| Nadal a encore creusé l'écart et s'impose comme l'incontestable n°1 sur terre battue. (L'Equipe) |
RETOUR HOMMES - LUNDI 11 JUIN
NADAL TOUT-PUISSANT
Des nuages avec alternance d'éclaircies et de précipitations. A l'image de la météo, capricieuse durant la première semaine, les Internationaux de France version 2007 ont oscillé entre irradiation et nébulosité. Le rayonnement est notamment venu de l'extra-terrien Rafael Nadal, et la grisaille, des vingt-et-un Français présents dans le tableau masculin, tous privés de deuxième semaine.
Federer : « Nadal n'est pas imbattable pour moi »
«Nadal peut égaler mes six titres à obtenus à Roland-Garros. » Dixit Björn Borg dans l'édition électronique du journal espagnol "Marca" datée de lundi. Jusque-là seul joueur à avoir remporté le tournoi parisien trois fois d'affilée (entre 1978 et 1981) depuis l'ère open, le Suédois aux onze titres du Grand Chelem a été rejoint dimanche par la rafale Nadal, torpilleur de Roger Federer (6-3, 4-6, 6-3, 6-4), mais pas seulement du Suisse ! A 21 ans, le Majorquin n'a pas concédé le moindre set avant la finale, dominant chacun de ses adversaires, anciens ou actuel n°1 mondiaux, de la tête, des épaules, du coup droit - surtout -, du revers - aussi -, et de toute sa puissance, à la fois physique et mentale.
«Des joueurs ont de très bons coups droits, mais celui de Nadal est superbe. La balle gicle énormément», a expliqué Lleyton Hewitt à l'issue de son huitième de finale perdu (6-3, 6-1, 7-6 [5]). Vainqueur des Internationaux de France en 1998, et lui-aussi ancien numéro un mondial (1999), Carlos Moya a cédé en quarts (6-4, 6-3, 6-0) : «Je n'ai pas pu poser mon jeu. C'était très difficile de l'attaquer. Il a fait preuve d'une très grande solidité et je n'ai pas pu faire grand-chose contre lui.» Même constat d'impuissance du côté du Serbe Novak Djokovic, tombé en demies sur le roc majorquin : «Pour remporter un match sur terre battue contre lui, il faut dépasser ses limites.» Invincible Nadal ? Malgré sa deuxième défaite en deux ans en finale du tournoi face à son dauphin au classement ATP, Roger Federer n'exclut pas un premier succès à Paris face au triple lauréat : «Je sais que je peux gagner contre lui. Il est imbattable pour les autres, par pour moi. Si quelqu'un pouvait le battre cette semaine, c'était moi. J'ai été aussi le seul à remporter un set.» Pourtant, comme chacun des adversaires de Nadal, et bien que n°1 mondial depuis 176 semaines, le Suisse n'a jamais vraiment réussi à mettre en péril le jeu de l'Espagnol... invaincu depuis 21 matches à Roland-Garros, invaincu depuis sa première participation au tournoi parisien. Déjà lauréat de Wimbledon, l'US Open et l'Open d'Australie en 2006, le Suisse, à nouveau privé de victoire à Paris, devra encore patienter avant d'écrire son nom aux côtés de Donald Budge (1938) et Rod Laver (1962, 1969), seuls joueurs de l'histoire à avoir réussi le "Grand Chelem".
Les Français aux abonnés absents
Triste ligne ajoutée côté Tricolore : des 21 Français engagés dans le tableau principal du tournoi, aucun n'a réussi à se qualifier pour la deuxième semaine. C'est la dixième fois qu'une telle débâcle se répète depuis 1925, la première depuis 1997, année du premier des trois sacres de Gustavo Kuerten (avec 2000 et 2001). Peut-être la faute à un manque de culture sur terre battue, selon notre consultant Arnaud Di Pasquale. « En France, seuls 14 % des courts sont en terre. Nous ne nous entraînons pas assez sur la surface, et nous ne formons pas de spécialistes. Dans ces conditions, il est quasiment impossible de gagner Roland-Garros.»
Arrivé Porte d'Auteuil avec son bagage de Français et «trop de pression sur les épaules», Richard Gasquet est passé complètement à côté de son deuxième tour, littéralement «liquéfié» face au Belge Kristof Vliegen (7-6 [4], 6-3, 6-1). Tête de série pour la première fois de sa carrière dans un Grand Chelem, Julien Benneteau (n°30), quart de finaliste de l'édition 2006, a lui été éliminé d'entrée, tout comme Sébastien Grosjean (diminué par une contracture à une cuisse), et Arnaud Clément. Roland-Garros a en revanche permis à Gaël Monfils de regoûter à la victoire. Après un début de saison délicat (8 défaites au premier tour sur ses dix premiers tournois), le nouveau protégé de Tarik Benhabilès, huitième de finaliste l'an passé, a chuté au troisième tour face un grand David Nalbandian (7-6 [5], 5-7, 6-4, 7-6 [5]), non sans avoir - à nouveau - enflammer le Central. Paul-Henri Mathieu et Olivier Patience ont été dominés par les futurs demi-finalites Igor Andreev et Novak Djokovic au même stade de la compétition. Si l'Alsacien est passé à côté de son match face au Russe (7-6 [4], 6-0, 6-3), le Francilien, 103e mondial a poussé le Serbe (n°6) au cinquième set avant de céder (7-6[2], 2-6 3-6, 7-6 [4], 6-3 ), en réussissant sa meilleure performance à Paris en quatre participations. En attendant la prochaine édition...