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Médaillé de bronze à Athènes, Hugues Duboscq explique ses sensations.(L'Equipe)

Natation - Dans la tête de... Hugues DUBOSCQ

À L'ÉCOUTE DES SENSATIONS

Médaillé de bronze lors du 100 m brasse des JO d'Athènes, Hugues Duboscq se souvient de ce moment unique. Le brasseur havrais revit cette journée particulière à l'écoute de ses sensations avant de «partir en orbite à 3000 kilomètres de la terre».


La nuit précédente

«Cela n'avait pas très bien marché la veille en demi-finale. Je me qualifie ligne 1, je passe presque à la trappe en raison d'un mauvais départ et d'une mauvaise approche de virage. J'ai raté les points techniques de la course. Dans la nage, c'était correct. J'ai visualisé ma course. Quand je mangeais, cela tournait tout seul. Dans la nuit, c'était pareil. Cela m'a permis de corriger toutes les petites erreurs mentalement et au moment de la course, ça a marché.

Avant d'arriver à la piscine

A Athènes, j'étais complètement en décalage par rapport aux autres nageurs parce que je m'étais mis dans les horaires de la compétition, plusieurs jours avant les JO. Je nageais assez tard. Je mangeais donc après les autres, soit tout seul, soit avec les handballeurs. J'étais relâché, complètement zen. J'étais dans mon trip.

L'échauffement

A l'échauffement, je pense aux points techniques, mais je suis surtout à la recherche des bonnes sensations, c'est-à-dire des appuis, de la glisse et faire les gestes correctement.

La chambre d'appel

Je bouge, je me relâche. Je visualise la course. Cette visualisation est toujours axée sur mes points faibles qui sont l'entrée dans l'eau, le départ et le virage. Cela ressemble à du bachottage : ce sont les derniers petits trucs pour être sûr de bien les avoir en tête pour pouvoir les faire physiquement. En brasse, on s'encourage, il y a un bon état d'état d'esprit, on se remonte les combinaisons dans la chambre d'appel.

L'entrée dans l'arène

Il y a un petit picotement quand on arrive sur le bord du bassin. Puis il y a la présentation des nageurs et on se met en position. J'attends le start, je ne pense plus à rien.

La course

Je ne regarde pas ce qui se passe à côté. Je suis uniquement concentré sur ce que je fais. On ressent un peu ce qui se passe à côté, mais le but du jeu est de résister à la tentation de jeter un petit coup d'oeil oblique. Car à ce moment-là, la tête bouge, le bassin se décale et on perd quelques dixièmes ou centièmes. Je n'entends rien, je vois le mur uniquement quand je m'approche pour le virage. J'essaie d'être refermé sur moi-même, à l'écoute des sensations et des émotions. Une fois qu'on a touché le mur, la bulle éclate.

La touche

On regarde le tableau car on ne sait pas. Il faut réussir à le déchiffrer quand on n'a pas de lunettes (rires). A Athènes, je n'avais pas mes lunettes. Le 3 et le 8 sont assez similaires. Ils n'avaient pas encore mis les nageurs dans l'ordre. Je vois Duboscq 3 ou 8, je n'étais pas sûr. D'un seul coup, ils ont mis les nageurs dans l'ordre et là, c'est l'explosion. C'est la joie. Et après coup, c'est le soulagement. On se dit : "J'ai fait tout ça. Il y a tous ces gens qui comptaient sur moi".

Le podium

Le podium, c'est pas mal. Mais c'est surtout le tour d'honneur après la course qui m'a marqué. Il y avait les copains français en transe et juste devant, il y avait tous les Grecs. Au moment où on est passés, ils se sont levés. Je connais bien les Grecs. Mon entraîneur (Ndlr : Christos Paparrodopoulos) est grec, j'ai fait beaucoup de compétitions là-bas et avec eux. Quand ils se sont levés, cela m'a fait plaisir d'être reconnu par les nageurs. Avec une médaille aux JO, on est en orbite à 3000 kilomètres, c'est magique. »


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