5e journée : Galles-France (29-12)EMPORTÉS PAR LA VAGUE ROUGELe XV de France s'est incliné (29-12) à Cardiff, offrant aux Gallois leur dixième Grand Chelem à l'issue d'une rencontre intense et âpre. Les Bleus ont tenté, mais la furia galloise était trop forte, et les Diables Rouges redeviennent rois d'Europe trois ans après. Les Bleus fébriles, les Gallois maîtrisentOn imagine que les joueurs français avaient rêvé à une autre fin pour ce Tournoi 2008, mais on peut quand même parier que ce match au pays de Galles restera à jamais gravé dans leurs mémoires. Le peuple gallois avait promis une ambiance incroyable, il était en dessous de la vérité. Le bruit à l'entrée des joueurs sur la pelouse fut indescriptible, et très émouvant aussi, avec la Triple Couronne portée par les deux petites filles de Ray Gravell, centre international récemment décédé. Le ton était donné, et les Français ont longtemps semblé impressionnés, voire tendus par ce contexte. Pour remporter le Tournoi, il fallait donc s'imposer avec 20 points d'avance, mais il fallait d'abord gagner. La lapalissade avait bien été intégrée par les Français, qui sont restés prudents en début de rencontre malgré quelques ballons à jouer. Les Gallois n'avaient eux pas la règle à calcul dans la poche, et ils ont joué comme ils savent le faire, avec une défense haute et agressive, un pack puissant et les éclairs de Shane Williams, Henson ou Shanklin. A VOIR AUSSIAttaque en berneAprès une entame intéressante, les Bleus ont ainsi commencé à reculer et à subir la pression adverse. Cantonnés à défendre, ils se retrouvaient acculés dans leur camp, privés de munitions, et la stratégie mise en place par Warren Gatland fonctionnait parfaitement : pour remporter un dixième Grand Chelem, ses Diables Rouges ne devaient surtout pas attendre et laisser jouer leurs adversaires. Ils devaient au contraire prendre le jeu à leur compte, d'autant que l'horloge jouait en leur faveur. Trois pénalités de James Hook concrétisaient logiquement la domination des locaux, alors que le XV de France jouait à l'envers, à l'image de David Skrela, fébrile et maladroit. La tactique des chandelles n'avait pas montré de gros bénéfices. Pourtant, la conquête tricolore était en net progrès, notamment en touche ou en mêlée. Mais cette fois-ci, c'est l'animation offensive qui a manqué d'efficacité, et les Bleus n'ont pas su déstabiliser la solide défense galloise sur leurs bonnes périodes. Ce manque de réalisme a coûté cher, surtout dans un match aussi intense et aussi rythmé, où les occasions sont rares, et les deux pénalités inscrites par Elissalde paraissaient une mince consolation. Le scénario ne se déroulait donc pas comme prévu, et les trois points de retard à la pause rendaient la tâche encore plus difficile, voire improbable. Surtout que les défenses avaient clairement pris le pas sur l'attaque. Shane Williams force la décisionAu retour des vestiaires, le problème était donc inchangé ou presque. Si le trophée du Tournoi semblait compromis, le gain du match ne l'était pas, et les Bleus ont enfin lâché les chevaux en jouant beaucoup plus. Il est vrai qu'ils n'avaient plus grand-chose à perdre. En supériorité numérique depuis le carton jaune de Gavin Henson, les Français ont réussi à égaliser et, comme en première période, débutaient un peu mieux le deuxième acte. Ils ont ensuite beaucoup tenté, mais se sont heurtés à nouveau à un mur gallois, quasiment infranchissable. Et ils ont été cueillis par un contre cruel du plus diable de tous les rouges, Shane Williams, qui a récupéré un ballon tombé pour filer dans l'en-but. Dominateurs, les Français avaient malgré eux remis dans le match une équipe galloise qui n'en demandait pas tant, et ce coup du sort fut le tournant du match. Galvanisé, le XV du Poireau s'est réveillé et n'a plus rien lâché, en gagnant même une mêlée à cinq mètres introduction France, sous les chants du Millennium. Solides et accrocheurs, sans être brillants, les Gallois tenaient leur dixième Grand Chelem et se sont alors contentés de garder le ballon et de maintenir les Bleus dans leur camp. Ils ont même inscrit un deuxième essai par Martyn Williams pour donner une ampleur sévère au score et surtout parachever le triomphe. Au final, la rencontre n'a pas tenu toutes ses promesses en termes de qualité de jeu, mais le peuple de Cardiff s'en moque. Les Bleus n'ont eux pas grand-chose à se reprocher, mais il leur a manqué un peu de réalisme, de discipline, de rigueur. Et ils sont tombés sur une excellente équipe galloise, très complète, qui mérite amplement son Grand Chelem. Warren Gatland est déjà un héros dans la Principauté, Marc Lièvremont devra attendre un peu pour connaître les mêmes honneurs. |
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