MSN sports Rugby - TOP 14 - Finale - Clermont - Stade Toulousain (20-26), au Stade de France
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Servat, auteur du premier essai toulousain, est félicité par ses coéquipiers. (L'Equipe)

Finale - Clermont - Stade Toulousain (20-26), au Stade de France

TOULOUSE REPREND SON BIEN

Toulouse a remporté logiquement son 17e titre de champion de France en dominant Clermont (26-20) au terme d'une superbe finale. L'expérience, la conquête et la science tactique des Toulousains ont fait la différence face à des Clermontois qui n'ont jamais pu imposer leur jeu. La malédiction de l'ASM se poursuit.


Un premier acte magnifique

Clermont ne sera pas encore champion cette année. Donnés légèrement favoris après leur magnifique saison, les Auvergnats n'ont jamais pu prendre le dessus sur une équipe toulousaine qui leur a infligé une leçon de gestion des finales. Le Stade est redevenu roi de France, sept ans après, et il n'y a pas grand-chose à redire au vu du match.

Entre les deux meilleures équipes de la saison, deux des places fortes du rugby français, deux des plus fervents publics aussi, la finale du Top 14 version 2007-2008 promettait beaucoup, comme pour mieux fêter aussi les dix ans de la LNR. D'entrée, les deux formations mettaient beaucoup de rythme, le but de chacun étant d'imposer son jeu. Mais les Auvergnats étaient un peu plus mordants, plus agressifs, notamment en défense, et ils dominaient territorialement. Avant de penser à prendre les grands boulevards, l'ASM a d'abord attaqué dans l'axe, afin notamment de cibler les côtes flottantes, dans tous les sens du terme, de Jean-Baptiste Elissalde. La flèche Nalaga était alors souvent utilisée en point d'appui au coeur de la défense toulousaine, et cette tactique a gêné les Haut-Garonnais, obligés de se mettre à la faute pour offrir les trois premiers points à James. Au bout de vingt minutes, les deux équipes restaient fidèles à leur envie de jouer, et le rythme soutenu offrait un superbe match, engagé et spectaculaire.

Un rythme effréné

Il ne manquait plus que des essais, un manque réparé par une charge rageuse de William Servat, après un énorme boulot de Kelleher. Pas de doute la finale était bien lancée, et les Toulousains, comme en demi-finale, profitaient de leur réalisme pour prendre le score. Pas pour longtemps, puisque Rougerie répondait dans la foulée, malgré un hors-jeu sur le coup de pied de James. Du jeu, du combat, des intentions, du suspense, le match tenait toutes ses promesses. Au rayon des points de suture, l'ASM menait largement 3-1 (Vermeulen, Cudmore et Privat contre Servat), et confirmait un engagement impressionnant et une intensité physique terrible. Après trente minutes de match, déjà, chaque action laissait un joueur au sol, un genou à terre, le souffle court. La tendance d'avant-match n'avait pas varié : entre deux équipes aussi proches, c'est sans doute la fraîcheur physique qui allait faire la différence. Après une fin de première mi-temps un peu folle (en-avant de Baby sur un essai tout fait, puis un contre dangereux de Bouilhou), le Bouclier n'avait pas encore choisi son camp (dix partout à la pause), mais le public du stade de France se régalait. Mais Toulouse semblait quand même un peu plus maître de son sujet. Plus opportuniste, plus vif dans ses attaques, en profitant des quelques errances défensives de James au coeur du rideau jaune. Conquérant en mêlée fermée, le Stade empêchait les Clermontois de développer leur jeu.

Médard fait encore la différence

Le deuxième acte est parti sur les mêmes bases, élevées, avec une nouvelle percée plein champ de l'intenable Kelleher, puis une belle action de Canale, avortée par un mauvais choix de James. Le rythme n'était pas retombé, loin s'en faut, mais les défenses tenaient encore le coup. On attendait le K.-O., et le point de rupture semblait tout proche. Dominateurs en conquête, notamment en touche, les Toulousains reprenaient l'avantage sur pénalité après un maul rondement mené. Avant de faire le break sur une contre-attaque foudroyante, après un ballon de récupération dans leurs 22 mètres, pour permettre à Médard d'aplatir entre les perches. Vingt minutes à jouer, 20-10 au tableau d'affichage, la réaction clermontoise était attendue, elle était surtout urgente. Mais on n'a pas vraiment reconnu l'ASM dans cette rencontre. Incapables de poser leur jeu et de dynamiser, peut-être à nouveau tétanisés par l'enjeu, les Jaunards ont perdu pieds petit à petit, inexorablement. Fautes de main et mauvaises passes se succédaient, la tête ne suivait plus. Maître du ballon, impeccable en défense, Toulouse écoeurait son adversaire en annihilant chaque offensive.

Toulouse comme le Munster

Comme en demi-finale, Toulouse a contrôlé la première période avant de forcer la décision sur un exploit individuel conclu par Médard. Rejointe sur le fil l'an passé par le Stade Français, l'ASM se trouvait cette fois-ci dans la position inverse, contrainte de courir après le score pour arracher la victoire. Mais ses adversaires avaient visiblement retenu la leçon de leur finale de Coupe d'Europe perdue contre le Munster un mois plus tôt. Ils ont ainsi reproduit un schéma qui a fait ses preuves, en cachant le ballon dans des séries de pick and go dès que possible pour faire tourner le chronomètre. Imparable, et très efficace. Kunavore scellait le score sur pénalité à cinq minutes du terme, l'essai dans les arrêts de jeu de Zirakashvili n'y changeait rien et le Brennus avait cette fois retrouvé le chemin de la maison. Toulouse a fait une démonstration éclatante, qui plonge encore Clermont dans la détresse. Il manque encore quelque chose à l'ASM pour remporter ces matches. Cruel, mais logique. Vaincu en finale de Coupe d'Europe, Toulouse a su rebondir pour gagner le titre national, et la performance est remarquable. Le Top 14 a un beau champion.


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