MSN sports Rugby - LA CHRONIQUE DE LAURENT BENEZECH - Retour sur la 21e journée
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Têtes basses, les biarrots quittent la pelouse d'Aguiléra après une nouvelle défaite. (L'Equipe)

Retour sur la 21e journée

LE GÂCHIS BIARROT

En s'inclinant à domicile contre Clermont (11-16), Biarritz a perdu ses dernières illusions. La qualification pour les demi-finales est désormais presque impossible et il va s'agir de reconstruire un groupe meurtri. Retour sur les principales raisons de ce gâchis.


Une envie retrouvée sur le tard

Biarritz a certainement réalisé son meilleur match de la saison contre Clermont mais le BO a perdu. Si l'on regarde la performance des avants, elle a été globalement satisfaisante, il y avait de l'envie, de la détermination et même de l'inspiration comme sur cette échappée d'Imanol Harinordoquy au coeur des avants Clermontois. Une chose est sûre, cette performance plus tôt dans la saison aurait évité bien des tourments mais bon, ne remuons pas le couteau dans la plaie. Parlons plutôt de la ligne des trois-quarts biarrots.

Celle-ci a montré des progrès récemment même si évidemment l'ensemble n'est pas digne du statut d'une équipe qui vise le titre. Qu'est ce qui cloche ? Depuis le début de la saison et à la suite des nombreuses, trop nombreuses signatures, les entraîneurs biarrots ont multiplié les formules sans vraiment trouver celle qui marche. En plus de créer de la confusion dans l'esprit des joueurs concernés et de les empêcher de se créer les automatismes nécessaires à un jeu rapide et efficace, ces hésitations ont pénalisé l'équipe qui, au moment où la motivation de tous les joueurs est au diapason comme à Perpignan et contre Clermont, ne peut plus s'appuyer sur un jeu de ligne fluide et dangereux.

Le choix des hommes

Avant de vous livrer le fond de ma pensée, j'aimerais faire deux constats par rapport aux choix des entraîneurs : concernant le positionnement de Marcello Bosch à l'ouverture d'abord. L'Argentin est un joueur créatif et entraînant, c'est vrai. Il peut créer le danger à tout moment, soit. Mais ce n'est pas un ouvreur. Il joue par alternance, ne pèse pas vraiment sur la ligne défensive adverse et surtout en le plaçant à ce poste, les Biarrots facilitent le travail de la défense pour le surveiller. Concernant le choix de Nicolas Brusque à l'arrière, ensuite. Brusque est certainement le meilleur arrière du monde dans ses 22 mètres grâce à sa sûreté sur les ballons hauts et son jeu au pied long notamment. Le problème c'est qu'il reste 78 mètres sur un terrain de rugby. Et là, il s'est enfermé depuis un certain temps dans un jeu confortable où s'intercaler dans la ligne de trois-quarts et intervenir aux quatre coins du terrain sont bannis. C'est dommage car il a les jambes et le talent pour le faire. Peut-être qu'une dose de concurrence plus tôt dans la saison aurait permis au joueur de se relancer. Ses tentatives sur les deux derniers matchs montrent qu'il peut le faire.

Une ligne de trois-quarts à expérimenter :

Alors, même si ce n'est pas mon rôle et si je n'ai jamais assisté à aucun entraînement des Biarrots (de toute façon, ils sont interdits à la presse !) pour vérifier le fond de ma pensée, j'ai quand même ma petite idée sur une ligne de trois-quarts qui pourrait amener de la performance au jeu Biarrot. Concernant le poste d'ouvreur, il y a un joueur qui ne cache pas, lorsque l'on discute avec lui, son envie de se positionner à ce poste depuis un certain temps, c'est Damien Traille. Même si Bernard Laporte a décidé un jour que Damien était mauvais en dix et même si, par dépit, les entraîneurs basques l'y ont essayé de temps en temps, il paraît intéressant de tenter une série de matchs en continu et d'en tirer les conclusions à la fin de la saison.

Au niveau des centres, il y a une paire qui m'a plu par sa complémentarité et par sa créativité, c'est la paire Masi - Bosch. Les rares fois où il a été titularisé, l'Italien a été bon et efficace, créant des brèches dans les défenses, et l'Argentin, comme je l'ai dit, a un potentiel créatif important qu'il exprimera mieux au centre. Romain Cabannes est aussi une alternative car il est actuellement performant. Aux ailes, l'américain Ngemwya continue son apprentissage, certes, mais il a vraiment un potentiel intéressant. De l'autre côté, difficile de faire un choix entre Gobelet et Bidabé qui compensent un déficit de vitesse par un maximum de détermination. A l'arrière, pour les raisons invoqués plus haut, je positionnerais Benjamin Thiery dans un premier temps, histoire de laisser le temps à Nicolas Brusque de potasser l'art de la relance en compagnie de Serge Blanco par exemple. Dernière chose. Si l'on parle de jeu complet et ambitieux, il ne sert à rien d'empiler les kilos sud-africains et samoans en troisième ligne mais plutôt de mettre des joueurs mobiles comme Steve Malonga par exemple (apparemment, il est tellement mobile, Steve, qu'il est déjà parti du côté de Castres!).


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