MSN sports Tennis - WIMBLEDON - La journée des hommes - Troisième tour
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Richard Gasquet, victorieux de Gilles Simon, affrontera Andy Murray en huitièmes. (L'Equipe)

La journée des hommes - Troisième tour

L'EXPÉRIENCE DU PLUS FORT

L'expérience et le talent de Richard Gasquet ont terrassé Gilles Simon. La persévérance et l'abnégation d'Arnaud Clément ont mis au supplice les nerfs de Jürgen Melzer. A la tombée de la nuit, Paul-Henri Mathieu s'est incliné contre Marin Cilic et Rafael Nadal s'est qualifié aux dépens de Nicolas Kiefer.


L'expérience de Gasquet

Quand la tension domine, l'expérience prime. Et cette vérité de base prend tout son sens dans un match franco-français. Sur sa carte d'identité, Richard Gasquet affiche un an de moins que Gilles Simon (23 ans). Mais sur son curriculum vitae, le Biterrois propose un savoir-faire en Grand Chelem nettement supérieur à son adversaire. Plus relâché, très solide au service et agressif en retours, la tête de série n°8 prend le jeu à son compte d'entrée en breakant à deux reprises pour mener 5-1. Le Niçois réduit alors son nombre de fautes directes, se montre opportuniste avec son revers décroisé et se règle en passings. «Au début, j'étais crispé, tendu, déplore l'élève de Thierry Tulasne. Puis le match s'est équilibré au premier set quand je suis mené 5-2 et que je débreake.» Son débreak à 5-2 lui permet de constater que "tout est possible" n'est pas un simple slogan publicitaire. Avec son excellent coup d'oeil et son jeu tout en relâchement, il trouve les clés de la relance. Mais il perd celles du service. Les breaks se succèdent à l'image des cinq concédés dans la deuxième manche. Richard Gasquet profite alors de la moindre occasion pour mettre la pression sur son compatriote avec son magnifique revers et sa régularité en retours. Le numéro 1 tricolore varie parfaitement, n'hésite pas à utiliser le slice en revers à l'instar de la balle de premier set et martyrise le coup droit de son adversaire.

Mais les Français sont deux bons élèves et retiennent bien leurs leçons. Pas une seule balle de break au troisième set et un tie-break très solide de Gilles Simon qui multiplie les bons retours et vient conclure au filet. Le Niçois enchaîne par un break d'entrée pour mener 2-0 puis 3-1. «Il fait un super tie-break. Il prend confiance, il devient meilleur que moi du fond du court. J'avais vraiment du mal, avoue Richard Gasquet. Quand il gagne le troisième set, il est au top. Au début du quatrième set, le break me fait mal.» Mais l'expérience d'une demi-finale à Wimbledon s'avère inestimable dans les moments délicats et l'élève de Guillaume Peyre s'accroche. Il attend son heure, le petit détail, la faute de trop et elle arrive à 3-2. Gilles Simon rate deux coups droits sur deux revers slicés, le match vient de tourner. Grâce à deux passings, Richard Gasquet prend le large et conclut tranquillement en s'appuyant sur son service pour rejoindre Andy Murray, victorieux (6-4, 6-7 [4], 6-3, 6-2) de Tommy Haas, en huitièmes de finale. Face au chouchou des Britanniques, la tête de série n°8 devra donc gommer ses petites inconstances et se souvenir des belles choses vécues à Bercy en novembre 2007.

La résurrection de Clément

Se souvenir des belles choses, c'est un peu la philosophie d'Arnaud Clément qui n'avait plus atteint les huitièmes de finale d'un tournoi du Grand Chelem depuis Roland-Garros 2003. «Cinq ans sans atteindre une deuxième semaine en Grand Chelem, cela me minait, avoue la "Clé". J'avais perdu confiance dans ma capacité à enchaîner des victoires. Ces victoires me font le plus grand bien même si ce n'était pas contre des caïds, c'étaient des joueurs solides.» Moribond en début de saison, l'Aixois retrouve son jeu et la victoire sur le gazon londonien en produisant un tennis solide à l'image de son match contre Jürgen Melzer (4-6, 6-3, 6-4, 6-4 en 2h36'). Et ce succès, Arnaud Clément est allé le chercher. Ballotté par le gaucher autrichien qui alterne toujours les coups de génie et les énervements d'enfant capricieux, il a cavalé, s'est appuyé sur un bon service et sur sa capacité à bien relancer. Et surtout le plus important sur gazon, il a bien géré les points importants pour enfoncer encore davantage la tête bien lourde de son adversaire. Avec un break dans les trois derniers sets, il a géré son engagement à l'image d'un huitième jeu capital et «tendu» dans la dernière manche. Avec son petit supplément de confiance, les détails penchent souvent du bon côté...

Et le futur adversaire de l'Aixois, Marin Cilic, vainqueur (6-7 [5], 6-3, 6-4, 7-6 [6]) de Paul-Henri Mathieu (n°14), illustre aussi ce petit supplément d'âme. A 22h28 (heure française, 21h28 à Londres), le Croate conclut son match après avoir sauvé une balle de deux sets partout à 5-4 sur son service. Très performant au service (18 aces) et excellent en décalage de coup droit, le 55e mondial a parfaitement maîtrisé son stress pour gagner "la belle" entre les deux joueurs qui se sont affrontés à trois reprises en trois semaines sur gazon ! Pour le jeu de nuit, Mikhail Youzhny obtient la palme face à Radek Stepanek en s'imposant (7-5, 6-7 [5], 6-4, 6-7 [4], 6-3) à 22h32' (heure française). Le Russe rejoint ainsi une vieille connaissance Rafael Nadal, tombeur (7-6 [3], 6-2, 6-3) de Nicolas Kiefer à seulement 22h11'. Le Old England Lawn Tennis aime la tradition, le jeu à la bougie peut inspirer les nostalgiques...


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