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Valérie Nicolas et Véronique Pecqueux-Rolland, championnes du monde en 2003. (L'Equipe)

Handball - Les souvenirs de V. NICOLAS et V. PECQUEUX-ROLLAND...

« UN TRUC DE DINGUE »

Cumulant plus de 500 sélections en équipe de France, Valérie Nicolas et Véronique Pecqueux-Rolland disputeront à Pékin leurs troisièmes Jeux Olympiques. Avant leur départ en Chine, les deux championnes du monde (2003) se rappellent de leur premiers pas aux JO, à Sydney, en 2000, et rêvent secrètement -enfin- d'une médaille olympique avant de tirer leur révérence. Drôle d'entretien croisé.


« Valérie Nicolas et Véronique Pecqueux-Rolland, vous allez participer à vos troisièmes JO (après Sydney en 2000, et Athènes en 2004). Avant de connaître personnellement l'aventure olympique, quelle représentation en aviez-vous ?
Valérie Nicolas : Depuis que je suis gamine, je regarde les JO. Tous les quatre ans, j'étais scotchée devant mon poste de télévision pendant quinze jours. Ma maman me disait « Arrête de regarder la télé ! » Je m'intéressais à tous les sports. J'ai toujours adoré. Et puis, il y a ce truc, que vous ressentez uniquement pendant les JO... Ce truc qui fait que quand vous êtes Français, vous devenez supporters de tous les Tricolores, dans toutes les disciplines.
Véronique Pecqueux-Rolland : C'est d'ailleurs ce que nous retrouvons quand nous sommes aux Jeux. Ce côté « On est Français, tout le monde s'encourage. »

Quels souvenirs gardez-vous de votre première expérience, en Australie ?
Valérie : C'était loin en avion. fallait y aller à Sydney ! (rires)
Véronique : Déjà, le fait de se qualifier pour la première fois aux JO, c'était quelque chose d'énorme. Le jour où nous sommes arrivées à l'aéroport pour partir, nous n'y croyions toujours pas. Nous nous regardions toutes, et chacune disait à l'autre « Attends, on n'y est pas encore ! » Quand nous sommes montées dans l'avion, que nous avons attaché nos ceintures, et que l'avion est parti, là nous nous sommes dit : « La vache, ça y'est, cette fois on y est ! » (rires)

Quel est LE truc qui vous a frappées en arrivant ?
Valérie : L'entrée dans le village olympique. A ce moment-là, vous savez que vous accédez à un endroit spécial, uniquement réservé aux sportifs. Lorsque vous voyez cette masse d'athlètes un peu partout, ça vous marque.
Véronique (s'adressant à Valérie) : Et la cérémonie d'ouverture ? Tu te souviens ? C'était un truc de dingue.
Valérie : C'était grandiose !
Véronique : C'est également génial de tous se côtoyer. Dans le contexte des Jeux, vous avez vraiment l'impression que l'équipe de France olympique devient une vraie famille. Tout le monde s'encourage mutuellement, c'est fabuleux ! Ca en fait vraiment une compétition à part. Le côté un peu moins positif, c'est que vous pouvez vite vous disperser. C'est comme le réfectoire, quand vous arrivez là-dedans, il y a de la nourriture partout, c'est « gigantesquissime » (sic) ! (rires)

«Faire attention à ne pas se goinfrer»

Est-ce un des pièges à éviter lors d'un tel événement ?
Valérie : Vous pouvez passer votre journée à manger si vous voulez : au Mc Do', au restaurant chinois, à l'Italien, il y en a pour tous les goûts. Il y en a certains qui prennent trois ou quatre kilos quand ils rentrent des JO ! Il faut vraiment faire attention à ne pas se goinfrer.
Véronique (s'adressant à Valérie) : Oui, mais nous n'avions pas le droit d'aller au Mc Do', nous ! (rires)
Valérie : Vrai ! Et en plus de tous ces restaurants, vous trouvez tout ce que vous voulez dans le village olympique : vous pouvez aller vous faire masser, jouer aux jeux vidéos. Vous pouvez vite vous échapper et sortir de la compétition si vous ne faites pas attention.

