L'ALLEMAGNE A MONTRÉ SES LIMITESPositionnée dans son habituel 4-2-3-1, dimanche en finale de l'Euro contre l'Espagne, l'Allemagne a donné le maximum mais laissé filer le trophée (0-1). Si le retour de Frings au milieu lui a fait un bien fou, la Nationalmannschaft a payé son manque de solidité défensive. L'Allemagne n'a pas démérité. Elle a même donné «tout ce qu'elle avait» contre l'Espagne, d'après son coach. Mais cela s'est avéré insuffisant pour espérer battre une Seleccion bien plus vive qu'elle, mais surtout autrement plus solide. La Nationalmannschaft n'a finalement jamais vraiment donné l'impression de pouvoir contester la supériorité de son adversaire, dimanche en finale (0-1). Pour cela, il lui aurait fallu retrouver la recette qui lui avait permis de si bien museler les Cristiano Ronaldo ou autre Deco, en quart de finale (3-2). Elle l'a visiblement laissée traîner au fond d'un tiroir. Certes, il y a eu du mieux, défensivement, par rapport à la grande sensation de vide ressentie contre la Turquie, mercredi (3-2). Le retour du précieux Torsten Frings, au milieu de terrain, n'y est certainement pas pour rien. Et puis le très irrégulier Jens Lehmann s'est, pour une fois, montré dans un bon jour. Mais cela n'a pas suffi à masquer la relative faiblesse du bloc défensif allemand dans son ensemble. La charnière centrale Metzelder - Mertesacker, jugée trop lourde par bon nombre d'observateurs allemands avant le début de la compétition, n'a tout simplement pas été à la hauteur de l'évènement. Pris à défaut à la moindre accélération espagnole, l'un et l'autre n'ont jamais su combler leur manque évident d'explosivité par une science du placement indispensable à ce niveau. Ils sont d'ailleurs tous deux absents sur l'ouverture du score de Fernando Torres, parti dans leur dos. Philipp Lahm, en avance sur le petit prodige espagnol avant de se faire dépasser, n'est pas non plus exempt de tous reproches sur ce coup-là. Reste à savoir s'il souffrait déjà, à ce moment-là, de la blessure au pied qui a contraint son coach à le sortir à la pause. Toujours est-il qu'un seul homme a suffi à mettre une défense entière à l'agonie, et ce durant tout le match. Si l'Allemagne a au moins eu la chance de croire au miracle jusqu'au bout, elle le doit avant tout à un Jens Lehmann loin d'être parfait sur l'ensemble du tournoi, mais qui a su à plusieurs reprises jouer les pompiers de service face à Xavi et consorts. Sans quelques réflexes bien sentis de l'ancien gardien d'Arsenal, souvent abandonné par sa défense, le sort de la rencontre aurait été plié bien avant. Le quatuor offensif Ballack - Schweinsteiger - Podolski - Klose n'ayant pas non plus montré grand-chose devant, il aurait fallu un véritable miracle pour que cette Mannschaft reparte avec le quatrième trophée européen de son histoire. L'Allemagne a évolué sur un fil en défense : cinq buts encaissés dans le tableau final, onze tirs cadrés contre elle en demi, sept en finale. Son aventure dans le tournoi devait forcément s'arrêter à un moment ou à un autre. Elle a pris fin lors du dernier round. Cruel, mais logique. |
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