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Son plus gros souvenir ? La cérémonie d'ouverture des JO de Sydney. (L'Equipe)

Aviron - Les souvenirs olympiques de... ADRIEN HARDY

« UN BROUHAHA CHARMANT »

Adrien Hardy a remporté la médaille d'or en deux de couple à Athènes en 2004. Auparavant, il avait déjà eu la chance de prendre part aux Jeux de Sydney. Il nous rappelle ses meilleurs souvenirs et nous raconte comment aborder un événement aussi important.


«Adrien Hardy, quel est votre premier souvenir des Jeux Olympiques ?
Avant les Jeux de 1992, je n'ai pas d'images. J'en ai entendu parler, oui, mais je ne me souviens de rien. Au moment des Jeux de Barcelone, je me trouvais en Angleterre chez mon correspondant. J'avais 13 ans et j'ai donc assisté aux JO avec l'oeil anglais. Je me rappelle de la médaille d'or en aviron de Steven Redgrave (NDLR : avec Matthew Pinsent en deux sans barreur).

«A Sydney, je ne suis tombé dans aucun piège»

Qu'est-ce qui vous a le plus marqué durant les Jeux auxquels vous avez participé ?
Mon plus gros souvenir a eu lieu pendant les Jeux de Sydney en 2000. J'ai eu la chance de participer à la cérémonie d'ouverture. Normalement, les épreuves d'aviron débutent toujours le lendemain, ce qui rend notre présence impossible, mais, là, on commençait deux jours après. Ce qui m'a le plus marqué, c'est le moment où l'équipe d'Australie est entrée dans le stade. Il y a eu alors un bruit parmi les spectateurs comme je n'en avais jamais entendu lors d'une compétition sportive. L'allumage de la flamme a été un autre moment fort. C'est là que je me suis enfin dit "ça y est, je suis aux Jeux". En plus, moi, j'étais un invité surprise au sein de l'équipe de France d'aviron. J'avais réussi à percer plus tôt que prévu.

Y a-t-il des pièges à éviter quand on participe aux Jeux ?
Je ne suis tombé dans aucun piège. A Sydney, je n'avais pas le potentiel pour faire une médaille. Donc j'ai pu faire passer la magie, tout le côté qui émerveille. A Athènes, je savais comment ça se passait et j'ai pu me concentrer sur ma course. En revanche, ça doit être difficile de participer à ses premiers Jeux en étant attendu sur le podium. C'est difficile de ne pas s'évader, d'autant plus qu'au village olympique, il y a plein de choses à voir. Nous, en aviron, on a aussi cette chance de débuter les compétitions dès les premiers jours. Ça aide à rester concentré. On a ainsi la deuxième semaine pour se libérer et profiter des Jeux.

Que représente pour vous l'idéal olympique ?
Je pratique un sport amateur donc dans l'esprit de Pierre de Coubertin. Personnellement, j'apprécie l'idée de trêve olympique même si ça ne marche pas très bien à notre époque. Mais ça me plaît. Et puis il y a aussi le Village olympique et tout le melting-pot qu'on y retrouve. Quand vous allez dans l'immense tente qui sert de restaurant, vous vous trouvez avec cinq milles personnes qui viennent du monde entier. Des judokas ou des haltérophiles de cent kilos sont assis à côté de gymnastes qui en pèsent trente-cinq ! Il y a plein de tenues vestimentaires ou d'habitudes alimentaires différentes. Tout ça donne en plus un brouhaha charmant. Si tout se passait aussi bien qu'au Village, il pourrait ne plus y avoir de problème dans le monde. Mais cela n'entache pas non plus ce qui se déroule durant les Jeux.

«Aux JO, le psychologique a aussi son importance»

Parlons un peu de votre victoire à Athènes. Comment avez-vous vécu les minutes qui ont suivi ?
Le meilleur souvenir de notre victoire à Athènes, avec Sébastien Vieilledent, ce sont les trois cents derniers mètres de notre finale. On savait qu'on avait gagné et rien ne pouvait nous arriver. Je n'ai pas atterri tout de suite car la compétition a été très épuisante. En plus, il y a eu la décompression psychologique. Donc je me suis surtout satisfait d'avoir gagné une course plutôt que d'avoir remporté une finale olympique. Ce n'est que dans l'agitation des médias que j'ai commencé à analyser mais il m'a encore fallu quelques heures pour passer le cap.

Quand on participe aux Jeux, a-t-on la possibilité de suivre d'autres épreuves ?
Oui, à Sydney, j'ai eu la chance de voir la finale du tournoi de basket entre les Etats-Unis et la France. Ça a été un grand moment, surtout que nous étions au bord du terrain, comme si nous étions des ramasseurs de balle. A Athènes, j'ai voulu voir une session d'athlétisme parce que c'était le sport roi. Mais je suis reparti pratiquement aussitôt après ma victoire car j'avais une petite fille depuis le mois de mars et, en tout et pour tout, je n'avais passé qu'une dizaine de jours avec elle. On a toujours le choix entre rester jusqu'au bout des Jeux ou partir dès la fin de notre compétition.

Enfin, quel conseil donneriez-vous à un sportif qui va participer à ses premiers Jeux ?
Le premier jour, tu en profites au maximum. Mais, le deuxième, tu rentres dans ta compétition. Parce que c'est la plus dure au monde. S'il y a les mêmes aspects physiques et techniques, le psychologique a aussi son importance.»


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