MSN sports Rugby - TOURNOI DES VI NATIONS - Italie-France (8-50), le 21 mars à Rome
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Les Français ont facilement déchiré le rideau défensif italien. (L'Equipe)

Italie-France (8-50), le 21 mars à Rome

BALADE À L'ITALIENNE

Le voyage à Rome n'a été qu'une formalité pour le XV de France, large vainqueur d'une équipe d'Italie très faible (50-8). Les Bleus ont bien réagi après le fiasco anglais, ils terminent sur une bonne note, mais cela n'efface pas les errements du passé.


Envie de jouer

« Quoi qu'il arriver à Rome, il n'y aura pas beaucoup d'enseignements à tirer ». C'est Marc Lièvremont lui-même qui l'avait avoué dans la semaine au CNR, et il a évidemment raison. Après la déroute de Twickenham, le Tournoi 2009 est donc de toute façon un échec, et le voyage chez le voisin italien ne comportait que des dangers. Les Bleus avaient en effet tout à perdre, certains jouant sans doute leur dernière carte en bleu, sans écarter du lot les sélectionneurs, qui auraient été forcément très fragilisés par la première défaite du XV de France contre les Transalpins dans la compétition. Il s'agissait donc de montrer de la fougue et de l'orgueil pour relever la tête et finir en beauté. En se méfiant évidemment des rugueux italiens, et en domptant un vent capricieux, qui rendait aléatoire toute tentative de jeu au pied. Ça tombait bien, les joueurs du XV de France avait juré la veille qu'ils n'avaient pas l'intention d'occuper le terrain à grands coups de chausson, mais plutôt à coups de relances et de combinaisons. Alors on attendait de voir comment les hommes de Lièvremont allaient laver l'affront, puisque telle était leur mission.

Trois essais en six minutes

On a vite vu, et ils n'auront pas eu à forcer beaucoup pour se rassurer et comprendre que le rachat serait une formalité. Après un début de match haché et tendu, avec comme prévu des Italiens très agressifs, les Bleus ont plié l'affaire en six minutes et trois essais, dont les deux premiers significatifs de l'esprit de revanche. D'abord celui de Sébastien Chabal, sur une charge de mammouth, après une chandelle de François Trinh-Duc rattrapée par Jauzion, puis celui de Trinh-Duc lui-même, tout en crochet et en évitement. Deux essais qui impliquent trois des joueurs les plus critiqués de Twickenham, tout un symbole. Face au vent, les Français avaient déjà fait le plus dur contre un adversaire incapable de bonifier ses quelques bons ballons, à cause souvent d'un Marcato hors sujet. 25-3 à la pause, puis un nouvel essai d'Heymans juste après le repos, le scénario rappelait celui de la semaine dernière, heureusement dans l'autre sens. C'est la Squadra Azzurra qui jouait à l'envers, qui multipliait les mauvais choix et qui montrait surtout sa faiblesse rédhibitoire derrière, en défense comme en attaque. Les tricolores se baladaient tranquillement sur la pelouse, dans un match un peu fou, et en profitaient pour se faire plaisir, un sentiment peu connu depuis le début de la compétition. Les essais de Domingo, Médard et Malzieu ont juste alourdi le score et récompensé un match sérieux d'une équipe encore au rendez-vous lorsqu'il faut réagir.#br

La cuillère de bois pour l'Italie

Face à un adversaire complètement dépassé, le XV de France a donc assuré l'essentiel en achevant son tournoi par une large victoire qui met quand même un peu de baume au coeur. Mais les leçons de cette rencontre s'arrêtent là. La faiblesse des Italiens n'a pas offert une résistance assez forte pour que les Bleus avancent un peu sur le fond, sur le jeu. Le festival offensif (sept essais) ne dupe personne, et les chantiers restent nombreux pour que les Français retrouvent une place de choix dans le gotha du rugby mondial. Le prochain rendez-vous, une tournée en Nouvelle-Zélande et en Australie cet été, présentera des oppositions autrement plus fortes, et il faudra tirer les leçons de l'hiver pour espérer exister. Les Italiens, eux, retrouvent la cuillère de bois et ne méritent pas mieux.


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