MSN sports Aussi - JEUX OLYMPIQUES D'ETE - Canoë-kayak - Dans la tête de... Philippe COLIN
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Philippe Colin (au 1er plan) a été sacré champion du monde avec Cyrille Carré en 2007. (AFP)

Canoë-kayak - Dans la tête de... Philippe COLIN

TROIS ANS DE RÉPÉTITION

Champion du monde de K2 sur 1000 m en 2007 à Duisbourg avec Cyrille Carré, Philippe Colin nous explique les différentes étapes d'une course en ligne de kayak, son schéma de course et ses sensations.


«Si on sait que tout est réglé il n'y a pas d'appréhension particulière. On arrive, on sait ce qu'on a à faire. On s'échauffe, les protocoles sont réglés une heure et demi avant. On sait qu'une heure avant la compétition, on débarque, on s'étire un peu, on mange si besoin. Cela fait trois ans qu'on rôde cela.

«On a une grosse cohésion»

On entre dans notre bulle, soit une heure avant, soit quand on monte dans le bateau. S'il y a une série avant nous, on regarde les autres bateaux qui partent et la pression peut monter progressivement. Le "masque", cela dépend des jours. Avec Cyrille, on a une grosse cohésion et cela se passe vraiment très bien. Il s'entraîne à Auxerre et moi à Eure sur Marne, mais on se retrouve pendant les stages, on peut naviguer ensemble 140 jours par an. Il n'y a pas de souci, ce n'est pas plus mal de ne pas être toujours l'un avec l'autre. On sait ce que fait l'autre.

«Notre cadence est de 110 coups/minute»

On a un schéma de course réglé depuis deux-trois ans. La course part, on a des cadences, un tempo. Pour être fort, notre cadence est de 110 coups/minute selon notre entraîneur. Quand on arrive à poser le bateau, il glisse, glisse... On départage la course en trois morceaux. Les 500 premiers mètres, il faut essayer de faire glisser le bateau en essayant de ne pas trop se fatiguer, enfin tout est relatif. Puis on relance le bateau au 500 m. A 250 mètres de la ligne, on donne tout, le bateau doit être le plus propre possible, il ne faut pas qu'il bouge, c'est le schéma classique. En général, Cyril donne un hop au 500 m et un hop à 250 mètres de l'arrivée, tout le monde fait à peu près cela.

«Quand on gagne, on a l'impression que tout est facile»

Quand on est à la lutte à la fin, ça commence à brûler, à piquer... Puis c'est une sensation de bien-être. Je ne sais pas si on peut vraiment travailler cette sensation à l'entraînement parce que l'on va au-delà de nos limites... Il n'y a pas la même confrontation à l'entraînement. Quand on gagne, on a l'impression que tout est facile, on récupère très vite, on est content, la joie prime sur tout.

«La course parfaite, on la garde comme cela»

Une fois la course finie, il faut passer à autre chose. Après un échec, on en parle. Mais en finale des Championnats du monde où on réalise la course parfaite, on peut la retourner dans tous les sens, on la garde comme cela. Dans cette course, on ne regarde jamais les autres, on est vraiment posé dans notre schéma de course.»


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