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Novak Djokovic disputera sa première finale en Grand Chelem, dimanche. (L'Equipe)

Demi-finales hommes : Samedi 8 septembre

DJOKOVIC TIENT SA FINALE

Novak Djokovic a gagné le droit de disputer sa première finale en Grand Chelem. Le troisième mondial a dominé David Ferrer (6-4, 6-4, 6-3) en 2h14 samedi dans une chaleur etouffante. Dimanche, il défiera rien moins que Roger Federer, vainqueur facile de Nikolay Davydenko quelques heures plus tard (7-5, 6-1, 7-5) en 2h21.


Tout le gratin était là

«Suuuper Satuuuuurday !» Partout dans les travées du Stadium Arthur Ashe, depuis une bonne heure déjà, les spectateurs n'hésitaient pas à manifester bruyamment leur joie d'être partie prenante de l'un des incontournables de l'US Open. Le point d'orgue de la quinzaine. Ce «fameux super samedi» avec au menu trois plats de résistance : la finale femmes en nocturne, bien sûr, mais avant cela, les deux demi-finales du tableau masculin. Pour la première d'entre elle, entamée aux heures les plus chaudes et humides de la journée, sur les coups de midi (28° à l'ombre au début du match), opposant Novak Djokovic à David Ferrer, les protagonistes semblaient s'être passé le mot. Il fallait absolument que le show soit au rendez-vous. Dans la loge du clan Djokovic, d'abord : le premier rang, dont les parents du troisième mondial Dijana et Srdjan, était habillé en blanc, le deuxième en bleu et le troisième en rouge. Les couleurs du drapeau serbe. Un tel élan de patriotisme ne pouvait, dans cette enceinte, que rencontrer la sympathie du public. Dans le public, justement, où le gratin d'Hollywood avait pris place : Robert de Niro, Kirk et Michael Douglas, Catherine Zeta-Jones. Du côté de David Ferrer, enfin, qui partait sur les chapeaux de roue, comme il l'avait fait deux tours plus tôt face à Rafael Nadal, comme pour faire mentir les hauts-parleurs qui crachaient alors «Mission impossible».

Accès de nervosité

Sur les chapeaux de roue, au moins mentalement. Car c'est bien dans ce domaine que la différence se faisait en début de rencontre. Sur le plan du jeu pur, les raisons de s'enflammer étaient bien maigres. Quinze fautes directes en trois jeux, et les deux seuls coups gagnants à sigbaler étaient deux services : un de part et d'autre. L'occasion de se rassurer sur un point au moins : Novak Djokovic a beau être la dernière merveille du tennis, il n'est pas à l'abri d'un petit accès de nervosité. Et l'Espagnol, lui, se détachait tranquillement 3-0 en dix minutes, puis 4-1. Mais un jeu de service bien négocié(jeu blanc) puis un autre jeu blanc sur le service du 15e mondial conclu d'un passing de coup droit croisé offraient à Novak Djokovic le débreak (4-3). Le Serbe, qui reprenait de façon très visible du poil de la bête, retrouvant peu à peu sa longueur de balle ainsi que sa capacité à varier les angles et les effets, enchaînait trois jeux et raflait le premier set d'un dernier coup droit juste dans l'angle du court (6-4 en 34').

Sa chemise dans la foule

Dès lors, le malheureux David Ferrer, breaké d'entrée de deuxième set, ne faisait plus que de la figuration, malgré un débreak réussi dans le quatrième jeu (3-2) juste après une intervention du soigneur au chevet de Djokovic, qui semblait présenter tous les symptômes du coup de chaud. Mais, quoi qu'il en soit, ceci n'était qu'une fausse alerte et le Serbe lui ravissait sa mise en jeu dans le septième jeu, puis bouclait la manche 17 minutes plus tard sur un jeu blanc (6-4 après 1h35'). Au troisième set, le cavalier seul du Serbe, pourtant toujours pas au mieux de sa forme, était encore plus probant. Et lorsqu'une dernière amortie de revers mettait David Ferrer dans l'impossibilité de poursuivre l'échange et lui offrait la victoire (6-3), Novak Djokovic tombait à la renverse. A 20 ans, après deux tentatives infructueuses cette saison, il venait de se qualifier pour sa première finale en Grand Chelem. Dans l'entourage du troisième mondial, le moment était si empreint d'émotion que pendant que sa mère essuyait ses larmes, son père choisissait d'imiter son fils qui venait d'ôter sa chemisette et de la jeter dans la foule, bientôt rejoint par toute la loge. «C'est incroyable, commentait un Novak Djokovic aux anges. J'étais très nerveux au début, je n'avais pas beaucoup d'énergie et lui, qui est un grand compétiteur, a su prendre sa chance. En plus, il faisait horriblement chaud.» Au point que le Serbe reconnaissait avoir nourri quelques inquiétudes pour son physique. «J'ai demandé des pilules au médecin, mais tout était permis», trouvait-il la force de plaisanter. «Ce sera une expérience formidable de vivre ma première finale en Grand Chelem, lâchait-il avant de quitter le court. C'est un accomplissement incroyable pour moi, en tant qu'individu, mais aussi pour mon pays

Quatre de suite

Dimanche, pour cette première finale en Majeur, Novak Djokovic sera opposé à ce que le tennis fait de mieux : Roger Federer lui-même, facile vainqueur de Nikolay Davydenko dans la deuxième demi-finale de ce «Super Saturday» (7-5, 6-1, 7-5). Le Suisse avait certes échangé sa tenue de soirée noire contre un ensemble plus classique polo bleu-short blanc, mais il avait bel et bien gardé son tennis habituel. Face à lui, Davydenko, 4e mondial, qui n'avait jusque-là pas concédé un set du tournoi, entamait très fort le match et réussissait le break d'entrée à la faveur d'un coup droit du Suisse dans le filet. Puisqu'il parvenait à tenir son service dans la foulée, il menait 3-1 après 12' face à un Federer encore en tour de chauffe qui n'arrivait pas à être suffisamment précis et tranchant dans ses coups de raquette. Un échange de break-débreak était encore nécessaire au numéro un mondial pour trouver sa vitesse de croisière. Et dans le douzième jeu, il profitait d'un revers dans le filet de son adversaire pour empocher le premier set (7-5). Derrière, le deuxième était une pure formalité (6-1 en 33') ; le troisième nettement moins. Après un nouvel échange de breaks-débreaks (trois pour chacun des deux joueurs), le Suisse devait sauver deux balles de set en faveur de Davydenko avant de se remettre à dérouler. Les deux derniers jeux étaient pour lui, il se permettait même de conclure sur quatre services gagnants de suite (7-5 après 2h21). Roger Federer venait ainsi de se qualifier pour sa quatrième finale consécutive à l'US Open. Mais pour une quatrième couronne de suite, il devra dominer le dernier homme à l'avoir battu, Novak Djokovic. «C'est très excitant, prévenait le Suisse. Il y aura beaucoup de tension, de son côté comme du mien. Mais retrouver comme cela en finale du dernier Grand Chelem de la saison les deux meilleurs joueurs de l'été, je pense que cela donnera un super spectacle. J'ai hâte


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