MSN Sports Rugby - La victoire ne suffit pas
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10/02/2008 | 13:08| Rugby - Tournoi - FRA

La victoire ne suffit pas

A croire que le XV de France a perdu. Au lendemain de la courte victoire contre l'Irlande (26-21), le discours des entraîneurs tricolores est sévère, sans concession, et il est évident qu'ils ne sont pas satisfaits de la performance de leurs joueurs. Leur niveau d'exigence est élevé, et ils sont bien conscients que les lacunes affichées samedi soir sont rédhibitoires dans un projet à long terme.

Un constat sévère

Samedi soir, après la rencontre, Marc Lièvremont ne mâchait déjà pas ses mots : «On apprend beaucoup en souffrant, et nous avons été punis d'avoir voulu gérer le match. Il y a beaucoup de choses à corriger.» Après une courte nuit, passée en partie à étudier le match à la vidéo, le constat est le même, il est même encore plus virulent. Lièvremont encore : «La nuit porte conseil, la vidéo aussi. Et autant la relecture du match de l'Ecosse avait confirmé des a priori favorables, autant cette nuit, c'est une toute autre image qui ressort par rapport à notre conception à chaud. On pensait avoir vu une certaine continuité, une emprise sur le jeu malgré 25 minutes difficiles en fin de rencontre. En fait on a laissé les Irlandais s'installer dans le match dès la première mi-temps en rendant beaucoup de ballons. Ce qui nous a sauvé, c'est d'avoir utilisé à la perfection les ballons de récupération pour marquer trois essais. C'est une bonne leçon. » Le bilan est sévère, mais le staff tricolore assume, et répète à l'envie que seul le jeu permet de gagner, même quand on est mis sur le reculoir. «Il est important que les joueurs prennent conscience que c'est en ne jouant pas qu'on se fragilise» martèle Lièvremont plusieurs fois.

Les hommes en questions

Le pari du jeu et du mouvement est donc plus qu'une philosophie, c'est un sacerdoce. Un schéma à suivre, le seul capable d'installer le XV de France dans le haut niveau. Emile N'Tamack, cinglant : «C'est une vraie régression par rapport au match contre l'Ecosse. Cette performance ne peut pas suffire dans la durée. La victoire est un chose, la manière en est une autre.» Lièvremont recadre à son tour : «On s'est laissé griser, on est tombés dans une forme de facilité, on s'est bercés d'illusions en les contrant, alors qu'on était déjà dans une position attentiste. On s'est mis en danger parce qu'on a refusé d'assumer le jeu.» L'encadrement n'est pas content, et il l'a fait savoir à ses joueurs, qui savent bien que le score est flatteur.

Se pose alors la question des hommes, et certains ont franchement souffert de la comparaison dans un match de ce niveau. Pas question pourtant de pointer les fautifs : «Soyons très clairs, pour nous, il n'y a pas eu de défaillances individuelles. Nous avons sombré collectivement.» Oui, mais la France a gagné ! Lièvremont finit quand même par positiver et s'attacher au bilan comptable : «L'essentiel est là, nous avons deux victoires en deux matches. Nous croyons très fort au potentiel de nos joueurs. Et ce match est très important dans la progression de l'équipe. Les joueurs ont beaucoup appris.» Il trouve aussi quelques circonstances atténuantes : «nous travaillons ensemble depuis deux semaines seulement, avec beaucoup de nouveaux joueurs, et on ne pouvait pas renverser l'Irlande comme ça

L'Angleterre en vue

Reste maintenant à se projeter vers le Crunch contre l'Angleterre, dans quinze jours au stade de France. Le groupe des 22 joueurs sera annoncé mercredi, et on peut s'attendre à des changements, comme d'habitude. Notamment en première ligne, même si Lièvremont rappelle « qu'il n'y a pas pléthore de candidats à ces postes ». «On continue à suivre pas mal de joueurs, poursuit-il. Tous ceux qui jouent en Top 14 comptent, on les considère tous, et on va réfléchir.» Quant aux Anglais et à la perspective d'un possible Grand Chelem, il préfère continuer à jouer profil bas : «Quand on a été malmenés comme on l'a été hier, et quand on voit arriver les Anglais, on se fait vraiment tout petits.» Le XV de France est en chantier, qu'on se le dise, et il y a encore du boulot. Même en gagnant. A. M.


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