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Maria Sharapova radieuse après son facile succès sur Jelena Jankovic. (L'Equipe)

Demi-finales - Femmes

L'UNE SE BAT, L'AUTRE PAS

Comme l'an dernier, Maria Sharapova (n°5) s'est qualifiée pour la finale de l'Open d'Australie. La Russe n'a pas eu besoin de s'employer face à une Jelena Jankovic (n°3) diminuée physiquement et totalement passée à côté du match (6-3, 6-1 en 1h18). La 5e joueuse mondiale y affrontera une autre Serbe, Ana Ivanovic (n°4), qui a, elle, su revenir de l'enfer face à Daniela Hantuchova (n°9).


Ce jeudi après-midi à Melbourne Park était décidemment bizarre. D'abord, juste avant le début de la première demi-finale, le toit jusque-là entr'ouvert avait été fermé en raison d'un crachin persistant. Les aiguilles de l'horloge de la Rod Laver Arena n'étaient pas loin d'indiquer 14 heures, mais on aurait tout aussi bien pu être au beau milieu de la nuit. Les projecteurs surpuissants et l'ambiance soudain feutrée qui tranchait avec l'habituelle « grosse » ambiance de ce central si imposant donnaient aux spectateurs la sensation d'assister à un Grand Chelem en indoor. Ensuite, une impression de profond malaise dominait. Et pour cause, sur le court, il n'y avait qu'une seule joueuse. Maria Sharapova (n°5) était en train d'infliger une fessée à Jelena Jankovic (n°3). Et personne n'y pouvait rien.

Jelena n'y est pas

Maria Sharapova avait débuté tambour battant la rencontre sur un jeu blanc avant de réussir le break d'entrée, se jetant sur chaque balle comme si sa vie en dépendait (2-0). Mais il n'y avait pas que cela. Des signes de nervosité lors des grands rendez-vous, Jelena Jankovic en avait certes déjà montré. Pas plus tard qu'au même stade de la compétition, à Roland-Garros, l'an dernier. Mais tout de même. 5-0 en 22 minutes. Où était donc passée la Serbe, ses passings brillants, ses grands écarts en bout de course et, surtout, son sourire ? Visiblement ailleurs que sur ce central. Après 29 minutes, la 4e mondiale parvenait, enfin, à afficher un petit « 1 » sous son nom au panneau de score. Parce qu'elle n'avait pas envie de se prendre une « bulle », ça peut se comprendre, mais surtout parce son adversaire frappait tellement fort dans tout, que, forcément, parfois, elle atteignait les bâches. Les « Je ne peux rien faire ! » lâchés de dépit, et en serbe, à son clan ne trompaient pas sur les capacités du jour de Jelena Jankovic. Vingt-quatre fautes, directes, 51% de points remportés sur son premier service, une seule balle de break obtenue sur tout le match, tout cela était bien trop peu pour pouvoir espérer tenir la comparaison avec une Maria Sharapova qui, elle, était impeccable dans ses frappes à plat des deux côtés. La Serbe marquait encore deux jeux, dont l'un grâce à un jeu de service épouvantable de son adversaire, marqué par trois doubles fautes. Mais l'histoire s'arrêtait quasiment là.

Au changement de côté, une fois le premier set empoché par la Russe, Jelena Jankovic se prodiguait un auto-massage du bas du dos. Mais elle avait visiblement mal, le montrait en se touchant le bas du dos avant de servir et en ne courant presque plus sur les retours-canon de son adversaire. À la fin du jeu suivant, elle sortait du court pour se faire soigner. Malgré quelques morceaux de bravoure, la Serbe ne se réveillait jamais du cauchemar qui la poursuivait : après 1h18 de souffrances, d'un dernier revers décroisé dans le couloir, elle expédiait Maria Sharapova en finale. Elle y affrontera une autre Serbe, Ana Ivanovic (n°4), revenue de nulle part face à Daniela Hantuchova (n°9) pour s'imposer 0-6, 6-3, 6-4 en 2h10.

Le doute dans les yeux

De nulle part, en effet. Car une fois les premières balles de la seconde demi-finale échangées, un frisson parcourait les gradins de la Rod Laver Arena. Mon Dieu, pourquoi fallait-il donc que l'on assiste à une autre exécution en bonne et due forme ? Si Daniela Hantuchova n'avait pas déjà lu le doute dans les yeux d'Ana Ivanovic, ses coups de raquette auraient suffi à le lui indiquer. La Slovaque en profitait pour tranquillement installer son jeu agressif, sans avoir même besoin de monter plus que cela au filet, et s'envolait 6-0 après à peine 25 minutes. Puisqu'elle réussissait d'entrée de deuxième set le break et tenait son service dans la foulée, il était entendu qu'une issue aussi fatale que rapide était de l'ordre du plus que vraisemblable.

Mais forte de l'expérience malheureuse de la finale de Roland-Garros l'an dernier, où elle n'était jamais parvenue à dominer sa nervosité, Ana Ivanovic s'accrochait. Ses coups se faisaient plus précis, et la chance s'en mêlait un peu. Comme sur ce coup droit de Daniela Hantuchova retombé derrière la ligne après un revers de la Serbe très nettement faute au vu de la trajectoire de la balle, mais remis dans le terrain par le panneau publicitaire du filet. Il offrait tout simplement à Ana Ivanovic le débreak (2-2). Relancée, quatre jeux plus tard, elle dérobait une nouvelle fois le service de la Slovaque, à la faveur d'une double faute de cette dernière. Un jeu blanc conclu d'une superbe volée de revers remettait les comptes à zéro : un set partout. Le « vrai » match pouvait commencer. Après 1h11.

« Baby match point »

Le troisième set était bien plus disputé. Il allait d'ailleurs durer à peine moins d'une heure (59'). L'attitude des deux joueuses avait changé du tout au tout : Daniela Hantuchova était désormais celle qui subissait, tandis qu'Ana Ivanovic arborait un regard de tueuse qui en disait long sur ses envies de conquête. Les deux jeunes femmes tenaient leur service, jusqu'à 4-4. Là, Daniela Hantuchova, déjà coupable de deux doubles fautes dans ce neuvième jeu, concédait son engagement en expédiant dans le filet une volée basse de coup droit « toute faite ». Une « baby match point » comme aime à l'appeler l'ancien joueur reconverti commentateur Jim Courier. Derrière, Ana Ivanovic réussissait un très bon jeu de service (un ace), même en deuxième balle. Puisque c'est grâce à elle que la Serbe poussait Daniela Hantuchova à retourner un dernière fois de tout son coeur dans le filet après 2h10 de combat.


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