| Federer trop fort pour Roddick. (L'Equipe) |
La finale des hommes
FEDERER DANS LA LÉGENDE
Sur les traces de Pete Sampras, Roger Federer décroche son neuvième titre du Grand Chelem en dominant (6-2, 4-6, 7-5, 6-1) Andy Roddick. Malgré une forte montée de fièvre dans la troisième manche, le Suisse délivre un nouveau récital pour entrer dans la légende avec un triplé Wimbledon-US Open, unique dans l'ère Open.
Jimmy Connors a perdu à double titre. Son nouveau protégé Andy Roddick s'est incliné (6-2, 4-6, 7-5, 6-1) en 2h27' et Roger Federer l'a dépassé au nombre de victoires en Grand Chelem avec neuf succès à seulement 25 ans. Conscient de son impact sur l'histoire de son sport, le Suisse marche sur les traces de Rod Laver (11 titres) et surtout du recordman, Pete Sampras (14 titres). Son bonheur renversant et ses pleurs après sa victoire illustrent la portée de son nouvel exploit. Au-delà de la légende, le Suisse apporte un supplément d'âme et surtout complète la panoplie des coups du tennis. Le numéro un mondial produit un jeu unique, crée en permanence et possède une humilité rare. Qu'il joue bien ou mal, il gagne. Sa finale contre Andy Roddick et ses 24.000 supporters illustre la suprématie de Roger Federer.
Après un début de rencontre tonitruant (5-0 en 17' et 6-2 en 29'), il décline comme absorbé par ce trop-plein de coups gagnants et perd son service d'entrée au deuxième set sur un jeu blanc. Avec 72% de premières balles, Andy Roddick tient son break pour égaliser à un set partout. Roger Federer a perdu de sa surperbe sur les montées incessantes au filet de son adversaire. Sous le regard de Tiger Woods, le Suisse retrouve l'oeil du tigre et ses bonnes vieilles habitudes. Il adore battre ses adversaires à leur propre jeu et les aces claquent (17 de son côté et 7 pour l'Américain). Sur les fusées adverses au service, il ne bronche pas, relance en opposition pour se réinstaller dans le court et surtout distille des revers slicés aux effets dévastateurs. Andy Roddick court, se bat et multiplie les initiatives jusqu'au tournant du match. A deux jeux partout au troisième set, le numéro un mondial est mené 0-40 et sauve finalement quatre balles de break. Le jeu suivant, l'Américain répond en effaçant cinq balles de break. Le bras de fer se poursuit jusqu'à 6-5 et un passing de revers slicé dans les pieds de la tête de série n°9 à 15-40 vient assommer son adversaire.
Un petit tour aux vestiaires et le récital de Roger Federer reprend. Libéré et relâché, le Suisse livre une partition parfaite à base de revers croisés, de gifles de coup droit décroisé, d'aces et autres réjouissances (69 coups gagnants pour 19 fautes directes). Intouchable. Andy Roddick court, se bat contre un mur et s'épuise. Sur une dernière attaque de coup droit suivi d'un smash, Roger Federer tombe à la renverse, salue son adversaire et s'asseoit les larmes aux yeux. Premier joueur de l'ère Open à réaliser le triplé Wimbledon-US Open, il ne se lasse pas, tire même une force de cette quête de la perfection et invite les historiens à commencer l'écriture de sa légende. Les néo-retraités, Martina Navratilova, victorieuse en double mixte pour le dernier tournoi de sa carrière, et Andre Agassi qui a tiré sa révérence lors de cette quinzaine, peuvent couler des jours heureux. Le temple du tennis est bien gardé.