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Portrait : Romain Feillu et Rémy Di GregorioLA JEUNESSE RONGE SON FREINL'un est grimpeur, aussi offensif que volubile, l'autre est un sprinteur opportuniste : Rémy Di Gregorio (Française des Jeux) et Romain Feillu (Agritubel) sont les symboles d'une jeune génération de coureurs français prêts à enflammer le public lors du Tour de France qui s'élance samedi. 2007 : les vétérans sauvent l'honneurEn 2007, le tableau d'honneur avait distingué une jeunesse insouciante: Alberto Contador grand vainqueur, Juan Mauricio Soler meilleur grimpeur, Amets Txurruka coureur le plus combatif. Trois coureurs de 24 ans effrontément offensifs. Et les Français ? Deux victoires d'étape pour le vétéran Cédric Vasseur (37 ans) et l'expérimenté Sandy Casar (28 ans) et une absence notable au classement général que ne cachait pas la 27e place de Stéphane Goubert (37 ans). Cette année encore, aucun représentant du cyclisme hexagonal ne peut prétendre sérieusement au podium sans un sérieux coup de pouce du destin mais plusieurs jeunes pousses semblent prêts à percer au grand jour. Annoncés comme les prochaines étoiles françaises, Rémy di Grégorio le grimpeur et Romain Feillu le sprinteur vont débuter leur deuxième Tour avec ambition. Pour oublier un premier semestre douloureux. A VOIR AUSSIRomain Feillu : un sprint d'une semaineObjectivement, Romain Feillu (Agritubel) a peu de chances d'achever la Grande Boucle cette année et les premières grosses ascensions pyrénéennes devraient le faire mettre pied à terre. Mais il s'agit là de son moindre souci. «Je ne suis pas fait pour les courses de trois semaines. Mon objectif, c'est d'être présent lors de la première semaine, me faire une place dans les sprints, et ensuite m'accrocher.» L'an dernier, la stratégie du vice-champion du monde espoirs 2006 avait porté ses fruits (deux cinquièmes places sur le Tour). Après une belle saison 2007 (victoire au Tour de Grande-Bretagne, Paris-Bourges.), il a néanmoins été stoppé en plein élan par une toxoplasmose qui a pourri son début de saison : «J'ai traversé des moments de doute mais dès que j'ai pu reprendre l'entraînement, je savais que je pouvais faire des résultats sans être à 100 % ». Impressions confirmées par une nouvelle victoire sur les Boucles de l'Aulne et des sprints convaincants au Tour du Luxembourg. «Sur le Tour, on sera deux dans l'équipe à disputer les sprints, avec Jimmy Casper. Chacun jouera sa carte de son côté. Les arrivées en côte comme à Plumelec (1re étape) me conviennent. J'aime bien les sprinteurs comme Mark Cavendish : il n'a pas besoin d'être emmené par toute une équipe comme Petacchi. Il ne panique pas et minimise son effort.» Rémy Di Grégorio : grimpeur au panache blancL'an dernier, Rémy Di Grégorio, le grimpeur de Marseille, n'avait même pas aperçu les premiers cols alpestres et encore moins sa ville natale. Une vilaine chute lors de la quatrième étape avait cassé son coude droit et une belle dynamique pour l'espoir de La Française des Jeux. Meilleur grimpeur du Dauphiné Libéré, son caractère offensif en montagne, son goût de l'effort et sa langue bien pendue en avaient fait le successeur désigné de Richard Virenque dans le cour du public. Une comparaison que le protégé de Marc Madiot (23 ans), qui vient de prolonger son bail avec la FDJ, préfère rejeter pour éviter toute pression : «C'est bien beau d'être un espoir. J'aimerais qu'on me laisse le temps de répondre à toutes les attentes qui reposent sur moi», expliquait-il dans L'Equipe en début d'année. Di Gregorio sortait alors d'une période frustrante de six mois sans compétition dont trois d'immobilisation pour son coude. Depuis, l'étoile naissante a retrouvé peu à peu son rayonnement : 10e du Tour Méditerranéen, il a retrouvé les devants de la course avec une échappée presque victorieuse sur le Tour de Romandie et une 16e place au Dauphiné Libéré quelque peu décevante. « Il avait de quoi finir dans les 10 premiers», estime son directeur sportif Thierry Bricaud. S'il reste pour l'instant sur sa faim, le Tour de France pourrait bien assouvir son appétit. Avec Romain Feillu, il pourrait devenir le symbole d'une nouvelle génération décomplexée. «Notre génération est moins timide que la précédente, estime le sprinteur d'Agritubel. C'est aussi parce que le peloton roule moins vite. C'est fini le sport de brigands. Et on a envie de se battre.» |
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