
| Nicolas Hénard fait partie des rares Français à avoir conservé son titre olympique. (L'Equipe) |
Voile - Que sont-ils devenus ? NICOLAS HENARD
« PERSONNE NE NOUS ATTENDAIT »
Jusqu'aux Jeux de Pékin, notre site revient vers d'anciens champions olympiques français. Ceux-ci s'expriment sur leurs carrières, leurs victoires, leurs émotions et leurs reconversions. Pour le neuvième volet, retrouvez Nicolas Hénard (43 ans), champion olympique de Tornado en 1988 et en 1992.
« Nicolas Hénard, vous avez arrêté votre carrière sportive en 1992. Qu'avez-vous fait depuis ?
Quand je suis parti à Barcelone pour prendre part aux Jeux, mon avenir était déjà tracé. Je savais que je terminerai la voile de compétition là-bas et je venais d'être accepté à l'Institut supérieure des affaires, qui était le MBA de HEC. Je suis donc allé en Espagne en étant assez libéré et, quelques semaines après, je me suis retrouvé sur le banc de l'école à Jouy-en-Josas. Ça a duré deux ans. Après mon diplôme, j'ai enchaîné avec des jobs dans le management et la direction d'entreprise. Aujourd'hui, je suis le directeur général de la filiale à Lille de Gras Savoye, un courtier d'assurances.
« Les répétitions de la Marseillaise »
Le bateau, c'est définitivement terminé pour vous ?
Je n'en ai pas fait pendant très longtemps. Pendant des années, je me suis polarisé sur mes études, mon travail et ma famille. Là, je m'y remets tout doucement. Une fois par an, je fais une régate course-croisière avec des amis. J'ai aussi acheté mon propre bateau avec lequel je passe mes vacances.
Et comment tout a commencé ?
Par hasard. Un été, alors que j'avais sept ou huit ans, je me suis retrouvé dans un club de voile. J'y ai pris goût, d'abord comme un loisir, puis j'ai attrapé le virus de la compétition. Je me suis retrouvé dans un sport-études puis à l'INSEP et au Bataillon de Joinville. En 1981, aux Championnats d'Europe, dans la catégorie Laser, j'ai été sélectionné alors que j'étais encore en cadet ! Puis, lors de la Préparation olympique en vue des Jeux de Séoul en 1988, on m'a proposé de m'associer à Jean-Yves Le Déroff en Tornado.
« Des précurseurs »
Ce qui nous fait arriver à Séoul et à votre première médaille d'or. Racontez-nous.
Durant cette Olympiade, nous avons dominé notre catégorie comme jamais (sic). Nous avons gagné trois manches sur sept (NDLR : plus deux deuxièmes places) et avons été largement en tête de l'épreuve. Nous étions assurés du titre avant la fin, si bien que nous avons pu entendre les répétitions de la Marseillaise avant la remise des médailles !
Quel effet cela vous a-t-il fait de devenir champion olympique ?
Je vais sans doute vous répondre la même chose que beaucoup d'autres. Ça a été une très forte émotion ! J'ai été nettement plus ému cette année-là. Personne ne nous attendait et nous avons tout dominé. Il faut dire qu'on avait eu une bonne préparation. Jean-Yves et moi étions enseignants et avions bénéficié de deux années en étant complètement détachés. Ça a été une préparation très professionnelle, alors que la voile, jusqu'à présent, était une affaire d'amateurs éclairés. Le niveau en équipe de France est monté brusquement et ça a attiré l'attention à l'étranger. Nous avons été des précurseurs dans ce domaine en quelque sorte.