MSN sports Football - EQUIPE DE FRANCE - France - Uruguay
Accueil | Football | dossier
Le latéral droit des Bleus, Rod Fanni, qualifie le match contre l'Uruguay de «bizarre». (L'Equipe)

France - Uruguay

ILS ONT SU SE DEFENDRE

Conscients d'avoir proposé un match décevant, brouillon et assez peu lisible contre l'Uruguay (0-0), les Bleus s'accrochent à leur inviolabilité retrouvée pour dire qu'ils n'ont pas perdu leur temps.


Ils n'ont pas cherché d'excuse, mais des «explications». Généralement, pour une soirée aussi triste que ce France-Uruguay (0-0), les analyses des joueurs n'épousent qu'imparfaitement les ressentis des journalistes auxquels ils les confient. La politique de l'autruche a connu plus d'une application dans les couloirs du Stade de France en pareille circonstance. Mais Thierry Henry, premier sorti mercredi, avant même le sélectionneur, a montré que la rupture était en marche en faisant un parallèle entre la nullité du résultat et celle du contenu. Rod Fanni admet aussi le côté brouillon de la production offerte et y ajoute un soupçon de perplexité. «C'était un match bizarre, avec un faux rythme, assez particulier, résume le latéral droit. Les Uruguayens ne se livraient pas vraiment. On a été supérieurs dans la tenue de balle et nombre d'occasions. Il y a eu pas mal de coups échangés... Il faudrait revoir tranquillement le match pour vraiment l'analyser

Raymond Domenech le fera. C'est son boulot. Mais il n'a eu besoin que de quelques secondes pour sentir tout ce qui avait manqué. «0-0, d'un côté, ça veut dire pas de but encaissé, et ça faisait longtemps que ça ne nous était pas arrivé. Le zéro dans l'autre sens, c'est parce que nous sommes dans une période compliquée, dit le sélectionneur. Je m'attendais un peu à ce genre de situation. Certains joueurs ont joué dimanche dernier, rejouent samedi, puis mardi ou mercredi en Ligue des champions. Des matches décisifs, et certains se rencontrent même. Ce n'est pas évident. Toutes ces imperfections dans le liant viennent de là. C'est toujours l'animation offensive qui en pâtit.» Domenech ajoute «avoir fait de la gestion de temps de jeu pour les clubs», ce qui, pour une fois, semble vrai. Commencé avec une moitié offensive d'équipe composée de Vieira, Ribéry, Gourcuff, Henry et Anelka, le match s'est terminé avec Alou Diarra, Benzema, Nasri, Briand et Savidan. C'est-à-dire, au passage, trois attaquants axiaux dont deux contrariés. «C'est un bon exercice» sourit Domenech. Le plus décevant est bien que cette équipe bricolée ait davantage pesé que l'équipe-type alignée au départ.

Gallas : «Il y a des jours sans»

Le sélectionneur contrairement à ses joueurs -«l'essentiel reste de gagner des matches» assène Evra- accepte l'adage selon lequel le résultat n'était pas l'objet principal de la soirée. «Ce qui était important, c'était de permettre à certains de se montrer, de tester d'autres associations et de ne pas avoir de pépins physiques». Si les nouvelles rassurantes livrées au sujet de Ribéry sont confirmées, la dernière mission aura été remplie. La première («permettre à certains de se montrer») aussi. Mais elle concerne surtout Steve Savidan, dont la fraîcheur a sorti la soirée de l'ennui, même si le descendant assumé de Jean-Pierre Papin aura besoin d'épurer son jeu pour recevoir la même onction populaire les soirs où ça comptera vraiment. Hugo Lloris n'a pas eu assez de travail pour marquer son territoire. Et parmi les autres, seule la rentrée d'Alou Diarra, dont le tranchant a révélé à Patrick Vieira tout ce qui lui manquait encore, a pu inspirer la tentation d'un vrai satisfecit individuel. Les associations ? Gallas et Mexès ont maintenant un souvenir commun honnête et peuvent envisager de continuer ensemble.

Les Bleus assurent enfin qu'aucune priorité n'avait été accordée au secteur défensif après neuf buts encaissés en cinq rencontres. «On n'est pas du tout rentré avec ça dans la tête, assure Lloris. La priorité, c'était de jouer, de se délivrer. Si on ne concède pas d'occasion, c'est simplement que tout le monde a fait son travail sur le plan défensif.» Mais Fanni admet une part d'inconscient : «Ces buts encaissés, c'est clair que ça faisait jaser. On voulait se rassurer. C'est bien qu'on n'ait plus rien à nous reprocher là-dessus. Dans le jeu aussi, on voulait avancer, mais il y avait pas mal d'essais.» Gallas résume : «Il y a des jours sans, mais il ne faut pas s'alarmer.» Domenech n'est pas tombé dans le piège que lui tendait un confrère qui lui demandait, en fin de conférence, s'il avait envie de revoir Savidan, dont le dynamisme a pu trancher avec celui de ses équipiers. «Lui, mais aussi Karim (Benzema), Samir (Nasri), Jimmy (Briand). Affectivement, j'ai envie de tous les sélectionner à nouveau. Mais il faudra faire un choix.» De l'eau aura coulé d'ici France - Argentine à Marseille. «Le prochain match est en février, j'ai l'impression que c'est le bout du monde.» France - Uruguay aura été oublié, et depuis longtemps


Publicité
< 1 2 3 4 5 >
    
Raymond Domenech a-t-il raison d'affirmer qu'il a changé?
OUI
NON