| Roger Federer soulève pour la 4e fois d'affilée le trophée de l'US Open. (L'Equipe) |
La finale des hommes
FEDERER SIMPLY THE BEST
Roger Federer a encore tourné une page d'histoire en devenant le premier joueur de l'ère Open à remporter quatre fois d'affilée l'US Open. Le numéro 1 mondial signe sa douzième victoire en Grand Chelem en dominant (7-6, 7-6, 6-4) Novak Djokovic, et se retrouve à deux marches du record de Pete Sampras. Le Suisse a fait parler son expérience pour battre le Serbe.
Avec Roger Federer, le présent côtoie toujours le passé. Il aime l'histoire, la grande, et à chaque tournoi du Grand Chelem, il la défie. Et cette année à l'US Open, il devient le premier joueur de l'ère Open à s'imposer quatre fois d'affilée à New York grâce à sa victoire (7-6 [4], 7-6 [2], 6-4 en 2h26') contre Novak Djokovic. Et cette saison, il rejoint Roy Emerson avec douze titres du Grand Chelem à deux marches du record de Pete Sampras. Mais le Suisse apprécie également la petite histoire, celle qui façonne les grandes victoires. Face à Novak Djokovic, il se souvient de sa défaite (7-6 [2], 2-6, 7-6 [2]) en finale de Montréal et ses six balles de set perdues au moment de conclure le premier set à 6-5. Comme tous les grands champions, le numéro 1 mondial n'a pas la mémoire courte.
Il sait qu'une finale de Grand Chelem, c'est une autre histoire. Il en totalise dix d'affilée. Et le Serbe de 20 ans va l'apprendre à ses dépens. Dans le premier set, il breake à 5-5 grâce à deux grosses fautes de coup droit de Roger Federer. Il reste à boucler la manche. Sur un ace à 196 km/h, il mène tranquillement 40-0. Le Suisse délivre presque avec indifférence un coup droit gagnant croisé qui touche la ligne (40-15). Une revers un peu long commence à faire douter le numéro 3 mondial (40-30). Une autre faute en revers vient anéantir son avantage (40-40), mais le Serbe se reprend bien et s'offre une nouvelle balle de set. Son coup droit le trahit. Roger Federer lui offre une nouvelle chance avec un revers qui atterrit dans le filet. Ce sera la dernière... Un bon retour en coup droit, un revers dans le couloir et une double faute contrarient les plans du Serbe. Et le tie-break ne peut que corroborer l'emprise psychologique du Suisse. Novak Djokovic prend bien le service du Suisse à 2-3, mais la riposte fuse. Deux doubles fautes de "Djoko", d'excellentes premières balles du maître et le set revient au plus opportuniste. Sans plus...
Roger Federer en bon gestionnaire
Novak Djokovic, nouveau chouchou des Américains après ses imitations de Rafael Nadal et Maria Sharapova, venue l'encourager sans rancune dans les tribunes, sait que son adversaire est inimitable. Sans produire un grand tennis, il reste le maître des lieux. Et le Serbe a beau se détacher 4-1 dans le deuxième set. Il connaît le danger. Après avoir engrangé dix points consécutifs, le numéro 1 mondial égalise à 4-4. Mais ces éclairs de génie sont bien sporadiques et à 6-5, le Suisse joue avec le feu. Deux nouvelles balles de set (15-40) se présentent pour Novak Djokovic. Un ace vient éteindre la première et la vidéo assomme le Serbe sur la seconde. Son coup droit échoue à quelques millimètres derrière la ligne. Les premières balles de service claquent et le tie-break sonnent le glas des espoirs de la tête de série n°3. Après 1h43' de jeu, Roger Federer a bénéficié de deux balles de break, a réalisé deux breaks, a sauvé sept balles de set pour mener deux manches à zéro malgré 24 fautes directes. De la bonne gestion suisse...
Le Serbe préfère sourire de la réussite insolente de son adversaire lorsque Roger Federer efface trois nouvelles balles de break à 2-2 (0-40). C'est bel et bien inimitable et quelques coups de génie arrivent enfin avec un beau retour bloqué en revers ou une volée haute de revers, modèle d'équilibre. Il faut donc conclure et l'homme en noir a choisi son moment à 5-4. Si le Serbe efface une première balle de match grâce à une bonne première balle suivie d'un coup droit gagnant. Son amortie de revers qui atterrit dans le filet offre la victoire à son aîné. Le gestionnaire suisse peut exploser de rire quand on lui tend un chèque de 2,4 millions de dollars (cumul du gain du tournoi et le bonus d'un million récompensant le premier de l'US Open Series). «Ca fait lourd dans la poche», plaisante le quadruple vainqueur de l'épreuve. Pour Novak Djokovic, ça fait lourd sur le tableau d'affichage et son adversaire le concède bien volontiers :«Pour être honnête, le score ne reflète pas le match.» Et Roger Federer pense déjà à l'avenir face à un rival qui s'annonce très sérieux : «Beaucoup de combats nous attendent.»