| Federer conserve son titre à New York. (L'Equipe) |
La finale hommes
NOUVEAU SACRE DU ROI ROGER VI
La finale rêvée entre Andre Agassi et Roger Federer a touché les sommets, dimanche à New York. Malgré l'excellente résistance de l'Américain, le numéro un mondial est resté le maître pour s'imposer (6-3, 2-6, 7-6 [1], 6-1) en 2h20' et remporter ainsi son sixième titre du Grand Chelem. Ce doublé sur le ciment américain correspond à sa 23e victoire d'affilée en finale !
Roger Federer a tremblé et le court Arthur Ashe est parcouru de frissons pendant de longues minutes. Mené deux jeux à quatre et (30-0) après avoir remporté (6-3) la première manche et perdu (2-6) la deuxième, le Suisse vacille alors devant la seconde jeunesse d'Andre Agassi. Survolté, l'Américain agresse en permanence son adversaire, multiplie les retours gagnants et les grandes frappes de coup droit. La belle fluidité du Suisse se liquéfie et son revers connaît des sautes d'humeur inquiétantes. Le numéro un mondial aime dicter le jeu et le vétéran du circuit (35 ans) l'oblige à subir, reculer et décentrer de nombreux coups. Cette situation l'agace, mais ne l'énerve pas...
Le fameux jeu de (2-4) arrive. Après deux fautes en revers, Roger Federer décoche une première flèche avec un revers décroisé gagnant et une fusée de coup droit de son adversaire atterrit dans le couloir, juste quelques centimètres... Mais le phoenix est aux aguets. Un retour bloqué en revers suivi par un coup droit croisé lui offrent une balle de débreak. Le revers d'Andre Agassi flirte avec la bande du filet et le Suisse s'ajuste pour lancer son grand lift de revers croisé. Gagnant. Le match a basculé. L'Américain tient son engagement, sauve même quatre nouvelles balles de break à (5-5) et les deux joueurs se retrouvent au tie-break. Une spécialité suisse. La tête de série numéro un peut se souvenir de son chef d'oeuvre de la veille contre Lleyton Hewitt (jeu décisif remporté sept points à zéro). Même l'amortie de revers gagnante de son adversaire ne freine pas ses ardeurs. Il enchaîne par deux bons services et un retour imparable en revers décroisé. Deux fautes de l'Américain, un service gagnant et une nouvelle pépite en retour de revers ouvre la voie (7-1) et creuse une brèche dans le mental pourtant inoxydable de la tête de série n°7.
Libéré, Roger Federer peut déployer toutes les facettes de son jeu. Toujours aussi solide au service (19 aces et 76% de réussite en premières balles au total), le Suisse touche à la perfection. Retours gagnants, services slicés ou claqués suivis de grandes gifles de coup droit décroisées, variations de revers, chaque coup relève du prodige ou presque. En 23 minutes, il réalise 18 coups gagnants et ne commet que six petites fautes directes ! Malgré sa volonté, Andre Agassi ne peut que courber l'échine et voir défiler les jeux.
Fatigué par ses trois matches précédents en cinq manches et par la réussite insolente adverse, le Kid de la Vegas perd pied. «C'est décevant de perdre. Mais la question à se poser est de savoir pourquoi. J'ai perdu contre un type plus fort que moi. C'est le meilleur joueur que j'ai affronté dans ma carrière», avoue humblement l'Américain. Seul un sursaut d'orgueil lui permet de sauver deux balles de match à (5-0) et de revenir à (5-1). Mais une dernière faute en retour cloue ses espoirs. Son cadet peut bondir et enfin laisser éclater sa joie. A seulement 24 ans, il remporte son sixième titre du Grand Chelem et son deuxième trophée à New York. Cette 23e victoire d'affilée en finale possède une saveur particulière, celle du labeur et de la difficulté. Et le mérite en revient aussi à un homme : Andre Agassi.