MSN Sports Formule1 - Di Meglio : «Toujours pas réalisé»
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08/10/2008 | 16:13| Moto - 125cc

Di Meglio : «Toujours pas réalisé»

Tout juste sacré champion du monde en 125 cc, dans la foulée de sa victoire au Grand Prix d'Australie dimanche, Mike Di Meglio (photo L'Equipe) était de passage dans nos locaux, mercredi. Cela a été l'occasion pour lui de revenir sur un titre dont il ne réalise toujours pas la portée. Entretien avec un pilote resté simple mais qui croit en son avenir.

« Mike Di Meglio, qu'est-ce que cela fait d'être champion du monde ?

Cela fait plaisir! C'est beaucoup de travail... C'est sûr que je n'arrive toujours pas à réaliser. Mais, dans ma tête, ce n'est qu'une étape parmi tant d'autres. Enfin j'espère. J'ai envie de continuer et d'aller plus loin.

Quel est le sentiment qui domine ? La fierté, le soulagement ? Tout cela à la fois ?

C'est beaucoup de bonheur. Parce que c'était une année difficile, où il fallait rester concentré, ne rien lâcher, ne pas aller à la faute. Bon, j'ai fait une erreur quand même, mais c'est comme ça! Non, vraiment, c'était une année très dure.

Au moment où vous avez franchi la ligne à Phillip Island...

Je ne savais pas que j'étais champion du monde ! J'étais super content parce que je venais de faire une course extraordinaire : gagner avec dix secondes d'avance sur le deuxième alors que c'est un circuit où, normalement, il est très difficile de partir. C'était magnifique. Et c'est juste en récupérant un drapeau qu'un fan m'avait donné que j'ai vu "champion du monde" sur la télé. J'étais super content et je n'arrivais pas à réaliser. Je voulais donner le maximum et essayer de gagner. J'ai réussi à le faire et après, ça a marché : champion du monde. C'était magnifique.

Si vous ne deviez retenir qu'une image de cette saison, laquelle serait-ce ?

Ce serait cette victoire en Australie. Le Grand Prix de France, devant mon public, c'était magnifique, mais ce week-end parfait en Australie, sur un circuit que j'adore, avec de supers temps en qualifs... Je n'aurais jamais pensé que c'était possible.

Le fait d'être devenu le premier Français à vous imposer au Grand Prix de France depuis 26 ans n'a-t-il pas ajouté de l'émotion à votre succès ?

Si, avant le Grand Prix, je savais que cela faisait longtemps qu'un Français n'avait pas gagné. Moi, j'étais super content ! On est chez soi, devant le public français, dès que je sortais d'un virage, je voyais tout le monde qui criait. J'étais "boosté". C'était franchement encourageant.

Et le fait d'être le premier Français couronné champion du monde depuis six ans n'ajoute-t-il pas un peu de pression ?

Pas du tout. Je fais ma route et ça se passe bien, donc j'en profite.

Vous avez commencé très jeune, à quatorze ans. N'était-ce pas trop jeune ?

Cela remonte à six ans. J'ai commencé à quinze ans en Grand Prix... Non, ce n'était pas jeune. C'était un choix. Ensuite j'ai eu des moments très difficiles où j'étais au fond du trou. Maintenant je suis tout en haut de l'échelle et ce n'est pas mal (sourire).

Parlez-nous justement de ces moments où vous étiez "au fond du trou". N'avez-vous jamais été découragé ?

Si. Il y a eu des moments de découragement. Je ne savais plus si c'était moi qui n'y arrivait vraiment plus ou si c'était la moto. Dans ces moments-là, on essaie de se remettre en question mais on ne sait plus où trouver la solution. On ne sait pas où est la sortie. C'est vraiment très difficile.

Comment avez-vous fini par trouver la solution ?

En fait, d'une course à l'autre. Il y avait des courses où ça n'allait vraiment pas, il y en avait d'autres où les conditions faisaient que ma moto était un peu mieux, donc ça reboostait. Et c'est justement là que j'ai eu la meilleure moto et la meilleure équipe. Aujourd'hui on est tout le temps bien.

Qu'avez-vous appris dans ces moments-là ?

Que dans les moments durs, il faut rester concentré. Mais je pense que c'est un tout qui fait que tout se passe mieux, car moi je me suis toujours remis en question, j'ai toujours essayé d'avancer. Durant cette année difficile, l'an dernier, où je n'arrivais pas à comprendre pourquoi les choses se passaient si mal, j'ai eu l'occasion de voir qui est qui dans le paddock. Maintenant, j'ai beaucoup plus de monde autour de moi. (sourire) Beaucoup plus d'amis...

Etes-vous inquiet pour la saison prochaine, car il n'y a rien de signé pour le moment ?

Non, il n'y a rien de signé. Mais, moi, j'essaie de rester concentré sur mes deux dernières courses et de laisser mon manager s'occuper de ça. Je pense que si je fais bien mon travail, ça se passera bien. J'ai envie de finir en beauté.

Vous le dites: vous ne comptez pas vous arrêter là. Ce qui veux dire ?

Le tracé de Valentino Rossi, c'est magnifique, mais je ne pense pas que je pourrai faire comme lui. (sourire) Si je me bats tout le temps aux avant-postes, je pense que ce sera déjà un beau cadeau pour moi. Rossi, il ne lâche jamais l'affaire, il se remet tout le temps en question, c'est un grand pilote. Je vais essayer d'en faire autant. Après, on verra si ma capacité de pilote me permet de faire de grandes choses.»

Propos recueillis par Myrtille RAMBION

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