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«Pendant l'entraînement, je fais plutôt des courses à deux ou en skiff.» (L'Equipe)

Aviron - Athlète devenant entraîneur... CHRISTINE GOSSE

«J'AI CRÉÉ UNE CONCURRENCE INDIVIDUELLE ACHARNÉE»

Médaillée de bronze aux Jeux Olympiques en 1996, double championne du monde en deux sans barreur, Christine Gossé est aujourd'hui l'entraîneur national du quatre de couple masculin. Ce bateau a été médaillé d'argent aux Mondiaux en 2007. Elle nous explique son travail au quotidien.


Les bateaux de couple

«Il y a deux entraîneurs pour les bateaux de couple (skiff, double et quatre), Jean-Raymond Peltier et moi-même. Au début de l'année, nous décidons qui sera aligné en deux de couple et qui sera sur le quatre. Il a été décidé que Jean-Baptiste Macquet serait associé à Adrien Hardy. Moi, je récupère les autres rameurs (NDLR : les quatre médaillés d'argent en 2007 ont été Jean-David Bernard, Cédric Berrest, Jonathan Coeffic et Julien Bahain). Je tourne avec cinq personnes pour un bateau de quatre car on n'est jamais à l'abri d'une blessure ou d'une méforme (NDLR : Pierre-Jean Peltier est le cinquième rameur). J'ai choisi de créer une concurrence individuelle acharnée.»

Les sélections

«Chaque mois, des tests sont effectués. Ils réunissent les membres de l'équipe de France Elite, de l'équipe de France Espoirs et des pôles France. Cela fait une centaine de rameurs, hommes, femmes, poids légers... Ensuite, il y a les Championnats de France, qui sont organisés au mois d'avril. C'est là que sont confirmés les collectifs initialement repérés. Une fois cette étape passée, on se concentre sur les quatre qui ont été retenus.»

Le calendrier

«Avec les membres du quatre de couple, on est ensemble environ 200 jours, d'octobre à août. Il y a eu 15 jours de stage en octobre, 10 en décembre, 18 en janvier, 15 en février... Cette année, nous avons un mois de préparation en moins. D'habitude, les Championnats du monde ont lieu fin août, début septembre. Là, les Jeux commenceront au début du mois d'août. La préparation terminale pour Pékin débute le 9 juillet, sachant que la finale du quatre de couple a lieu le 17 août. On ne se quittera pas pendant tout ce temps.»

La composition

«La disposition des quatre dans le bateau est la suivante : celui qui est à la proue est le chef de nage. Il donne le rythme et les autres doivent le suivre. Seul problème : il ne voit personne, ni ses coéquipiers ni ses adversaires. Ceux qui sont situés en deux et trois sont les moteurs de l'équipage. Ils relancent notamment la machine quand il y a un creux dans la course. Enfin, celui qui est en quatre - soit le premier à franchir la ligne d'arrivée - définit la stratégie de course. Lui peut voir ses partenaires et les autres bateaux.»

La technique

«Lors des entraînements, j'utilise des capteurs pour voir les qualités techniques de mes rameurs. On les pose sur les dames de nage - là où sont fixées les rames. Cela permet de voir la force de nage et la vitesse de chacun. Ça m'est arrivé une fois de m'en servir en compétition. Ce n'est pas trop lourd, deux-trois kilos en plus. Mais je ne le ferai pas à Pékin. Il y a déjà suffisamment d'enjeu et de pression. Je ne veux pas tout compliquer non plus. Il m'est arrivé aussi de mettre un accéléromètre dans la coque. Et on travaille aussi avec des spécialistes en biomécanique ou en mécanique pure.»

Le suivi à distance

«En dehors des entraînements, les rameurs effectuent un seul et même programme. C'est plus pratique car chacun n'a pas le même pic de forme que ses coéquipiers. Généralement, ça se décompose en trois semaines de gros entraînements et une semaine plus "light". Les cinq rameurs dont je m'occupe en ce moment sont basés à Compiègne (Bahain), Melun (Bernard), Toulouse (Berrest), Lyon (Coeffic) et Nancy (Peltier). Comme j'habite moi-même à Paris, je vais voir les deux premiers assez souvent. Je n'ai pas assez de temps pour voir les autres régulièrement. Donc je délègue. De toute façon, ils font partie d'un pôle France.»

L'entraîneur pendant la séance

«Moi, pendant un entraînement, je me trouve sur un bateau à moteur et suis à la hauteur de la coque. J'ai avec moi un mégaphone pour donner des consignes. Heureusement d'ailleurs sinon, avec le bruit des rames et celui du moteur, on ne pourrait pas m'entendre ! Il m'arrive aussi de les suivre depuis la berge avec un vélo. Dans ces cas-là, je communique par talkie-walkie, l'un étant placé dans le fond du bateau.»

Le déroulement d'une séance

«Pendant les séances d'entraînement, je fais rarement des courses à quatre, plutôt à deux ou en skiff. A quatre, à l'entraînement, ça peut être un peu galère si les rameurs ne sont pas encore synchronisés. Sur des bateaux courts, il est plus facile de faire des corrections techniques. Puis, lors des dernières journées qui précèdent une course, on se focalise sur un bateau à quatre. Lors de la préparation terminale pour Pékin, ça sera moitié-moitié.»


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