12/01/2009 | 10:28| Rugby - Top 14Montpellier n'a pas le niveau![]() Maintenant au moins, Montpellier sait. Il sait qu'il n'a pas le niveau des équipes du haut de tableau, celles qu'il bade et qu'il rêve de rejoindre. Toulouse et Clermont ont sèchement ramené le MHRC sur terre, et le club va maintenant devoir digérer cette cruelle désillusion. La trêve européenne ne sera pas de trop. Le constat est sans appel Trois points marqués, soixante-quatre encaissés, le bilan est sans appel. Alors que Montpellier espérait confirmer contre Toulouse et Clermont ses ambitions de haut de tableau, le club a été humilié deux fois par les deux meilleures équipes du championnat. Et doit se rendre à l'évidence, il est loin du niveau des prétendants au titre. Il est même assez mal embarqué dans la course à l'Europe, l'objectif minimal du début de saison. Et pourtant le MHRC avait placé la barre assez haute. Au mois de décembre, la prise de fonction du nouveau président, Philippe Deffins, s'était faite en grande pompe. Le patron du principal sponsor du club avait frappé fort avec un discours très ambitieux, presque tapageur : «On veut conquérir le Brennus dans les trois ans à venir. Nous avons actuellement le potentiel pour être dans les quatre premiers du championnat». Pour cela, il a réussi à conserver les quatre fantastiques (Ouedraogo, Picamoles, Trinh-Duc et Tomas, les quatre internationaux) et envisagerait de recruter Lionel Nallet et Sébastien Chabal. Mais en attendant, il s'agit de se montrer digne de ce nouveau statut sur le terrain. Et là le bât blesse. Des ambitions revues à la baisse Il a ainsi suffi de deux leçons reçues contre les deux finalistes de l'an passé pour comprendre que la place du club n'était pas encore tout en haut du classement. Et par la même doucher assez nettement les rêves de grandeur de cette jeune équipe, qui a peut-être manqué d'humilité, en tout cas de patience. Deffins plaide coupable : «On s'est donné des objectifs. Nous sommes obligés de revenir à des choses en dessous de ce que j'avais annoncé jusque-là. Ces deux défaites d'affilée nous mettent dans une situation délicate pour décrocher la quatrième place. J'assume les objectifs annoncés. Mais je suis peut-être un peu responsable de la pression qui pèse sur les joueurs. J'assume ma responsabilité au même titre que les joueurs et l'encadrement. Je fais mon mea culpa.» Curieux revirement de situation, d'autant que Montpellier devait s'attendre à souffrir face aux deux grosses machines que sont Toulouse et l'ASM. Mais plus que les résultats, c'est la manière qui inquiète, et qui fait dire que le chemin est encore long pour devenir grand. Personne ne le nie, et aujourd'hui les Héraultais font plutôt profil bas. Julien Tomas avoue : «On a vu tout simplement qu'on avait pas le niveau du carré magique, c'est tout. Il faut bosser.» François Trinh-Duc renchérit, dans un style plus direct : «C'est difficile, on sort de deux grosses branlées. Toulouse et Clermont, ce sont deux très bonnes équipes, mais il ne faut pas se chercher d'excuses, c'est de notre faute et il va falloir se remettre au boulot, arrêter d'afficher de grosses ambitions quand on arrive pas à avancer et à aligner trois passes.» Le capitaine Fulgence Ouedraogo est lui-aussi bien obligé de se rendre à l'évidence : «On est défaillants. Rien ne va, on subit tout. On n'a pas le niveau. On a vu la différence entre une équipe de haut niveau et nous.» Un potentiel évident Pourtant tout n'est évidemment pas à jeter à Montpellier, et ces deux accrocs ne doivent pas remettre en cause le bon début de saison du club, ni son formidable potentiel. Il s'agit juste de remettre les choses dans l'ordre, et de revenir au terrain après avoir travaillé les effets d'annonce. Là encore, les cadres du groupe ne se cachent pas, et ont déjà pointé les secteurs à travailler. Soit en substance les fondamentaux, comme le résume Trinh-Duc : «L'état d'esprit, on l'a, c'est bien beau mais ça ne suffit pas pour jouer au rugby. Il faut avoir une bonne conquête, un bon jeu au pied.» Julien Tomas est lui aussi lucide : «On est trop individuels dans nos enchaînements et on le paie cash. On voulait montrer une grosse envie et une grosse motivation, mais rien qu'avec ça, dans le haut niveau, on ne gagne pas.» Finalement c'est le capitaine qui résume le mieux la situation, en établissant une juste mesure entre les doutes nés de la fessée et le niveau intrinsèque de l'équipe : «Je sais qu'on est capables de mieux que ça. Toulouse et Clermont sont au-dessus, mais je ne crois pas qu'il y ait un tel écart avec eux. C'est dans les têtes.» C'est encore Ouedraogo qui met les choses au point par rapport aux discours ambitieux, en reconnaissant qu'il faut être réaliste: «Avoir des ambitions, c'est normal. C'est de la bonne pression. Viser le haut devrait nous donner de l'enthousiasme, et pas nous faire peur, pas nous restreindre comme ça. Maintenant, on ne va plus parler de demi-finale et ce sera difficile pour la Coupe d'Europe.» Montpellier apprend, et c'est aussi en digérant ces claques que le club grandira. Aymeric MARCHAL Voter pour cet article:
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