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A son arrivée à l'aéroport, Jo-Wilfried Tsonga a eu droit à un accueil de star, mardi matin. (L'Equipe)

Retour en France

TSONGA : «UN ÉTERNEL RECOMMENCEMENT»

Si le regard des autres a beaucoup changé, Jo-Wilfried Tsonga garde sa ligne de conduite. Dans l'effervescence de son retour en France, le nouveau membre de l'équipe de France de Coupe Davis reste relax. Simplement et sobrement, le finaliste de l'Open d'Australie raconte son aventure.


Il est 7 heures à Roissy. Une effervescence perturbe mardi le calme de l'aéroport. Un cordon de CRS protège l'arrivée de Jo-Wilfried Tsonga*. Quand le finaliste de l'Open d'Australie arrive sur le sol français, une cinquantaine de journalistes accueille le Manceau. En quelques minutes, il prend la mesure de l'énorme engouement suscité par ses exploits en France. Si le regard des autres a bien changé, "Jo" reste lui-même avec son sourire franc et spontané, ses paroles douces et posées, son discours mesuré et sans fausse modestie. Il sait d'où il vient et où il veut aller. Il n'a rien oublié de ses années de galère, des blessures ou l'anonymat du Centre national d'entraînement. Sans rancoeur, il savoure. «Plaisir de jouer», de «partager», «joie», «bonheur» ponctuent ses phrases. Dans l'avion, il a dormi, il a essayé de récupérer. «J'étais plutôt relax», glisse-t-il toujours en souriant.

Et dans ces jours de folie médiatique, sa mémoire ne fait pas défaut. «Je me dis qu'il y a pire que de perdre un match de tennis dans la vie, explique le nouveau 18e joueur mondial. Pour moi, c'est une chance de pouvoir jouer, j'essaie de prendre le plus de plaisir possible et de relativiser les choses.» Comme un pied de nez au destin, il répond aux questions d'une nuée de journalistes à 11 heures dans la grande salle de presse de Roland-Garros. Et pendant ce temps-là, Richard Gasquet, Amélie Mauresmo et Fabrice Santoro s'entraînent dans l'anonymat sur les courts couverts du CNE. Les flashs illuminent un nouveau visage, mais Jo-Wilfried Tsonga n'est pas dupe. «Le tennis, c'est un éternel recommencement. On doit prouver tous les jours.» Comme dans son jeu, il ne surjoue pas dans son attitude. «Une soixantaine de journalistes et de photographes autour de moi à la sortie d'un aéroport, c'est particulier ! J'étais un peu impressionné parce que ce n'est pas habituel

«Quand le stade s'est mis à crier...»

Entouré par son entraîneur Eric Winogradsky et le président de la Fédération Christian Bimes, le nouveau membre de l'équipe de France de Coupe Davis qui va se rendre en Roumanie du 8 au 10 février raconte sobrement son aventure et ses moments forts. Le plus fort ? «Quand le speaker a annoncé mon nom lors de la finale et que tout le stade s'est mis à crier.» Cette communion avec le public revient dans les discours du joueur et de son coach. «Etre porté par un public de 15.000 personnes, c'est juste indescriptible», avoue Jo-Wilfried Tsonga.

Et son fidèle entraîneur explique l'importance de ce coup de foudre entre son joueur et le public : «Non seulement il a battu Murray au premier tour, mais il s'est passé quelque chose d'important sur la Rod Laver Arena. Il y a eu une osmose avec le public qui a perduré lors de la quinzaine. Pour un entraîneur, c'est une satisfaction de voir son joueur évoluer à ce niveau-là, mais ce n'est pas complètement une surprise car je l'avais vu évoluer contre de très bons joueurs. C'est un plaisir immense de voir quelqu'un évoluer avec autant de plaisir et de facilité sur un aussi grand court face à d'aussi grands joueurs. Il a vraiment vécu une aventure extraordinaire.» Et le Manceau a réussi à rendre simple, l'extraordinaire. Finalement, ces prochains mois, seul son palmarès va changer.

*Mercredi à partir de 10h30 : Une séance d'autographes est organisée aux 12-14 rond-point des Champs-Elysées par l'équipementier de Jo-Wilfried Tsonga.


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