MSN sports Tennis - WIMBLEDON - Demi-finales masculines
Accueil | Tennis | dossier
Richard Gasquet est tombé sous les coups de Federer et de la fatigue. (L'Equipe)

Demi-finales masculines

TOMBÉS DE FATIGUE

La finale rêvée entre Roger Federer et Rafael Nadal aura donc lieu. Pour les demi-finales, Richard Gasquet et Novak Djokovic ont été terrassés autant par la fatigue que par leurs adversaires. Si les champions doivent dépasser les limites, certaines limites sont infranchissables. Et heureusement...


Grosse fatigue pour Gasquet et Djokovic

Si le public peut déplorer le spectacle produit lors de ces demi-finales, l'éthique ne peut se plaindre de voir deux hommes épuisés, Richard Gasquet et Novak Djokovic, après avoir vécu deux marathons la veille. Ils sont simplement humains et leurs vainqueurs, Roger Federer et Rafael Nadal, n'ont pas volé leur place. Beaucoup plus frais, les deux favoris ont tenu leur rang avec sobriété. Usés, les deux outsiders ont sombré sous le poids de la fatigue. Le bulletin médical évoque un dos endolori et surtout une infection à l'orteil pour Novak Djokovic, contraint à l'abandon à (3-6, 6-1, 4-1) face à l'Espagnol, et une douleur au tendon d'Achille accompagnée d'une fatigue mentale généralisée pour Richard Gasquet, défait (7-5, 6-3, 6-4) par Roger Federer. «J'étais mal ce matin. J'ai terminé hier à 20 heures (heure anglaise), je me suis réveillé à 8 heures, et j'ai joué à midi contre Federer, c'est dur. J'ai très mal au tendon d'Achille, déplore le Français. J'ai senti dès le réveil que ça allait être dur, surtout avec Federer en face, ça ne pardonne pas

Au-delà de ces blessures, les matches ont bien eu lieu. Ils ont duré deux bonnes heures et le suspense s'est contenté de ses soixante minutes réglementaires. Pour Richard Gasquet, c'est le temps des regrets. Le maître n'est pas souverain. Si le numéro 1 mondial obtient la première balle de break de la rencontre à 2-1, le Biterrois riposte immédiatement à 3-3 et surtout mène 15-40 à 5-5 après quelques approximations adverses avec un revers décentré et un coup droit complètement raté. Sous le regard de Björn Borg, le numéro 1 mondial retrouve sa place et enchaîne quatre points gagnants pour remporter son engagement (6-5). Quand Roger Federer se réveille, l'herbe frémit et Richard Gasquet tremble. Et le Français oublie ses fondamentaux. «Tout était trop dur aujourd'hui. C'était dur physiquement et psychologiquement. Roger joue tellement bien que si on n'est pas à 100%, cela devient très difficile», avoue la tête de série n°12. Il s'achemine vers une égalisation tranquille (40-15) et deux revers adverses inversent la donne. Et cette dernière volée de revers qui échoue dans la bande du filet signe le glas des espoirs du futur 7e joueur mondial.

Nadal et Federer à égalité de chances

Quand Roger Federer tient sa proie, le Suisse est implacable à l'instar de la démonstration infligée au Français lors des trois premiers jeux de la deuxième manche. En cinq minutes, le numéro 1 mondial ne laisse que deux points à son adversaire et enchaîne son cinquième jeu d'affilée. Après la perte du deuxième set, le Tricolore appelle le kiné pour se faire strapper la cheville gauche et tient mieux la cadence du Suisse. Mais la pression se fait tenace et le maître du jeu déroule sur ses engagements en proposant une vraie performance au service avec 21 aces en 1h30' et 71% de premières balles ! Lors du septième jeu, Roger Federer accélère et breake sur un passing de revers décroisé. Il achève le travail sobrement sur un coup droit gagnant en décalage. Cinq minutes plus tard, il connaît son adversaire, Rafael Nadal. Dimanche, les compteurs des heures de repos sont donc remis à zéro et le combat doit bien avoir lieu. «Je suis bien physiquement pour dimanche. Je joue beaucoup mieux que l'année dernière. Il est favori, il n'y a aucun doute là-dessus, mais j'essaierai d'être agressif et je croirai en la victoire, prévient le Majorquin. L'année dernière, il me manquait peut-être un peu de conviction, cette fois-ci, ça ne sera pas le cas. J'attaque mieux, je suis plus agressif, mon revers slicé est meilleur et mon service est un peu meilleur aussi

L'Espagnol a disputé deux sets et demi pour 1h41' de jeu face à Novak Djokovic qui a dû interrompre son calvaire. Lors de ses trois derniers matches, le Serbe a disputé dix tie-break, a livré deux batailles en quatre sets face à Nicolas Kiefer et Lleyton Hewitt avant de s'attaquer à un marathon de cinq manches et cinq heures face à Marcos Baghdatis, vendredi après-midi. Trop, c'est trop. Et le 4e joueur mondial a tenu un petit set gagné (3-6) avant de s'écrouler. Blessé au pied, il joue en marchant, appelle le kiné, tente l'impossible. Mais nul n'est tenu à l'impossible et il finit par jeter l'éponge. «J'ai arrêté parce que j'ai une infection au petit orteil du pied droit. Hier (vendredi), c'était très gonflé, je n'ai pas dormi. Ce matin, je pouvais à peine marcher. Les kinés ont fait leur possible pour que je puisse aller sur le court, ce dont je doutais ce matin. Le dos aussi était un problème et je suis épuisé, énumère le Serbe. Nous sommes humains, c'est normal d'être comme ça après les matches que j'ai joués.» Et l'humanité, c'est aussi de connaître ses limites.


Publicité
< 1 2 3 4 5 >
    
Alain Perrin a-t-il eu raison de refuser l'offre faite par le FC Nantes pour l'entraîner?
OUI
NON