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« J'ai refusé de passer professionnel dans le seul but de devenir champion olympique. » (L'Equipe)

Boxe - Les souvenirs olympiques de... JERÔME THOMAS

« SI JE PERDS AU PREMIER TOUR, ÇA VA QUAND MÊME ÊTRE UNE BELLE FÊTE »

A Pékin, Jérôme Thomas va participer à ses troisièmes Jeux Olympiques. Il a déjà remporté une médaille d'argent et une médaille d'or. Cette année, il vise le titre. C'est ce qu'il nous dit en même temps qu'il actionne la machine à remonter le temps.


« Jérôme Thomas, votre aventure olympique a débuté à Sydney en 2000. Quelle est la première image que vous avez gardé ?
C'est l'entrée dans le Village olympique. Il y avait des restaurants partout, des discothèques, des salles de jeux, des distributeurs de bonbons... Je me suis dit : « Si je perds au premier tour, ça va quand même être une belle fête ». Mais dès que ma compétition a débuté, je n'ai plus pensé de la même manière.

« Douillet, Richardson : des messieurs pour moi »

Quels souvenirs avez-vous de vos deux cérémonies d'ouverture ?
Je me souviens surtout des deux porte-drapeaux, David Douillet (en 2000) et Jackson Richardson (en 2004). Pour moi, c'étaient des messieurs ! J'ai ressenti une joie et une fierté immense de défiler derrière eux. Je me disais : « A moi de faire comme eux, de gagner ma place ».

Pendant les Jeux, y a-t-il eu des pièges dans lesquels vous êtes tombé ?
Non, même pas dans celui de l'alimentation. Certes il y a beaucoup de restaurants et surtout des McDonald's. Mais, comme ma discipline est un sport à catégorie, on fait toujours attention à ne pas tomber dans l'excès de poids. Sinon, plus j'ai passé de tours dans les deux tournois et plus il y a eu de médias. Mais je ne me suis jamais pris la tête avec ça.

Et souffre-t-on de l'éloignement avec ses proches ?
Disons que moi ça ne m'a pas manqué particulièrement. J'ai toujours essayé de gagner le plus de combats pour que ma famille et mes amis me voient à la télévision. Je savais qu'ils seraient devant leur écran. Après, je ne dépensais pas trop d'énergie à passer plein de coups de fil. Je téléphonais le jour de mes combats seulement. Avec un appareil qu'on nous donnait à notre arrivée.

« Ce que je changerai ? Ma finale à Athènes »

Parmi tous vos combats aux Jeux, y en a-t-il un qui ressort en particulier ?
J'ai un beau souvenir de mon quart de finale gagné à Athènes. Cela m'a assuré une deuxième médaille aux Jeux. C'était magnifique. En plus, comme je suis reparti avec de l'argent, ça m'a fait monter d'une marche sur le podium. Certes j'aurai pu repartir avec du bronze, si j'avais été battu en demi-finale, comme à Sydney mais j'aurai quand même été heureux.

Et y a-t-il eu des combats très douloureux ?
Oui, il y a eu la demi-finale perdu à Sydney. Ce jour-là, j'avais la capacité pour l'emporter. Mais mon adversaire, qui était beaucoup plus expérimenté, a un peu triché et a gâché la fête. Sinon je me rappelle que mon premier combat à Athènes a été laborieux. C'était contre un Indien. Il était jeune mais très bon. Ça a été dur de gagner, peut-être aussi parce que c'était le premier combat.

S'il y avait quelque chose à changer au cours de ces deux Olympiades, qu'est-ce que ce serait ?
Ma finale à Athènes. J'ai beaucoup de regrets car ça a été une défaite tactique. Dès le deuxième round, j'ai fait tout le contraire de ce qui avait été prévu.

« Dur entre Athènes et Pékin »

Du bronze à Sydney, de l'argent à Athènes... Visez-vous l'or à Pékin ?
Bien sûr. J'ai refusé de passer professionnel dans le seul but de devenir champion olympique. Mais je ne vais pas me mettre plus de pression qu'il n'en faut avec ça. Vu que j'ai déjà eu deux médailles, je sais comment ça se passe.

Comment s'est passé l'intervalle entre Athènes et Pékin ?
Ça a été très dur. De Sydney à Athènes, c'est allé super vite. Mais ces quatre dernières années, ça a été le contraire. J'ai obtenu moins de résultats et j'ai aussi eu des soucis personnels. A un moment, je me suis même dit que j'avais fait une erreur de rester dans le circuit amateur. Mais aujourd'hui, maintenant que ma qualification est obtenue, ce n'est que du bonheur.

Serez-vous à Londres dans quatre ans ?
Normalement non. Il y a de grandes chances que je devienne professionnel le 1er janvier prochain. Mais si on me demande de re-signer à nouveau pour les Jeux de 2012, peut-être que je le ferai. »


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