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Le revers de Richard Gasquet a encore fait des merveilles face à Grosjean. (L'Equipe)

Le journée des hommes

JOLI TIR GROUPÉ

Belle journée tricolore avec les victoires de Richard Gasquet, Paul-Henri Mathieu, Gilles Simon et Arnaud Clément. La malédiction des têtes de série n'a pas frappé Rafael Nadal (n°2) après les défaites de David Nalbandian (n°4), Novak Djokovic (n°3) et Andy Roddick (n°6). L'Espagnol a usé Ernests Gulbis pour rejoindre un troisième tour où Nicolas Kiefer l'attend.


Richard Gasquet (n°8) a écarté une malédiction, celle du court n°2, surnommé "le cimetière" en raison des nombreux favoris l'ayant quitté les épaules basses. Son opposition face à l'ancien numéro 1 français Sébastien Grosjean aurait pu être un des chocs de la journée. Il n'en a rien été, le Marseillais souffrant d'une déchirure à la cuisse gauche l'handicapant dans ses déplacements. Deux petits sets (6-2, 6-2, ab.), un jeu sérieux et appliqué du Biterrois ont eu raison de l'ancien demi-finaliste (2003, 2004), contraint à l'abandon avant même l'entame de la troisième manche. «Je n'ai pas eu un match énorme à jouer du fait que Sébastien était diminué. Mais j'avais bien commencé. J'étais en confiance. Je ne faisais pas de fautes. Physiquement, j'ai les meilleures sensations de l'année», a confié Gasquet. Demi-finaliste l'an passé, il jouera sa place en huitièmes face à un autre Français : Gilles Simon, tombeur de l'Argentin Agustin Calleri (5-7, 6-2, 6-3, 6-4). Dans l'autre rencontre franco-française de ce deuxième tour, Jérémy Chardy a laissé passer trop d'occasions face à Paul-Henri Mathieu, pour espérer l'emporter. A l'image du deuxième set, où il servait pour le set (5-3), avant d'être repris, le Parisien, qui disputait son premier Wimbledon, s'est montré trop juste aux moments clés (6-3, 7-5, 7-6[1]). La tête de série n°14 jouera pour égaler sa meilleure performance face au Croate Marin Cilic.

En début d'après-midi, Arnaud Clément avait donné le tempo aux Français, lui qui n'avait plus atteint le troisième tour d'un Grand Chelem depuis l'US Open en 2005. «Je ne me souviens même plus quand c'était», a d'ailleurs confié, amusé, l'Aixois de 30 ans au micro de Canal + après son succès sur l'Allemand Benjamin Becker (7-6[7], 7-6[3], 6-3). L'ancien 10e joueur mondial pourrait même remonter un peu plus dans le passé et égaler sa performance de Roland-Garros en 2003, où il avait atteint les huitièmes de finale. Il lui faudra pour cela vaincre l'Autrichien Jurgen Melzer, un match que le Français, en confiance, ne craint pas. «J'ai bien joué lors de mon premier match, et j'ai été capable de reproduire du bon jeu à mon deuxième. Si j'ai été capable de bien jouer à deux reprises, je ne vois pas pourquoi je ne serais pas capable de bien jouer une troisième fois», a expliqué, tout sourire, Arnaud Clément.

Gulbis, service compris

La malédiction n'a pas non plus touché Rafael Nadal. Après l'Argentin David Nalbandian lundi, le Serbe Novak Djokovic (n°3) mercredi, et Andy Roddick (n°6) dans la soirée de jeudi (défait par Tipsarevic (6-7[7], 7-5, 6-4, 7-6 [4]), l'Espagnol (n°2) ne sera pas la quatrième "grosse" tête de série à s'incliner prématurément à Wimbledon cette année. Opposé au jeune et talentueux Letton Ernests Gulbis (19 ans), le Majorquin a certes dû batailler pendant quatre manches et près de trois heures (5-7, 6-2, 7-6[2], 6-3). Mais au final, "Rafa" a logiquement eu le dernier mot face au quart de finaliste à Roland-Garros, auteur d'une première manche proche de la perfection, mais encore trop irrégulier aux moments-clés.

Quatre points sur sa mise en jeu, c'est tout ce que le 48e joueur mondial a laissé au double finaliste des Internationaux de Grande-Bretagne lors ce premier set, conclu (7-5) en 47'. C'est à peu près le temps qu'il a fallu à l'Espagnol pour trouver les solutions en retour, son adversaire variant à la perfection les effets sur son puissant service (95%des points gagnés sur premières). Conjuguez la nouvelle réussite de Nadal à un pourcentage de premières balles descendant côté letton dans la deuxième manche (63% contre 75% en première), et vous obtenez un break du Majorquin sur sa première occasion (2-1), suivi par un double-break (4-1) et le gain du deuxième set (6-2). Mentalement, physiquement, techniquement, à coup de coups droits improbables, "Rafa" a petit à petit croqué son adversaire. Après une troisième manche néanmoins équilibrée et remportée au tie-break par le récent vainqueur du Queen's (7-6[2]), la fougue de Gulbis l'a trahi sur les points importants, l'obligeant à céder son service une ultime fois sur un coup droit précipité échoué en dehors des limites (5-3). Une occasion de conclure sur son service que - bien sûr- le dauphin de Roger Federer n'a pas raté. Victorieux après 2h56 de match face à un joueur dont on devrait reparler, le quaduple vainqueur de Roland-Garros rejoint donc le troisième tour où l'Allemand Nicolas Kiefer l'attend. Il reste donc toujours en course pour réaliser le doublé Roland-Garros-Wimbledon, 28 ans après Bjorn Borg.


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