Handball - Le portrait de LUC ABALOABALO, L'ENVOL DE L'ARTISTELuc Abalo est l'homme des buts spectaculaires en équipe de France. C'est aussi le dernier joyau du hand tricolore. 2008 est, pour lui, une année décisive. L'ancien joueur d'Ivry va découvrir les Jeux Olympiques, à Pékin, puis le très prestigieux championnat espagnol. En 2005, Grégory Anquetil, « Barjot » historique et double champion du monde, met un terme à sa carrière internationale. Un an plus tard à l'Euro organisé en Suisse, son successeur à l'aile droite de l'équipe de France se nomme Luc Abalo. Il a vingt-et-un ans, joue à l'US Ivry, son club formateur, et ne compte que dix apparitions sous le maillot bleu. Mais il finit le tournoi avec la médaille d'or autour du cou et a bien apporté sa pierre à l'édifice (30 buts en huit matches). La révélation de l'Euro, c'est lui. Deux ans après, Joël Abati, ailier lui aussi, n'a pas oublié. « Il m'a surpris, glisse-t-il. Je ne le connaissais pas trop, même si je savais qu'il avait des qualités. J'ai tout de suite adhéré à ce petit bonhomme. » Les ailiers au hand, ce sont ces hommes volants et virevoltants capables de loger le ballon dans un angle impossible du but adverse. « C'est un poste que j'aime bien, confie Luc Abalo. C'est l'ailier qui est maître de ce qui va se passer. C'est lui qui prend la décision de tirer ou non. La plupart du temps, on peut prendre l'avantage sur le gardien et faire de belles choses. » Sur les parquets, Abalo est un créateur. A l'entraînement, il lui arrive de marquer après avoir effectué un tour complet sur lui-même. Il peut aussi conclure des contre-attaques en arrivant lancé devant le but pour finalement pousser simplement le ballon dedans. Cauchemar dans la tête du gardien qui ne sait quelle parade adopter... Créateur sur un terrain, créateur en dehors du terrainRapide, fin, Abalo s'éclate dans ce rôle, lui qui avait pourtant commencé à jouer à l'arrière. Il travaille sans relâche ses compositions à l'entraînement, souvent dans son coin avec Michaël Guigou, un autre homme volant. Ce qui fait dire à Claude Onesta, l'entraîneur de l'équipe de France, dans L'Equipe du 1er février 2007, que Luc Abalo est un peu « ailleurs » et ne se plaît « qu'au pays de oiseaux ». Mais le joueur francilien se défend d'être un électron libre : « Parfois, je vais tenter des choses difficiles qui ne vont pas forcément marcher et, pendant un match, je vais faire simple et mettre un but. C'est pour ça que Claude Onesta a cette impression qu'on n'écoute pas ce qu'il dit. Mais on l'écoute tout en tentant des gestes et en essayant de se perfectionner sur ce que je ne maîtrise pas. » Et le patron des Bleus d'abonder dans le même sens : « L'entraîneur n'est pas l'ennemi de l'artiste. C'est celui qui essaye de faire en sorte que la performance du joueur soit d'abord acquise sur les gestes fondamentaux, qu'il soit ensuite capable d'y intégrer des gestes d'exception. Ce que j'attends de Luc Abalo, c'est qu'il soit bon dans les gestes simples, qu'il réussisse les tirs faciles. S'il veut nous sortir des trucs dont il a le secret, nous, on est preneurs. » Onesta rebondit toutefois sur les nombreux ballons gâchés par son joueur : « Il a peut-être encore des paliers à franchir pour être une star au plus haut niveau. Quand il rate un tir facile, c'est un défaut, une limite à sa performance actuelle. Il faut qu'il ait la régularité et la capacité à jouer les moments clés de façon performante. Mais c'est aussi un jeune joueur et il faut accepter qu'il passe à travers, mais le moins souvent possible. » Pour Abati, Zidane-Abalo, même combatCar l'année 2008, déjà marquée par une médaille de bronze à l'Euro au mois de janvier, sera celle du départ pour l'ailier français. Au mois de septembre, il découvrira le Championnat d'Espagne, l'un des plus prestigieux d'Europe, sous les couleurs de Ciudad Real. Là où joue Didier Dinart, là où trône la coupe remise au vainqueur de la dernière Ligue des champions. Dans cette ville située à deux cents kilomètres de Madrid, Luc Abalo va découvrir un nouveau handball, éloigné de celui d'Ivry, là où il a tout appris, le seul club qu'il ait jamais connu également. Il va passer d'un groupe « convivial » et « familial » à une équipe où chaque poste est occupé par une pointure mondiale. « Ça va être dur de quitter ma ville, mais moins mon club », dit-il. Au hand, on tacle rarement mais, là, Luc vise en direction des dirigeants franciliens qui ont mis du temps à laisser filer leur diamant brut en Espagne. « Ça a joué sur l'aspect psychologique et mes résultats, lâche Abalo. Je ne suis pas rancunier mais ça restera gravé dans ma mémoire. Il était temps de partir.» |
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