LA VIEILLE DAME N'EST PAS MORTERétrogradée en Serie B en juillet 2006, la Juventus de Turin s'est formidablement bien relevée du "Moggiopoli" qui aurait pu la couler. L'an passé, sa première saison parmi l'élite depuis le scandale a été surprenante (3e). Cette saison, la Vieille Dame est redevenue la terreur qu'elle a toujours été, sur les terrains de la Botte comme au plan continental. Troisième de la Serie A après douze journées, à seulement trois points du leader intériste qu'elle rencontre dimanche (20h30). Déjà qualifiée pour les huitièmes de finale de la C1 après quatre journées malgré un groupe comprenant le Real Madrid et le Zenith Saint-Petersbourg : si la Juventus de Turin réalise un très bon début de saison, elle le doit à plusieurs facteurs. A VOIR AUSSIL'Europe lui a fait un bien fouPerformante au niveau comptable dès le début de saison en Serie A ou en C1, la Juventus a eu plus de mal dans le jeu. Victorieuse 1-0 du Zenith de manière un peu imméritée et en difficulté sur le terrain de Borisov (2-2), la Vieille Dame semblait ne pas avoir confiance en elle. Mais sa double victoire magnifique face au Real Madrid (2-1 en Italie puis 2-0 à Bernabeu) lui a ouvert les yeux quant à son potentiel. Depuis son premier succès contre les Merengues du 21 octobre, elle a enchaîné sept victoires en autant de matches, toutes compétitions confondues. Une équipe solide malgré les blessésDeuxième meilleure défense de Serie A (8 buts contre en 12 journées), troisième équipe la plus hermétique de C1 (3 buts encaissés en quatre matches), la Juventus est solide. Pourtant, elle a vécu plusieurs semaines avec treize (!) joueurs à l'infirmerie : Andrade, Cristiano Zanetti, Zebina, Trezeguet, Buffon, Tiago, Poulsen, Marchisio, Grygera, De Ceglie, Salihamidzic, Legrottaglie et Camoranesi. N'importe quelle équipe aurait plongé suite à cette cascade de lésions. Mais la Vieille Dame possède un groupe étoffé et surtout très solidaire qui lui a permis de tenir le choc. Del Piero au sommet de son artSi Turin évolue à ce niveau, elle le doit surtout à Alessandro Del Piero. Franchise player de la Juve, Pinturrichio est peut-être en train de réaliser le meilleur début de saison d'une carrière commencée il y a dix-sept ans sous le maillot de Padoue. Deux ans plus tard, ce trequartista de génie rejoignait la Juventus pour ne plus la quitter. Depuis le début de saison, il a marqué huit buts en 15 matches toutes compétitions confondues. Face au Real Madrid, il a inscrit trois buts lors des deux rencontres jouées pour la compte de la phase de groupes de la Ligue des champions. Et il est sorti de Santiago Bernabeu sous les ovations du public espagnol. Un privilège rare. Intégration réussie des jeunes et des recruesLorsque le club est descendu en Serie B, les stars comme Vieira, Thuram, Cannavaro, Zambrotta, Ibrahimovic ou Emerson ont quitté le navire. La Juve a du faire confiance à ses jeunes comme Chiellini (24 ans), Marchisio (22 ans), Giovinco (22 ans) ou De Ceglie (22 ans). Après avoir gagné le retour en Serie A sur le terrain, ces espoirs n'ont pu être laissés de côté. Ils représentent la Juve d'aujourd'hui en compagnie des nouvelles recrues bien intégrées comme Amauri (23 millions d'euros et huits buts en dix-huit matches pour le moment), Mellberg (en fin de contrat avec Aston Villa), Poulsen (10 millions d'euros mais souvent blessé) ou Manninger (qui fait un bon intérim de Buffon). Une fin de saison en trombe ?Si le club est épargné par les blessures lors de la deuxième partie de saison, il pourrait finir 2008-2009 comme un boulet de canon. En effet, il faudra attendre le mois de janvier pour revoir Buffon, Trezeguet ou encore Zebina sur les terrains. Mais ces joueurs arriveront frais pour les huitièmes de finale de la C1 et pour la dernière ligne droite de la Serie A. Ranieri disposerait alors d'un groupe étoffé et pourrait faire tourner à sa guise. Mais pour se réserver une fin de saison à suspens, il faut commencer par battre l'Inter Milan, double champion en titre, ce samedi (20h30). |
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