MSN sports Aussi - JEUX OLYMPIQUES D'ETE - Escrime - Le portrait d'ANNE-LISE TOUYA
Accueil | Aussi | dossier
Explosion de joie aux Championnats du monde il y a deux ans. La même chose à Pékin ? (L'Equipe)

Escrime - Le portrait d'ANNE-LISE TOUYA

TOUYA POUR SABRER LE CHAMPAGNE

Dans sa carrière de sabreuse, Anne-Lise Touya a décroché les principales distinctions à l'exception d'un titre (et d'une médaille) aux Jeux Olympiques. Au sortir d'une saison difficile, elle tentera de remplir les dernières cases blanches de son palmarès cet été à Pékin.


« Quand elle veut gagner, elle n'en est jamais loin », a dit Pierre Guichot, l'entraîneur de l'équipe de France féminine de sabre, d'Anne-Lise Touya. Ça tombe bien : le 11 mai dernier, lors de l'épreuve de Coupe du monde de Gand, ultime manche sélective pour les prochains Jeux Olympiques, la native de Tarbes s'est imposée. Et a validé sa place à Pékin quelques jours plus tard grâce à ce résultat. Ce succès a mis fin à plusieurs mois de galère pour la meilleure sabreuse française de la courte histoire de la spécialité. « A ce moment-là, j'étais en forme, concentrée, motivée, a reconnu la jeune femme de 26 ans. J'aimerais bien que ça se reproduise aux Jeux. » Si Anne-Lise Touya a vécu un début de saison « en dents de scie », c'est à cause d'une blessure à une cuisse, en fait le réveil d'une première déchirure survenue il y a trois ans. « C'est vrai qu'il y a eu un moment de panique autour de cette blessure, raconte-t-elle. Je ressentais une contracture en permanence et on ne savait pas d'où elle venait. Ça ne m'empêchait pas de tirer mais je ne pensais pas que ce serait si grave. » Il y a aussi eu du changement dans sa vie de tous les jours. Désormais il y a Anne-Lise Touya la sabreuse et Anne-Lise Touya salariée de Bouygues Constructions. Jusqu'à 16 heures, elle travaille au service des ressources humaines de ladite entreprise puis file à son entraînement. « Je m'y plais beaucoup, glisse-t-elle. Et cela fait passer un message : on peut être sportif de haut niveau et avoir une activité professionnelle qui prépare à une reconversion. Ça me permet d'avoir un équilibre même si c'est fatigant en terme de rythme. »

Pas parmi les favorites à Pékin

En dépit de ces nouvelles contraintes, pas toujours prévues, la Française a tenu bon : « Je ne me suis pas affolée non plus ». Car Anne-Lise Touya est « une battante, dixit Pierre Guichot. Elle a ça en elle. Elle a des nerfs d'acier et arrive à faire abstraction de ce qu'il y autour et en face d'elle pendant une compétition ». Les termes sont qualitatifs, ils contrastent aussi avec l'image que Touya peut donner au premier contact : celle d'une jeune fille discrète, voire un peu timide. Ainsi elle avoue qu'être reconnue par des fans ou des curieux n'est « pas trop gênant mais pas très agréable non plus. Je n'accroche pas ce genre de choses, je préfère ma tranquillité ». Pierre Guichot confirme d'ailleurs : «C'est vrai que ce n'est pas forcément un leader, ce n'est pas elle qui va rameuter les autres. Mais elle est vivante, elle trouve sa place dans un groupe.» Sa place, dans l'équipe de France de sabre, c'est la première au vu de son palmarès : double championne du monde individuelle (en 2001 à Nîmes et en 2005 à Leipzig), championne d'Europe, victorieuse de la Coupe du monde, de plusieurs titres nationaux et également distinguée chez les juniors. De plus, Anne-Lise Touya tire dans la meilleure sélection nationale actuelle, les Bleues ayant obtenu trois couronnes mondiales et deux autres continentales depuis trois ans. Mais, Touya, c'est aussi une athlète qui n'a pas décroché de médaille individuelle dans un grand rendez-vous depuis trois ans. Et, aujourd'hui, saison moyenne oblige, la Tarbaise est la vingtième sabreuse de la planète. Sa compatriote Léonore Perrus est, elle, septième. Ce qui fait dire à Pierre Guichot qu'« Anne-Lise sait qu'elle ne sera pas parmi les favorites à Pékin. »

Imiter ses frères Damien et Gaël

Pékin... Dans quelques jours, Touya ira chercher les seuls titres qui lui manquent tant par équipes qu'en individuel. Et s'arrêtera peut-être là-dessus. Si elle a déjà annoncé qu'elle ne sera pas présente à Londres dans quatre ans, elle ne sait pas, en revanche, à quelle date elle rangera définitivement son sabre. « Peut-être après les Mondiaux qui auront lieu à Paris en 2010. La possibilité que j'arrête après Pékin ? Elle est minuscule mais elle existe. » Autre certitude : il n'y aura pas d'escrime derrière, que ce soit en tant qu'entraîneur ou autres. « C'est mieux comme ça. Je pense qu'il est préférable de couper un petit moment. Je vais continuer à suivre ma voie professionnelle. » Anne-Lise bouclera une aventure commencée à l'âge de neuf ans à Tarbes pour suivre des frères sabreurs et une cousine fleurettiste. Une discipline qui lui convenait mieux que la danse qu'elle avait commencé à pratiquer mais qu'elle a surtout bien failli arrêter prématurément. A six ans, elle a en effet été opérée à cause d'une compression de l'aorte et s'est vue interdire le sport de haut niveau, alors qu'elle avait quinze ans. « Ça a été assez rude, confie-t-elle. Il y avait surtout de l'incompréhension de ma part parce qu'on ne m'avait jamais interdit de faire du sport et je ne m'étais jamais senti malade. » Un spécialiste lèvera finalement l'interdiction à condition de passer des examens médicaux chaque année. « C'est un petit peu de stress une fois par an », reconnaît celle qui est devenue un cas à part d'un point de vue médical. Une médaille à Pékin - « Peu importe le métal, peu importe si je n'en ai qu'une » - serait un nouveau pied de nez à un destin qui s'est voulu capricieux il y a quelques années. Ça gommerait aussi l'échec d'Athènes en 2004. Eliminée en huitièmes de finale, Anne-Lise Touya s'amuse d'ailleurs à dire que son meilleur souvenir de Grèce reste la victoire de ses frères Damien et Gaël dans le tournoi par équipes. Pour l'instant, ce sont les seuls médaillés olympiques de la famille.


Publicité
< 1 2 3 4 5 >
    
Bordeaux peut-il aller loin cette saison en C1?
OUI
NON