02/11/2009 | à 16:29| Rugby - Top 14La tête en Bleu![]() A quelques jours du rassemblement de l'équipe de France, certains sélectionnés n'ont pas été à leur avantage sur les terrains du Top 14. Lien de cause à effet ? Après la défaite du Stade Toulousain face au Racing-Métro, Guy Novès n'avait pas manqué de souligner certaines insuffisances de la part de ses joueurs. La concentration et l'implication venaient en tête de liste. «On avait un peu la tête ailleurs». Et d'ajouter rapidement, «Certains n'ont pas été au niveau que j'attendais, et quelques-uns seront avec l'équipe de France bientôt. La sélection est un élément perturbateur». Si l'on sait depuis longtemps que les doublons avec les matches internationaux peuvent influer sur le championnat en obligeant les cadors à se présenter sans leurs stars, l'influence d'une sélection sur le rendement d'un joueur en championnat est-elle si évidente ? Pour Pierre Villepreux, rien de tel. «Pour moi, il n'y avait aucune différence lors des matches précédant une sélection. J'aimais trop le jeu pour agir différemment et m'économiser». Même son de cloche chez Alain Penaud. «Avant une sélection, je m'envoyais encore plus pour ne rien avoir à me reprocher vis à vis du club. Sélectionné, j'avais toujours un sentiment de culpabilité à laisser mon club et je voulais tout donner sur ce dernier match». Cependant, l'appréhension de la blessure peut se faire plus présente. A quelques jours d'une première sélection, le pilier de Castres Luc Ducalcon, s'est blessé au genou et devra encore patienter avant de voir un gallinacé orner son poitrail. Les joueurs seraient-ils tenter de jouer avec le frein à main pour se préserver ? Encore une fois, les anciens internationaux ne sont pas d'accord avec cette hypothèse. «Le meilleur moyen de bien se préparer à un match international, c'est de faire un gros match avec son club, assure Villepreux. C'est en se retenant que l'on se blesse. Et puis si on doit absolument penser à la blessure, on ne sort plus de chez soi», assène Pierre Villepreux. Une autre raison qui devrait inciter à penser que les futurs internationaux ne galvaudent pas les dernières rencontres de championnat tient justement du prestige de l'équipe de France. «Quand on brade une rencontre, on perd en crédibilité. Un international n'a pas le droit de faire ça, sinon il perd le respect de ses adversaires» soutient Villepreux. Les adversaires, certes, mais les coéquipiers peuvent ne pas aimer également. «C'est sûr que selon les postes et les caractères, il y a moyen de s'économiser avant une sélection. Mais un gars qui se cache se fait vite repérer sur un terrain. Et ses coéquipiers risquent de ne pas vraiment apprécier» prévient Alain Penaud. Et Pierre Villepreux de conclure. «C'est un problème lié au monde professionnel. Mais avec un effectif d'une trentaine de joueurs, les clubs devraient normalement avoir les moyens d'éviter que ne se posent ces questions». Bertrand LAGACHERIE Voter pour cet article:
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