03/07/2008 | 19:13| Foot - BleusLe rêve d'un nouveau Domenech![]() Le conseil fédéral de la FFF a décidé, jeudi, de maintenir Raymond Domenech à son poste de sélectionneur de l'équipe de France. Il ne s'est pas mêlé de sa gestion sportive, mais lui a demandé de changer de style et a promis de l'encadrer de tous les côtés. Chronique d'une rentrée qui s'annonce baroque. CE QUI S'EST PASSÉ EN JUIN Après l'élimination, Jean-Pierre Escalettes a, comme a priori, l'idée de conserver son «tandem» avec Raymond Domenech mais de dresser un bilan sans concession de l'Euro 2008. Il vit l'épisode suisse comme un «échec retentissant». La majorité des consultations qu'il conduit le conforte dans l'idée que la rupture est une fausse bonne idée. Il ne s'intéresse pas à une possible succession, mais cherche chez le sélectionneur en place la persistance d'une flamme et une autocritique sincère. Il dit aujourd'hui avoir trouvé les deux. Les soutiens des joueurs à Raymond Domenech trouvent en lui une oreille attentive. Ceux de Michel Platini et Gérard Houllier emportent ses quelques doutes. Les anti-Domenech imaginent que ce ''climat pro-maintien'' un peu trop insistant pourrait agacer les membres du conseil. C'est une erreur. COMMENT S'EST DEROULÉ LE CONSEIL FÉDÉRAL Le conseil fédéral de la FFF est le gouvernement du football français. Une réunion embrasse une quantité de sujets, la plupart très techniques. Réuni à 9 heures, jeudi, avec dix-neuf présents (sur vingt-et-un membres, dont Michel Platini, excusé), il met presque deux heures à aborder la question de la sélection. Raymond Domenech, invité à se justifier, expose les raisons, selon lui, de l'échec, avec une propension au mea culpa plus forte qu'au lendemain de la défaite contre l'Italie (0-2), mais sans donner d'éclairage sur sa direction proprement technique. Les sujets périphériques - l'isolement, la communication - cristallisent la rancune, car elles ont abouti au «désamour» du public. Les dirigeants concèdent leur erreur : avoir laissé faire, dans la foulée de la Coupe du monde 2006. Puisque les torts sont partagés, Raymond Domenech ne craint plus grand-chose. Il accepte, et propose même, certaines des solutions qui arrêteront de faire de lui le seul maître à bord. Il repart en acceptant de voir sa mission réduite à un seul espace : le terrain. Le conseil fédéral vote à main levée : dix-huit pour, une abstention. UN ENVIRONNEMENT CHAMBOULÉ Gérard Houllier, en concertation avec Raymond Domenech, va mener cet été un audit qui aboutira à redéfinir les contours du staff entourant le sélectionneur. Le fait que le DTN soit personnellement impliqué prouve que le volet technique est au coeur des discussions. C'est pourtant le secteur médical qui semble le plus sujet à discussions depuis la conférence de presse de Patrick Vieira, puis les déclarations des cadres du Bayern Munich après la blessure de Franck Ribéry, sur de possibles erreurs de diagnostic sur les blessures de ces deux joueurs. Enfin, la cellule communication est forcément, vu le contenu des propos de Jean-Pierre Eescalettes, sous observation elle aussi, même s'il faudrait être malhonnête pour ne pas imaginer que Domenech a décidé lui-même de son message et des supports qui le véhiculent. La réforme du staff sera menée en parallèle avec la constitution d'un club France 2010, plus technique et politique, visant à décharger le sélectionneur de la sécurité, l'hébergement, la logistique. Un secrétaire général accompagnant toutes les sélections sera nommé. Il y a quelques semaines pour mener le chantier : les Bleus jouent le 20 août en Suède, et ce petit monde va partir en vacances... RAYMOND NE FERA PLUS DU DOMENECH Le conseil fédéral demande à Raymond Domenech de rester le sélectionneur des Bleus tout en reniant la façon dont il gouverne son équipe depuis plusieurs années. Cela promet une rentrée baroque, mais c'est à ce prix que l'ex-patron des Espoirs conservera les A. Les changements devront redorer l'image des Bleus, piétinée par son séjour en Suisse. En premier lieu, Domenech devra amender sa communication, être moins jaloux de ses secrets, faire de vraies réponses, et laisser les membres de son staff s'exprimer. Les joueurs devront venir parler aux journalistes plus souvent et être moins refermés sur eux-mêmes, car c'est ainsi qu'ils s'adressent à leur public, leur dira le président de la FFF en leur tendant un contrat d'engagement. Une campagne de communication «agressive dans le bon sens du terme» aidera l'équipe de France à reconquérir son public. Rien cependant ne la boostera plus que ses résultats et son style de jeu. UN NOUVEAU STYLE ? Jean-Pierre Escalettes a adoré l'Euro. Gérard Houllier dit depuis longtemps que l'avenir appartient au football offensif. L'un et l'autre estiment que la France possède les joueurs pour y parvenir et font comprendre au sélectionneur que son style défensif n'est plus le bienvenu. Indépendant et convaincu comme il l'est, il est presque surprenant que le sélectionneur ait accepté un cahier des charges si contraignant. Mais il est «intelligent», aussi, disent les membres du conseil fédéral. L'avenir dessine deux possibilités. Soit le fameux cahier des charges explose sous la personnalité d'un homme qui conservera la main sur l'essentiel. Il ne pourra le faire que si les résultats des qualifications pour la Coupe du monde suivent. Soit, si cette nouvelle organisation ne permet pas à l'équipe de se comporter en patronne de son groupe, Raymond Domenech sera placé face au constat de son échec avant 2010, peut-être même avant 2009. Car si échec il y a, il sera, cette fois, moins partagé. Sa responsabilité, désormais, c'est «le terrain, seulement le terrain». - Cé. Ro. Voter pour cette article:
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