| Agassi a laissé la coupe à Federer. (L'Equipe) |
LE BILAN HOMMES
LA STATUE A VACILLÉ
Comme à Wimbledon, Roger Federer conserve son titre à New York. Mais le Suisse a failli être déboulonné par un Andre Agassi toujours vert, à 35 ans. Côté français, le bilan est plus positif qu'il n'y paraît, malgré la seule présence de Richard Gasquet au quatrième tour.
L'histoire retiendra que Roger Federer a conservé son titre à New York, s'assurant ainsi un sixième titre du Grand Chelem, un deuxième cette saison et la perspective de finir l'année au premier rang mondial, comme en 2004. Mais le Suisse n'a pas affiché la supériorité de l'année dernière, qui lui avait permis d'humilier Hewitt en finale. Le numéro un mondial a commis plus de fautes que d'habitude (37 en finale contre Agassi) et connu des sautes de concentration inhabituelles. Comme si ses deux dernières saisons exceptionnelles commençaient à le laisser les batteries à plein. Il devra sans doute gérer au mieux sa fin de saison pour démarrer correctement l'exercice 2006.
Les hésitations de Federer doivent beaucoup au niveau de jeu affiché par Andre Agassi et Lleyton Hewitt. Pour son vingtième Flushing Meadows, l'Américain a disputé sa sixième finale. Malgré ses 35 ans, il a affiché une forme de jeune homme pour écoeurer ses jeunes compatriotes James Blake et Robby Ginepri. Agassi a même entrevu la victoire contre Federer, avant de subir le poids des ans et le génie retrouvé du Suisse. Si son dos le laisse tranquille encore quelques mois, il peut rêver à un dernier exploit. De son côté, Hewitt a laissé ses complexes au vestiaire malgré la perte de ses sept derniers affrontements avec Federer. L'Australien a certes concédé un huitième revers, mais en se bagarrant et en manquant cinq balles de deux manches à une. De quoi lui donner des idées pour la suite.
Si Agassi a peut-être foulé pour la dernière fois les courts de l'US Open, les Américains ont retrouvé du sang neuf avec James Blake et Robby Ginepri, auteurs de résurrections remarquées après de longs mois de doute. Blake a même réussi à faire rentrer dans le rang l'Espagnol Rafael Nadal, habitué à faire visiter le court à ses adversaires sur terre battue, mais bousculé sur dur par les assauts incessants de l'Américain. Ces performances compensent la sortie de route dès le premier tour d'Andy Roddick, joueur anonyme quand son service le lâche, comme l'a prouvé le Luxembourgeois Gilles Muller.
Au-delà de la seule présence de Richard Gasquet au quatrième tour, les performances des Français sont de bon augure pour l'avenir. Malgré une tendinite au coude, qui l'a privé de puissance au service, notamment, le Biterrois a gagné les deux premiers matches en cinq sets de sa carrière, contre Alberto Martin et Ljubicic, avant de céder physiquement contre Ginepri. Gasquet, au mental de plus en plus solide, doit maintenant soigner son tennis elbow, quitte à laisser la raquette au placard pour la fin de saison.
Les autres satisfactions concernent les anciens. Après être sorti des qualifications, comme depuis le début de la saison, Arnaud Clément a sorti Ferrero (tête de série n°20) puis Murray, avant d'inquiéter Kiefer. Cela faisait deux ans et demi qu'il n'avait plus joué un troisième tour en Grand Chelem. Même performance pour Sébastien Grosjean, battu par Robredo dans un tournoi qui ne lui a jamais réussi (6 victoires en 8 participations). Enfin, Fabrice Santoro a étalé sa palette de magicien pour dérégler l'horloge de Federer, vainqueur en trois sets serrés.
Les vraies déceptions visent Paul-Henri Mathieu, dominé par le modeste Chilien Capdeville en raison d'une blessure, Gaël Monfils, vaincu par le vice et les talents de truqueur de Djokovic, et Michaël Llodra, victime d'une insolation face à Moya.