03/07/2008 | 16:12| Foot - BleusComment Escalettes a décidé![]() Quatre critères d'importance inégale, l'influence de Michel Platini et Gérard Houllier, la confiance des joueurs et son intime conviction: voilà ce qui a poussé Jean-Pierre Escalettes (Photo L'Equipe) à orienter le conseil fédéral vers sa proposition de conserver Raymond Domenech à la tête des Bleus, proposition largement suivie. Le président de la FFF a aussi été aiguillé par son souci d'équilibre, a-t-il expliqué jeudi, malgré la violence de l'échec de l'Euro. «Je ne voulais pas que la passion l'emporte sur la raison. J'aurais pu prendre la décision de l'instinct et ça n'aurait pas été la bonne.» M. Escalettes a consulté. Beaucoup. Et pas seulement des amis du sélectionneur. «Tous les éléments qu'on m'apportait n'étaient pas en faveur de cette solution». Mais deux, parmi les nombreux avis favorables à Domenech, ont pesé. Celui de Michel Platini, le président de l'UEFA. «Je suis allé à Vienne uniquement pour ça : je n'ai pas vu la finale de l'Euro.» Et celui du DTN Gérard Houllier, qui n'a pas toujours eu, pourtant, de relations pacifiées avec celui qu'il a qualifié de «nouveau sélectionneur», pour faire comprendre l'ampleur des changements attendus. «C'est forcément assez subjectif, convient Jean-Pierre Escalettes. Mais quand je m'adresse à ces pontes et qu'ils me confortent dans cette idée, je me dis que ce n'est pas anodin.» Ses critères de jugement, Jean-Pierre Escalettes les a lui-même présentés dans l'ordre suivant : l'argent, la morale, la politique, et le sportif «qui prime, évidemment». L'argument financier pesait environ un million d'euros. Telle serait l'enveloppe à verser à Domenech en cas de licenciement à deux ans du terme de son contrat. Mais Jean-Pierre Escalettes l'a «très vite mis de côté». La bonne santé des comptes de la FFF permettait de débloquer le magot. La morale, il y tenait. «J'aime être loyal, je n'aime pas déchirer les contrats. La Fédération a un devoir d'exemplarité.» Mais il l'avait déjà dit. La politique lui inspirait «d'assurer une continuité» pour l'équipe de France, qui est le «patrimoine» commun de toutes les équipes fédérales. Un peu abstrait... Mais entre tous, l'argument «du terrain» a sauvé le sélectionneur d'un destin à la Roger Lemerre, remercié après l'échec au premier tour de la Coupe du monde 2002. Et cela alors qu'aucun compte ne lui a été demandé sur sa gestion des matches. Interrogé par le gouvernement de la FFF, «Raymond Domenech n'a pas abordé un problème tabou devant nous, qui est son domaine réservé, celui du choix des joueurs, dit Jean-Pierre Escalettes. Ni sur la tactique, ni sur le coaching. A lui de faire son auto-critique.» Houllier : «Une ''no win'' situation» «J'ai essayé d'être le plus neutre et le plus objectif possible, raconte Jean-Pierre Escalettes. Le palmarès de Raymond Domenech n'est pas mauvais, qu'on le veuille ou non. Il y a la finale de la Coupe du monde 2006, et il nous a qualifiés pour deux compétitions majeures consécutives.» Gérard Houllier estime de son côté que Raymond Domenech se trouvait dans une «''no win'' situation» (en anglais: ''situation où il était impossible de gagner''). Car ses cadres avaient eu une saison trop perturbée pour briller, et car les jeunes, livrés à eux-mêmes, n'y seraient pas arrivés seuls. «Quand, poursuit Escalettes, dans le processus de consultation, on vous dit qu'il (le sélectionneur) n'est pas si mauvais que ça, que les joueurs, on les a, qu'on voit que c'est lui qui a amené cette jeune génération», la situation était réunie pour donner au sélectionneur les moyens de rebondir. «Il a donné sa première sélection à beaucoup de joueurs. Ce n'est pas anodin dans leur psychologie. J'en ai consulté un grand nombre, ils font confiance à leur sélectionneur, et de toutes les générations. Certains ont été extrêmement spontanés et m'ont appelé. La confiance venait aussi bien de la classe biberon que des anciens. Ça prouve quelque chose. S'il y avait quelque chose d'extrêmement négatif (entre le coach et les joueurs), je ne l'ai pas senti.» Ce que voulait aussi ressentir le président de la FFF, c'est la force intérieure de son sélectionneur. «Je l'ai reçu pendant des heures et des heures. On est déterminé sur un objectif, la Coupe du monde 2010. Elle est dans son contrat, même si je ne suis pas en train de dire qu'on avait prévu de faire l'impasse sur 2008. Il est déterminé à subir la pression, il a pratiquement une obligation de résultat, de montrer que l'équipe de France a changé.» Sur le style de jeu, de management et de communication, c'est en un mot ce qui a été demandé au sélectionneur : changer. Mais changer un homme ayant la personnalité et les convictions de Raymond Domenech, à 56 ans, voilà un chantier d'une ampleur stratosphérique. Jean-Pierre Escalettes assure l'avoir bien mesuré. Face à ses dix-neuf juges, le sélectionneur a réussi à les convaincre qu'il y parviendrait, jeudi. Ça ne vaut pas trois points dans le groupe de qualifications pour la Coupe du monde. Mais c'est une vraie victoire. - Cé. Ro. Voter pour cette article:
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