MSN sports Football - COUPE DU MONDE 2006 - Italie-France : 1-1 a.p., 5 tab à 3
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Le rêve est terminé. (L'Equipe.)

Italie-France : 1-1 a.p., 5 tab à 3

LE RÊVE AVAIT UNE FIN

L'équipe de France a perdu la finale de la Coupe du monde aux tirs au but contre l'Italie (1-1, 3-5), pour un petit rien : le tir de Trezeguet a été repoussé sur la ligne de but par la barre. Zidane a marqué, mais fut expulsé en prolongation.


Ce ne fut pas le fantasme de football auquel ressemblait pourtant l'idée de la fin de carrière de Zidane en finale de Coupe du monde. Mais ce fut une finale exceptionnelle par sa dramatique que l'équipe de France a perdue contre l'Italie? dans la nuit berlinoise. Exceptionnelle car elle s'est terminée aux tirs au but. C'est seulement la deuxième fois de l'histoire. En 1994, la Nazionale n'avait pas réussi, contre le Brésil, à donner une succession à son titre mondial de 1982. Elle l'a réussi cette fois-ci contre son pire ennemi, la France, qu'elle n'a pas vraiment battu : 1-1 à l'issue du temps réglementaire. L'Italie a raflé aux nerfs le morceau d'or, d'un souffle. Il a suffi que le tir au but de Trezeguet heurte la barre, retombe pile sur la ligne, et que personne ne rate rien ensuite. Jusqu'à dimanche, l'Italie n'avait jamais remporté une séance de tirs au but. Exceptionnelle finale, aussi, car Zidane fut bien le héros de la finale, le héros précoce (un but sur penalty à la 7e minute) puis le héros tardif, et définitif, quand il reçut le quatorzième carton rouge de sa carrière, à la 109e minute. Son crime : un coup de tête sur le torse de Materazzi. L'Italien devait l'avoir insulté et la fierté est parfois un vilain défaut. C'est une facette du personnage que le monde avait oubliée, celle qui lui avait coûté le Ballon d'Or en 2000. C'était pourtant la fin du film, "Zidane, un portrait du XXIe siècle", sorti il y a deux mois au cinéma.

Vu le scénario des tirs au but, ce n'était pas le tournant du match. Ce coup de théâtre a seulement consolidé l'envie latente des deux équipes d'attendre la loterie, dans une bronca hallucinante. Sa Coupe du monde, la France l'avait manquée quelques minutes plus tôt, quand Zidane avait placé sa tête là où il fallait, sur le ballon, obligeant Buffon à réaliser l'arrêt du match, le seul, toutes équipes confondues (104e). Ribéry, aussi, avait bien combiné avec Malouda avant de frapper de peu à côté (99e). Sur 110 minutes de vrai jeu effectif, l'Italie en a dominé quarante-cinq, la France un poil plus : la première moitié de la deuxième mi-temps, et les deux tiers de la prolongation. Un équilibre parfait aux points, au physique, au mental, dans la sensation d'une destinée proche. Le match avait été fidèle à ce qu'il fallait anticiper du choc entre les deux équipes les plus denses de la compétition et les plus intransigeantes sur le plan défensif. Les circonstances de jeu ont offert deux buts aux spectateurs dans les vingt premières minutes. Sur deux coups de pied arrêtés, naturellement. Zidane commença par inscrire son troisième but de la compétition sur un penalty en forme de panenka et de barre transversale rentrante (7e).

Pour l'Italie, ce fut alors comme si rien ne s'était passé. Plus mobile, plus tonique, elle prit le contrôle du ballon et du rythme. «Il n'est pas sûr qu'on ait à les bousculer», avait prévenu Domenech samedi, aussi était-il difficile de dire si l'équipe de France jouait avec le feu ou simplement avec ses moyens. La sanction n'a pas tardé avec l'égalisation du même Materrazzi de la tête sur corner (19e), un exercice sur lequel Luca Toni devait trouver la barre (35e). La France avait eu chaud, mais elle rétablit spectaculairement l'équilibre en seconde période. Vive, avec des individualités retrouvées - dribble, vitesse, culot - elle mis la défense italienne dans une très mauvaise passe pendant une grosse vingtaine de minutes. Il a manqué de la précision, de l'entente en somme. Ces séquences ont souligné que si la France s'était trouvé une vraie équipe en quinze jours, celle-ci n'était pas aboutie. Il lui manquait des automatismes devant, des joueurs capables de se trouver les yeux fermés une fois. Elle est allée au bout de son idée, et c'était presque au bout du monde. Mais à la fin, les Italiens caressaient la coupe à n'en plus finir. Thuram pleurait. Zidane peut-être aussi. Il n'est pas venu chercher sa médaille d'argent. Il a disparu.

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