit a été battue logiquement par Shahar Peer.


Mardi, tout le monde ne parlait que de son short dans les travées de Wimbledon. Jeudi, chacun s'interroge sur son jeu. Pour Maria Sharapova, la tenue n'est pas idoine. La lauréate de l'épreuve en 2004 a pris une veste (6-2,6-4) en 1h24' contre Alla Kudryavtseva. Une illustre inconnue ? Pas vraiment, la 154e mondiale a fait trembler (2-6, 6-3, 7-5) Venus Williams au premier tour de Wimbledon l'an dernier. Elle passe aujourd'hui d'une joueuse qui a frôlé l'exploit à celle qui fait tomber une tête. Mais la tête de série n°3 avait bien l'esprit ailleurs. Est-ce le vent qui l'a détournée de la raison au service avec huit doubles fautes ? Est-ce une mauvaise digestion d'un début de saison tonitruant qui s'étiole au fil des mois ? Est-ce une erreur de préparation en arrivant à Wimbledon sans aucun match sur herbe ? Les causes sont multiples et le constat implacable avec une lourde défaite en deux petits sets. L'ancienne numéro 1 mondiale a délivré une partition très modeste et ses regards d'incompréhension vers son papa dans les tribunes reflètent sa détresse. C'est un jour où sa hargne ne compense pas ses carences. Sans repères et avec de mauvaises sensations, Maria Sharapova ne possède pas de plan B et son adversaire s'est engouffrée dans les failles. «Il y a des jours sans, déplore Maria Sharapova. Et les adversaires savent parfois en profiter.» Alla Kudryavtseva récolte donc les 22 fautes directes adverses, cherche la longueur, la régularité et attaque chaque balle courte. Et surtout elle réussit à tenir mentalement et à ne pas se laisser submerger par l'exploit qui la guette.

Après avoir mené (6-2, 4-2), elle voit Maria Sharapova débreaker puis sauver une balle de 5-3 grâce à la vidéo. «Dès le début du match, je n'ai pas joué mon jeu, je n'ai jamais été en contrôle de la situation, avoue la vainqueur de l'Open d'Australie 2008. J'avais pourtant joué un premier tour solide.» Le dernier jeu résume le match. La tête de série n°3 mène 40-15 sur son service. Après deux fautes directes et une double faute, elle offre une balle de match à son adversaire. Et Alla Kudryavtseva ne tremble pas, elle a bien retenu les leçons de sa défaite de l'an dernier pour conclure sur un coup droit gagnant et rejoindre Shuai Peng au troisième tour. Personne ne parle plus du short de Maria Sharapova... Il faut parfois se méfier de la mode, c'est éphémère. Gagner en jouant mal fait partie des qualités de Venus Williams. Jamais très à l'aise lors des premiers tours, la tenante du titre a souffert pour sortir (7-5, 6-2) la Britannique Anne Keothavong. Comme Maria Sharapova, l'Américaine n'a pas été avare en erreurs grossières avec 26 fautes directes, mais elle a bien négocié les points importants en sauvant dix balles de break sur onze. Face à une adversaire relativement modeste, la tête de série n°5 peut se permettre certains excès. Son tableau avec Maria Jose Martinez Sanchez, 101e mondiale, au prochain tour devrait lui permettre une montée en puissance progressive. Pour Jelena Jankovic (n°2), la régularité fait partie de son fonds de commerce. Comme à Roland-Garros, la Serbe a dominé aisément (6-1, 6-3) l'Espagnole Carla Suarez Navarro pour retrouver Caroline Wozniacki. Dinara Safina (n°9) n'est pas vraiment une habituée de la constance, mais la soeur de Marat a changé et a bien géré son match (6-3, 6-2) face à Su-Wei Hsieh. Sa compatriote Elena Dementieva (n°5) s'est également montré fidèle à sa réputation avec une fin de match tonitruante pour s'imposer (4-6, 6-3, 6-3) contre Timea Bacsinsky.

Avec sa nouvelle philosophie, Emilie Loit s'est fait plaisir sur le court, mais cela n'a pas suffi (6-3, 6-4) contre Shahar Peer (n°24). Pourtant la Française a régalé les amateurs d'amorties, de revers slicés et de jeu "à l'ancienne". Mais la puissance de l'Israélienne ne s'est pas engluée dans la cuisine d'Emilie Loit qui peut nourrir quelques petits regrets sur les points importants. Dans le quatrième jeu de la première manche (1-2), elle possède sept balles de débreak qu'elle n'arrive pas à conclure. Et le dernier point où son coup droit paraît blanchir la ligne laisse un goût d'inachevé. Cette amertume peut être partagée par Vera Zvonareva (n°13), battue (7-6 [10], 4-6, 6-3) par Tamarine Tanasugarn. Victorieuse la semaine dernière à 's-Hertogenbosch, la Thaïlandaise vit à 31 ans une seconde jeunesse et prouve que l'expérience est capitale sur gazon.


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