MSN Sports Cyclisme - L'oeil de J.-F. Bernard
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24/07/2007 | 21:32| Cyclisme - TDF - Dopage

L'oeil de J.-F. Bernard

Jean-François Bernard, vainqueur de Paris-Nice en 1992, troisième du Tour de France et porteur du Maillot Jaune en 1987, est le consultant de lequipe.fr. Chaque jour, il nous livre son analyse et dissèque les enjeux de la course et de son environnement. L'annonce du contrôle positif de Vinokourov (Photo L'Equipe) est « un véritable coup de poignard » pour le Tour : «Il est passé du statut de Monsieur courage à celui de traître». Son cas, associé aux suspicions liées à Michael Rasmussen, enlève «tout intérêt sportif » à la course.

«Jean-François Bernard, comment réagissez-vous au contrôle positif d'Alexandre Vinokourov, qui vient de remporter deux étapes du Tour en trois jours ?

Je pense qu'il a planté un véritable coup de poignard dans le dos des organisateurs du Tour et de l'ensemble des spectacteurs. Il est passé du statut de Monsieur courage à celui de traître. "Vino", c'est quelqu'un que je respectais, il avait du panache et un tempérament offensif. J'avais cette image d'un coureur intelligent. C'est vrai qu'il avait choisi de collaborer avec le sulfureux Dr Michele Ferrari mais je me demande comment il a pu faire pour sauter le pas, tricher en sachant qu'il allait se faire prendre. Maintenant, j'attends de voir son système de défense et j'espère qu'il va parler. Jusqu'à présent, les coureurs attendent toujours la retraite avant de passer aux aveux.

La Rabobank a défendu la légitimité de Michael Rasmussen, malgré plusieurs manquement aux réglements anti-dopage ?

Michael Rasmussen n'aurait absolument pas dû être au départ du Tour. Ce n'est pas lui qui est responsable mais bien son manager Theo de Rooy. Il n'aurait jamais dû l'engager sur ce Tour avec tous les éléments dont il disposait. En le sélectionnant, il a immédiatement installé un climat de suspicion. Un coureur qui ne donne pas ses plans d'entraînement, qui disparaît au mois de juin, ça ressemble à quelqu'un qui veut passer à travers les mailles du filet.

La course peut-elle reprendre le dessus après toutes ces affaires ?

Pour moi, ce Tour n'a plus d'intérêt sportif. Jusqu'à Paris, cela va être un enterrement de première classe. Dans l'hypothèse d'une victoire de Rasmussen, l'épreuve sera vraiment au même point que l'année dernière, avec un vainqueur sans légitimité. Le Tour a vraiment besoin d'un champion crédible. Pourquoi pas arrêter la course ou envisager un mouvement de grèves des coureurs ? Tous ces événéments font que je n'ai plus envie de m'enflammer jusqu'à dimanche.

Propos recueillis par Anthony Thomas, à Pau.



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