L'autre gros risque n'est-il pas de s'éparpiller en voulant absolument voir les autres sports ?
Valérie : Si. Et qui plus est pour le handball, car la compétition s'étale sur les quinze jours, contrairement au judo ou à l'athlétisme par exemple. Notre entraîneur, Olivier Krumbholz, veille à ce que nous ne nous échappions pas. Comme nous jouons tous les deux jours, nous n'avons pas forcément beaucoup de temps pour aller voir les autres non plus. Les jours où nous n'avons pas de match, nous nous entraînons. Nous sommes déjà allées voir l'équipe de France masculine (de handball) jouer, mais rien de plus.
Véronique : Et encore, seulement un ou deux matches il me semble.

Et en voulant voir des « stars » ?
Véronique : En fait, il faut vraiment savoir pour quelle raison vous allez aux JO. Forcément, si vous restez avec votre caméscope vissé au poing toute la journée, vous n'êtes plus vraiment dans votre compétition.
Valérie : Soit vous passez votre temps à demander des autographes, soit vous restez focalisé sur votre objectif.

Riches de vos deux précédentes expériences, allez-vous aborder ces JO différemment ?
Véronique : Nous allons nous servir des expériences passées, oui. Lors des premiers JO, nous nous sommes complètement gaufrées (la France avait terminé 6e, battue par l'Autriche 33-32 en dernier match de classement) parce que nous n'avions pas réussi à créer une bonne ambiance entre nous. Lors des deuxièmes, à Athènes en 2004, l'équipe avait un bon état d'esprit, mais nous avons échoué à rien (défaite face à l'Ukraine 21-18 lors de la « petite finale »). Il y a également eu des événements qui ont fait que nous n'avions pas pu être présentes toutes ensemble. Val s'était blessée par exemple. (Valérie Nicolas hoche la tête. Elle avait été victime d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche, face à la Hongrie, en demi-finale, perdue 32-31). Nous avions quand même progressé par rapport à Sydney, nous étions championnes du monde en titre, et ces Jeux d'Athènes devaient être l'apothéose du groupe. Malheureusement, ça ne l'a pas été. Et cet été à Pékin, pour quelques-unes d'entre nous, ce sera la dernière compétition.

«Il y a un moment où il faut dire stop»

Vous ne pousserez pas jusqu'à l'Euro (en Macédoine, en décembre prochain) ?
Véronique : Moi non. (elle se tourne vers Valérie Nicolas, l'air interrogatif)
Valérie : J'arrêterai également après les JO. Il y a un moment où il faut dire « stop ». Ca rimerait à quoi d'aller au Championnat d'Europe en Macédoine ? Terminer une carrière sur des JO, c'est bien plus beau.
Véronique : Pour moi les choses sont claires aussi.
Valérie (elle lui coupe la parole, en riant) : Déjà, toi, tu avais arrêté avant, en 2005. Tu avais fait ton boulet, du genre « J'arrête. et puis finalement, non, j'arrête pas ». Comme les gens qui ne savent pas ce qu'ils veulent !
Véronique : (elle rit) Mais si je savais ce que je voulais ! Quand j'ai arrêté, je ne pensais vraiment pas reprendre. Et comme nous avons obtenu l'organisation du Mondial en France, et que nous en rêvions tellement, je suis revenue. En tous les cas, les JO seront vraiment ma dernière compétition. Et j'ai envie d'aller chercher cette médaille, la seule qui manque.

Vous aviez chacune déclaré à la fin du Mondial en décembre dernier (où la France a terminé 5e) que la couleur de cette médaille olympique vous importait peu. Est-ce toujours le cas quelques mois après ?
Valérie : Peu m'importe le métal, je signe.
Véronique : Moi aussi. Je veux juste une médaille, juste une. Franchement, nous n'allons pas faire de chichi sur la couleur ! Il faut qu'on aille la chercher !
Valérie : Et nous allons y aller. Ca va être bien ces JO, ça va être bien. »


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