09/01/2009 | 09:30| Rugby - Pro D2Lanta , le trait d'union![]() Le 26 mai 1990, le Racing devenait champion de France en dominant Agen au Parc des Princes, à l'issue d'une finale légendaire, conclue après la prolongation (22-12). Dix-huit ans plus tard, les deux clubs se retrouvent à Colombes pour le choc de la 15e journée de... Pro D2. Ces deux équipes historiques du rugby français se battent pour retrouver leur lustre d'antan, et la rencontre de dimanche s'annonce comme un tournant dans la lutte pour la montée. Le Racing, devenu depuis Racing-Métro, et le SUALG ont une histoire commune assez proche, et il n'est sans doute pas anodin de les voir se battre à nouveau en haut de classement, même si c'est seulement en deuxième division. Ironie de l'histoire, un homme représente un trait d'union atypique entre les deux époques. Cet homme aurait pu être Pierre Berbizier, capitaine agenais en 1990 et manager des Ciel et blanc aujourd'hui. Où Jérôme Fillol, fils d'ancien dirigeant du SUA et actuel demi de mêlée du leader de la Pro D2. Mais le symbole de cet choc, le témoin privilégié, c'est Christian Lanta, l'homme qui a mené le Racing au titre avec la fameuse équipe du show-bizz, et qui tente aujourd'hui de redonner à Agen ses lettres de noblesse. L'ancien joueur de Toulouse ne cache pas que son passage au Racing l'a profondément marqué : «On m'en parle beaucoup, mais c'est tellement loin. Le Racing, ça fait partie de mon histoire, donc forcément il y a toujours une émotion particulière parce que ce sont des souvenirs merveilleux. Un titre, c'est toujours exceptionnel.» Autre point commun entre les deux clubs, un passé récent douteux, qui a vu les deux équipes plonger dans l'anonymat de la Pro D2, et même frôler la disparition du rugby pro. La faute à des politiques sportives et économiques ratées, qui n'ont pas su construire sur une riche histoire. Maintenant, il faut se battre pour exister à nouveau, et tenter de retrouver les vertiges du haut niveau, la place de ces deux grands clubs, comme le résume Lanta : «Le Racing est passé par des moments difficiles, mais il est en train de renaître de ses cendres. Je suis très content que le Racing revienne dans la lumière, retrouve des ambitions et une place qu'il n'aurait jamais du perdre dans le rugby français. Mais je viens avec Agen, qui est un grand club aussi, un très grand club avec beaucoup plus de titres d'ailleurs que le Racing. Ce sont deux clubs qui n'auraient jamais du descendre et qui n'auraient jamais dû se retrouver dans ces situations-là. Je serai ravi de retrouver ces deux clubs dans le Top 14.» D'abord construire Racing-Agen, c'est aussi et surtout le choc du championnat entre les deux meilleures équipes du moment, deux candidats sérieux à la montée. Les Franciliens, solides leaders, semblent bien partis pour terminer en tête et glaner le premier billet. Lanta acquiesce : «Pour le Racing, le pourcentage de chances est élevé, ils le prouvent en ayant déjà 7 points d'avance sur le second. Ils ont pris une petite option qui leur permet de travailler dans la confiance par rapport à leurs objectifs. Ils sont dans une dynamique favorable.» Le SUA, qui reste sur cinq victoires d'affilée, s'est lui replacé dans la course aux phases finales, même si son entraîneur calme le jeu : «Pour nous, ce n'est pas l'objectif affiché cette année. On a une équipe très jeune, (24 ans de moyenne d'âge) et on est plutôt en construction. On est dans une dynamique de progression, avec un club traumatisé par deux saison très difficile. Quand un club comme Agen descend, c'est compliqué. Plus le club est important, plus les répercussions sont importantes. Les résultats sont là, tant mieux, mais ce n'est pas parce qu'on cinq victoires d'affilée que ça change nos objectifs et qu'on pense à la montée.» Une chose est sûre, les Lot-et-Garonnais se déplacent à Colombes sans pression avec une farouche envie de jouer, la seule obsession du club pour le moment : «On est dans une envie de bien jouer, de mettre un collectif en place. On réussit en ce moment parce qu'on n'a pas la pression du résultat à tout prix. Ça libère les esprits. On est la meilleure attaque et on s'attache beaucoup à ce classement parce qu'on a envie de bien jouer, de marquer des essais, et ça va être intéressant parce qu'on rencontre la meilleure défense.» Une marche franchie Le SUA s'apprête en tout cas à passer un très gros test chez le leader. En cas de nouvelle victoire, il ne pourrait plus cacher son nouveau potentiel. Le trio Broncan-Lanta-Deylaud est donc en train de réussir son pari : Agen fait à nouveau parler de lui dans le bon sens, et c'est bien là la principale satisfaction du coach : «On est en, train de recréer l'état d'esprit qu'il y avait avant. On a envie de refaire de ce club, au moins dans l'état d'esprit, une fierté pour la ville. Notre engagement, c'est de refaire d'Agen le club qu'il a toujours été. On a monté une première marche, mais l'escalier va très très haut.» Racing-Agen, ça fleure bon le Top 14. Encore quelques marches, et ça redeviendra réalité. Aymeric MARCHAL Voter pour cet article:
Mauvais
Excellent
|
|
|
© 2007 Microsoft |
|