MSN sports Tennis - WIMBLEDON - La journée des femmes
Accueil | Tennis | dossier
Ana Ivanovic peut saluer la foule après sa victoire sur le fil contre Nathalie Dechy. (L'Equipe)

La journée des femmes

DANS LES FILETS D'IVANOVIC

Après un match épique, Ana Ivanovic se qualifie en sauvant deux balles de match contre Nathalie Dechy et peut embrasser le filet qui lui a permis de rester dans le tournoi. Marion Bartoli et Amélie Mauresmo réalisent des prestations rassurantes. En revanche, l'aventure s'achève pour Pauline Parmentier, battue (1-6, 6-2, 6-3) par Casey Dellacqua.


Dechy, la symphonie inachevée

C'est le cauchemar de tout joueur de tennis : perdre en ayant obtenu une ou plusieurs balles de match. Que dire d'une défaite avec une balle de match perdu sur un let gagnant ? Une injustice ou un signe du destin ? Peu importe les termes, le tableau d'affichage affiche toujours le même résultat : (6-7[2], 7-6[3], 10-8) pour Ana Ivanovic contre Nathalie Dechy. Il faut le voir écrit pour le croire. Et cette deuxième balle de match à 7-6, 5-4 (30-40) après une première balle sauvée d'un beau coup droit gagnant, il faut la voir dans la bande du filet puis suspendue dans l'air pendant quelques dixièmes de secondes pour retomber du côté de la Française. «J'étais à deux millimètres de la victoire. C'est dur à avaler», avoue la 97e joueuse mondiale, auteure d'un match remarquable. Deux millimètres qui changent tout. «J'étais très surprise, je pensais que ma balle était dans le filet et que le match était terminé, explique la tête de série n°1. J'ai eu beaucoup, beaucoup de chance. Après ce point, j'ai senti que c'était un nouveau match qui commençait pour moi et que j'avais une nouvelle chance.» Deux millimètres qui auraient offert à la 97e mondiale une immense victoire sur la numéro 1 mondiale. Ce coup du sort au deuxième set s'accompagne du coup de la casquette à 5-5 au troisième set, où la Tricolore réalise une volée parfaite au moment où sa casquette s'envole. Le point est à rejouer. Les plus rationnels peuvent en perdre leurs convictions...

Si le fait du match se mesure en millimètres, la prestation de Nathalie Dechy est à la hauteur de son ancien statut de 11e mondiale. «On mérite toujours sa chance. C'est une championne formidable, explique avec élégance la Nordiste. Elle est allée chercher sa réussite. Sans être à son meilleur niveau, elle n'a jamais renoncé.» En s'appuyant sur un excellent service et une belle agressivité, elle a tenu le choc et a réussi à déstabiliser Ana Ivanovic, bien empruntée sur gazon, en difficulté sur son engagement (45% de premières balles au premier set) et très généreuse en fautes directes (34 au total). Malgré le sort, la Française n'a jamais abdiqué. Mené 2-5 au premier set, elle est revenue. Assommée par le let gagnant au deuxième set, elle n'a pas sombré. Breakée à à 2-3 dans la troisième manche, elle n'a pas baissé les bras. Et son cran s'est confirmé à 5-6, où elle a sauvé avec autorité deux balles de match. Après avoir beaucoup pleuré et avoir ressassé cette fameuse balle de match, Nathalie Dechy pourra se consoler (un peu) au vu de la globalité de sa performance. L'an dernier, Ana Ivanovic lui avait infligé un cinglant (6-1, 6-1). Aujourd'hui, sur le court n°1, la Nordiste a fait vibrer tout le public et même Marion Bartoli a été tenue en haleine pendant son propre match sur le court n°11 face à Tatiana Perebiyni. Tranquille pendant tout le premier set remporté (6-2), la numéro 1 française a vu son esprit s'évader vers le terrain de sa compatriote et son adversaire s'échapper 2-5 dans la deuxième manche avant de se reconcentrer. La finaliste de l'édition 2007 s'est bien reprise pour effacer son double break de retard et conclure (6-2, 7-5) en 1h21' pour retrouver Bethanie Mattek au troisième tour.

Mauresmo de mieux en mieux

Le coup du sort, Amélie Mauresmo l'avait vécu à Eatsbourne. Blessée à la cuisse, l'ancienne numéro 1 mondiale a compté les centimètres de sa déchirure et le nombre de jours de récupération avant d'oser se lancer à Wimbledon. Son abnégation à vouloir participer se trouve récompensée par une victoire encourageante (4-6, 6-1, 6-1) en 1h43' contre Virginia Ruano Pascual. Dans la tête et dans le corps, elle s'est fait violence. Après un premier set très approximatif avec 21 fautes directes, Amélie Mauresmo oublie son appréhension, trouve ses marques, arrête de chercher le coup décisif sur chaque frappe, construit son succès avec précision et surtout bouge mieux. «J'avais pas mal d'appréhension au premier set, j'avais du mal à bouger correctement, je me suis libérée par la suite, déplore l'élève de Loïc Courteau. Aujourd'hui, il y avait plus d'intensité physique et davantage d'engagement. C'est mieux. Maintenant il faut que je me libère totalement lors du troisième match

A partir de 4-6, 1-1 et 15-40, la Tricolore retrouve ses automatismes de vraie joueuse d'herbe et s'envole pour rejoindre Serena Williams au troisième tour. Avec ses deux derniers sets très incisifs et un jeu de jambes de plus en plus aérien au fil de la guérison, elle peut s'affirmer comme une véritable rivale de la cadette des Williams qui a dominé (6-4, 6-4) Urszula Radwanska. Mais tout n'est pas rose, la Française, qui doit passer une échographie de contrôle jeudi, souffre encore : «Il y a encore des douleurs, mais il faut passer au-dessus. Contre Serena, le service aura une grande importance et il va falloir que j'essaie de l'agresser parce qu'elle peut vite devenir un rouleau-compresseur.» La volonté peut parfois vaincre le mauvais sort.


Publicité
< 1 2 3 4 5 >
    
L'OM s'imposera t-il à Lyon demain soir?
OUI
NON