MSN sports Aussi - JEUX OLYMPIQUES D'ETE - Canoë-kayak - Que sont-ils devenus ? F. ADISSON et W. FORGUES
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« Cela faisait tellement longtemps qu'on pensait à ça », dixit Franck Adisson (à g.). (L'Equipe.)

Canoë-kayak - Que sont-ils devenus ? F. ADISSON et W. FORGUES

« ÇA A ÉTÉ LA FOLIE : TRÈS FORT, TRÈS BEAU, TRÈS BON »

Jusqu'aux Jeux de Pékin, notre site revient vers d'anciens champions olympiques français. Ceux-ci s'expriment sur leurs carrières, leurs victoires, leurs émotions et leurs reconversions. Pour ce sixième volet, retrouvez Franck Adisson (38 ans) et Wilfried Forgues (38 ans), médaillés d'or en canoë biplace en 1996 à Atlanta.


« Franck Adisson, Wilfried Forgues, que devenez-vous ?
Franck Adisson : J'ai créé une entreprise dans le domaine de l'hydroélectricité. J'élabore et je gère des centrales. Donc on peut dire que je suis resté dans le domaine de l'eau (Rires). J'habite dans le département des Hautes-Alpes à côté de Briançon.
Wilfried Forgues : Je suis le directeur technique d'une société qui fabrique des logiciels pour les télévisions et les radios. En fait, quand j'ai terminé ma carrière, j'ai monté mon entreprise avec mon frère puis nous avons fusionné avec une autre entité. Nous sommes basés à Toulouse.

« Franck et Wilfried vont gagner... »

Comment a débuté votre association ?
W.F. : On s'est connu sur les bords de la Doure, du côté de Tarbes. On suivait un équipage de canoë avec des yeux d'enfants. Nous étions inscrits dans le même club mais chacun évoluait en monoplace. Puis on nous a associés et nous avons gagné la première course disputée ensemble. Je me rappelle que quelqu'un nous a demandés depuis combien de temps on courait. «Dix minutes», a-t-on répondu !
F.A. : Wilfried a débuté le canoë à cinq, six ans et moi à huit. Effectivement ça a tout de suite marché du feu de Dieu entre nous. Par la suite, on a été champions du monde juniors alors que nous n'étions qu'en cadets.

Et quand a débuté l'aventure d'Atlanta ?
W.F. : Tout a commencé en fait en 1991. Nous avions été champions du monde à la surprise générale et donc attendus aux Jeux de Barcelone un an plus tard. Mais, même si nous avons eu la médaille de bronze, notre course n'a pas été bonne. Du coup, nous nous sommes remis en cause. Et on s'est dit que si voulait l'or, il fallait se mettre la pression. Donc nous avons dit à tout le monde que nous voulions gagner.

Est-ce que ça a été l'idéal pour se préparer ?
W.F. : Disons qu'il a fallu gérer. En plus, la Fédération française avait fait de nous un de ses paris. Des personnes s'étaient impliquées nommément en disant : « Franck et Wilfried vont gagner... ». Et, à Atlanta, au moment de s'élancer, nous avions encore plus de pression sur les épaules car les autres équipages avaient tous échoué dans la quête d'un titre.

« Le regard des autres donne de l'importance à ta victoire »

Et comment s'est déroulée votre course ?
F.A. : Jusqu'au départ de la première manche, tout s'est bien passé : réveil, petit déjeuner, trajet, préparation du matériel, échauffement... Mais, dans la première manche, on a raté une porte et ça a été un vrai coup de bambou. On s'est dit que ce serait dur d'avoir la médaille d'or. Mais nous sommes restés concentrés et notre entraîneur a su nous booster.
W.F. : Du coup, lors de la deuxième manche, nous avons été très agressifs et cela s'est avéré positif. Nous sommes partis très forts. On a même fait un tête-à-queue involontaire mais ça nous a finalement permis de gagner du temps. Nous avions tellement voulu cette médaille que nous avons fini par l'avoir.

Qu'est-ce que ça vous a fait de devenir champions olympiques ?
F.A. : Ça a été la folie : très fort, très beau, très bon. Un véritable sentiment de sérénité, de plénitude. Cela faisait tellement longtemps qu'on pensait à ça. Il faut aussi rappeler que c'était la première médaille d'or française en canoë-kayak depuis 1952.
W.F. : Sur le coup, on plane à dix milles mètres. On monte sur la plus haute marche, il y a la Marseillaise, les gens qui te regardent... C'est d'ailleurs le regard des autres qui donne de l'importance à ta victoire. C'est ce qui m'a le plus frappé, cette sensation de partager une victoire. Ça m'a donné envie de continuer.


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