
| Sébastien Bourdais avec le staff de Toro Rosso en train de reconnaître le circuit de Sakhir. (L'Equipe) |
Au coeur de la F1
Cette saison, Sébastien Bourdais vous fait vivre la F1 de l'intérieur en exclusivité sur L'Equipe.fr et L'Equipe TV. Il revient dans cette chronique sur sa terne quinzième place au Grand Prix de Bahreïn : sa déception de n'avoir pas gagné de place en course, la difficulté des départs, les à-côtés (affaire Mosley, famillle) et la future Toro Rosso.
«Je poursuis mon apprentissage»
«Le troisième Grand Prix de ma carrière n'a rien eu de très excitant. Si j'étais satisfait de me qualifier parmi les quinze premiers pour la première fois, je suis déçu de ne pas avoir pu gagner de place en course. Nous avons pris le départ en pneus prime, les plus durs mis à notre disposition, et je pense que c'était une erreur. La voiture était très lente et manquait de grip lors du premier relais. Cela a permis à Piquet Jr de me dépasser avec sa Renault. Ensuite, je me suis vite retrouvé esseulé en piste. J'ai roulé de manière constante, sans faire de faute. Bref, j'ai vécu une course sans histoire mais sans grande excitation non plus. Le côté positif, c'est que j'ai engrangé des kilomètres et de l'expérience. C'est toujours bon à prendre.
Les Ferrari réalisent un beau doublé mais je ne me focalise pas trop sur ce qui se passe devant, car c'est une autre planète. Nous sommes une petite équipe, cela ne nous rend pas la vie facile. De mon côté, je poursuis mon apprentissage, notamment dans la gestion de l'évolution de la piste au long du week-end. En ChampCar aussi, l'adhérence variait entre les essais et la course, mais c'est encore plus marqué en F1 car ces voitures ont peu de grip mécanique. Je m'applique aussi à être là au bon moment en qualifications et à ne pas faire de faute au moment où ça compte. Ça s'est bien passé ici. Je réapprends aussi à gérer les départs en fin de peloton, car j'avais perdu l'habitude d'avoir autant de caisses devant moi ! Ça fait bizarre, on est tributaire de l'accordéon au premier virage, on ne peut pas freiner là où on veut. On a tendance à être sur la défensive, avec le risque d'ouvrir la porte pour ceux qui arrivent derrière.
Après ma femme Claire en Australie en en Malaisie, c'était au tour de mes parents de m'avoir accompagné à Bahreïn. Ça m'a fait plaisir que mon père soit là car, malgré tout ce qui a pu être dit ou écrit de pas très agréable, je ne serais pas là sans lui. Je suis content qu'on partage ça. Il est relax, il n'a plus le stress de courir après les sponsors, ce qui fait que notre relation est beaucoup plus saine, plus équilibrée.
On a beaucoup parlé de ''l'affaire Mosley'' dans le paddock ce week-end, mais aux Etats-Unis, ça aurait été encore pire, ça aurait carrément été le scandale de l'année ! Je n'ai pas d'avis personnel et on n'en a pas parlé entre pilotes car nous sommes tous concentrés sur notre travail. Je commence à m'intégrer dans le paddock. J'ai de bons contacts avec Jarno Trulli par exemple. C'est pratique, il parle français !
Voilà ! Maintenant direction Barcelone pour des essais puis pour le Grand Prix d'Espagne. Lors des tests, la semaine prochaine, nous roulerons avec la nouvelle voiture, que nous espérons utiliser à partir du Grand Prix de Turquie. On devrait faire un bon pas en avant. Pendant que nous étions à Bahreïn, la voiture a fait 900 kilomètres sans connaître de soucis, c'est encourageant. La STR2-B devrait donc finir sa carrière à Barcelone la semaine suivante, à l'occasion du quatrième Grand Prix de la saison. Je vais enfin rouler sur un tracé que je connais. Cette course s'annonce d'autant plus sympa qu'il paraît que beaucoup de supporters français font le déplacement. Alors rendez-vous en Espagne !»