GRAND PRIX DE GRANDE-BRETAGNEHAMILTON SO BRITISH !Lewis Hamilton est passé entre les gouttes pour s'offrir son Grand Prix national pour la première fois et revenir au niveau des deux pilotes Ferrari en tête du Championnat du monde. Sur une piste ultra piégueuse et changeante, la McLaren-Mercedes a terminé avec plus d'une minute d'avance sur la BMW de Nick Heidfeld, deuxième. «Je priais pour finir la course»A l'issue de sa tonitruante première saison en F1, on pouvait estimer qu'il restait trois grands défis à relever pour Lewis Hamilton. Un : devenir champion du monde bien sûr, deux : remporter à Monaco l'épreuve la plus mythique de la saison, trois : gagner son Grand Prix national. Ces deux derniers défis ont donc été tenus, et haut la main. Mais pour relever le premier challenge, il lui faudra éviter les hauts et bas qui caractérisent sa saison 2008 et qui lui ont valu un accueil relativement froid de la part de la presse britannique après deux courses sans point. Et c'est justement parce qu'il lui a fallu lutter jour après jour après les critiques que cette victoire acquiert une saveur particulière. «Vous imaginez l'émotion qui peut être la mienne, a réagi le jeune Anglais. Je veux dédicacer cette victoire à ma famille. Elle vient de vivre deux semaines difficiles mais elle m'a toujours supporté. Ce matin, mon petit frère m'a dit : ne t'inquiète pas.» Quatrième sur la grille, un an après avoir signé la pole position ici-même, Hamilton n'avait ni satisfait les fortes exigences locales, ni vraiment placé sa McLaren sur les bons rails. A VOIR AUSSIMais ce qu'il avait perdu le samedi, Hamilton l'a vite repris le dimanche. Deuxième dès l'amorce du premier virage, il aurait pu s'emparer de la tête s'il n'était tombé sur un coéquipier encore plus culotté que lui. Parti pour la première fois de sa carrière de la pole position, Heikki Kovalainen a réussi à protéger sa première place durant un peu plus de quatre tours avant de se faire dépasser avec un goût d'inéluctable. «Attendez de voir en course les stratégies de chacun et vous comprendrez mieux...», avait prévenu Ron Dennis. On a vu mais on n'a pas toujours compris, avouons-le, la pluie s'en mêlant souvent, parfois sous forme de bruine, parfois sous forme d'averse, s'arrêtant même quelquefois. Les stratégies se sont donc écrites en temps réel. Quelques fois réussies, comme le montre l'incroyable écart créé par Hamilton avec plus d'une minute d'avance au final sur le deuxième, Nick Heidfeld, et un tour pris au trio Kimi Räikkönen - Fernando Alonso - Kovalainen à huit boucles de l'arrivée. Comme le montre également la troisième place de Rubens Barrichello, qui a su anticiper le redoublement de la pluie avec un passage en pneus adaptés aux conditions extrêmes. Les stratégies ont quelques fois été totalement ratées, comme celles décidées par Ferrari. Au 21e tour, Kimi Räikkönen était dans l'aileron arrière de l'Anglais à la sortie de son premier ravitallement... où il ne changea pas de pneus. Neuf tours plus tard, alors que la pluie avait gagné en intensité, le champion du monde en titre revenait aux stands après avoir perdu plus d'une minute sur la tête ! Quant à Felipe Massa, il a terminé dernier après six tête-à-queue... «Je priais, priais, priais juste pour finir la course», a confié Hamilton après la course, tant l'adhérence ultra-précaire a transformé les voitures en savonettes. Onzième à l'arrivée, Sébastien Bourdais peut en parler, lui qui a vu deux fois des monoplaces devenues incontrôlables lui passer sous le nez. Mais c'est aussi cette pluie qui fait la force du succès de Hamilton. «C'est de très loin la plus belle victoire que j'ai jamais obtenue, déclarait-il à l'arrivée. C'est aussi une des courses les plus difficiles que j'ai disputées. C'était extrême, probablement autant qu'à Fuji l'an dernier, même avec moins de pluie» Mais Hamilton avait à peine besoin de déclarer sa joie, son attitude exubérante valant toutes les confessions. Ce troisième succès de la saison lui permet de revenir au niveau des deux pilotes Ferrari au Championnat, deux points devant Robert Kubica, sorti de la piste ce dimanche. Voilà qui promet une deuxième moitié de saison encore plus intense que la première. |
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