03/02/2008 | 20:06| Rugby - TournoiL'oeil de Bénézech![]() Notre consultant, Laurent Bénézech, a apprécié la première sortie de l'équipe de France, qui s'est imposée (27-6) face à l'Ecosse à Murrayfield. «Les Français ont donc su prendre les points opportunément avant de construire un jeu à risques». La principale satisfaction est selon lui celle de l'état d'esprit des hommes de Marc Lièvremont, d'Emile Ntamack et Didier Retière, un trio qu'il juge positivement et à qui il reste quand même du travail, notamment en conquête. Le prochain adversaire des Bleus, l'Irlande, lui semble largement à leur portée. «Laurent Bénézech, on a vu une équipe de France sérieuse à Murrayfield face à des Ecossais limités. Est-ce votre avis ? L'équipe de France a pris ce match par le bon bout. Avec la volonté de faire du jeu, d'une manière organisée. Avec des points de pénétration pour faire sortir le ballon dans de bonnes conditions et se servir de l'un de ses points forts, la vitesse de son triangle arrière Clerc-Heymans-Malzieu (Photo L'Equipe). Cela a été bien fait en première période où, malgré pas mal de temps passé son camp, elle a réussi à marquer 17 points. Les Français ont donc su prendre les points opportunément avant de construire un jeu à risques. C'est toujours rassurant pour une équipe qui démarre une compétition. Quelles sont les satisfactions côté français pour les nouveaux entraîneurs ? D'abord, c'est l'état d'esprit des Bleus qui m'a marqué. Cette équipe a oeuvré dans un même sens avec une belle solidarité. Le porteur du ballon avait toujours un ou plusieurs camarades derrière lui. Faire du jeu a été un pari réussi malgré les mauvaises conditions de préparation. Le rôle de Jean-Baptiste Elissalde a été à ce titre important. Nallet a tenu la baraque devant. L'implication des deux feu-follets toulousains Clerc et Heymans, avec Malzieu, a été très positive. Il y a évidemment des choses à revoir, notamment la mêlée qui n'a pas été satisfaisante en première période. L'entrée de Nicolas Mas a été intéressante en seconde période. La touche, en revanche, n'a pas donné toutes les garanties. La semaine ne va pas être de trop pour améliorer l'alignement. Dernier point, le jeu au pied a été déficient lors des quarante premières minutes. Le vent a peut-être joué son rôle à ce niveau. Revenons aux Ecossais, décevants... C'est sûrement en partie dû à la bonne prestation de l'équipe de France. Mais c'est vrai que cette formation écossaise a des bases solides sans pouvoir accélérer le jeu. Elle a un gros point faible, c'est le manque de vitesse de sa ligne de trois quarts. Elle n'a jamais réussi à surprendre la défense adverse même lorsque des déséquilibres étaient créés. Franck Hadden a pourtant identifié ce problème en intégrant le centre De Luca, mais il n'a pas beaucoup d'autres solutions. Tant que les Ecossais ne posséderont pas un Clerc ou un Heymans, ils auront du mal à exister sur le plan international. Comment avez-vous trouvé les Français sur le plan tactique ? Avez-vous vu des différences par rapport aux schémas de l'ère précédente, celle de Bernard Laporte ? Il y a une vraie rupture dans la stratégie. Cela s'est vu. Il y a eu beaucoup de relances. Les arrières n'ont pas eu peur de partir de leurs vingt-deux mètres. C'était même quasi-systématique. C'est une vraie différence avec le passé. On sent la patte toulousaine d'Emile N'Tamack. Il va falloir maintenant que les avants se mettent au diapason de leurs trois quarts pour avoir une équipe de très haut niveau. Cette façon de jouer est bien sûr facilitée par le vivier constitué par Toulouse et Clermont. Le boulot est selon moi à faire dans la conquête, car les adversaires à venir vont être d'un autre acabit dans ce secteur. L'Irlande, le prochain adversaire des Bleus, a eu des difficultés pour venir à bout de l'Italie. Comment la jugez-vous ? Avec la même ossature que les années précédentes, l'Irlande, si elle peut être emballante par moment, manque toujours de corps. Leurs trois quarts peuvent néanmoins faire la différence, leur troisième ligne est performante. Mais globalement, l'équipe française, en s'améliorant, a largement les moyens de la battre. Ce sera un bon test pour les hommes de Marc Lièvremont. Un mot sur l'Angleterre qui perd tout d'un coup son rugby face à Galles. Quand on met une ossature de joueurs dont la moyenne d'âge a 35 ou 36 ans, qui réalise néanmoins une superbe première période, il ne faut pas s'étonner si on manque d'essence en seconde. L'équipe de Galles a su courber l'échine et se montrer opportuniste ensuite quand les occasions se sont présentées. Avec une majorité de joueurs issus d'une seule équipe, les Ospreys, et leur entraîneur, cette équipe est solide et est capable de coups de génie. Avec surtout son ouvreur, Hook, qui confirme son grand talent. Mais aussi avec un arrière, Byrne, qui est une belle trouvaille. Les Gallois peuvent jouer la victoire dans le Tournoi et viser, pourquoi pas, le Grand Chelem. Dans le Top 14, Toulouse poursuit son numéro en tête. Sur cette 8e journée, Toulouse a en effet réussi à déjouer le piège de Montpellier, dans une période toujours délicate pour lui avec le Tournoi, en gagnant, qui plus est avec le point de bonus. Paris a confirmé sa bonne dynamique et il ne faut évidemment pas enterrer le champion de France en titre. La déception est venue de Bourgoin qui a perdu à Dax. Il faut que les Berjalliens resserrent les boulons pour espérer encore jouer la qualification européenne. Les Castrais n'arrivent pas à enchaîner deux succès. La bonne surprise, c'est Brive. Les Corréziens vont finir, en continuant comme ça, à se placer en bonne position pour l'Europe. Le Championnat entame sa longue ligne droite. Attention à ne pas manquer de souffle pour tout le monde. » Propos recueillis par Philippe VERNEAUX. |
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