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Alberto Contador et Tom Boonen main dans la main devant Juan Mauricio Soler. (L'Equipe)

BILAN

LES SOUFFRANCES DU TOUR

De cette 94e édition, on peut évidemment retenir le bilan sportif avec l'émergence d'un nouveau champion, Alberto Contador, la domination des Espagnols et de Discovery Channel et la déroute des Français au général. Mais pendant trois semaines, entre Londres et Paris, affaires de dopage et tricheurs ont accaparé l'attention et la tête de la course.


Neuf ans après le Tour 1998, marqué par l'affaire Festina, le Tour 2007 restera associé dans la mémoire collective à ses péripéties extra-sportives. «On pensait faire la refondation. C'est raté», a reconnu Christian Prudhomme, qui a encaissé une série de coups durs pour sa première année à la direction de la course. Pour les plus marquants : un double vainqueur d'étape, Alexandre Vinokourov, positif à la transfusion homologue, et un Maillot Jaune, Michael Rasmussen, chassé pour avoir menti afin d'échapper aux contrôles inopinés. Ces affaires ont instillé le doute et une suspicion généralisée dans le peloton et autour, d'autant plus que les équipes en pointe dans la lutte antidopage ont été frappées de plein fouet, comme la T-Mobile, avec la révélation du contrôle positif du jeune Patrik Sinkewitz, et Cofidis, exclue en raison du dopage de Cristian Moreni. Conséquence : les organisateurs sont entrés en guerre contre l'UCI et promettent de nouveaux modes de sélection pour 2008. Avec la réapparition d'équipes nationales ?

Nouvelle génération : Contador, Soler...

Même si plus personne n'ose parler du Tour du «renouveau», cette édition a vu l'émergence d'une nouvelle génération de champions avec le grand vainqueur Alberto Contador (24 ans), aussi insouciant qu'offensif dès que la route s'élève. Son talent était indéniable mais sa précocité a surpris même son directeur sportif Johan Bruyneel, qui pensait surtout à lui pour les prochaines éditions. Au côté du Madrilène, le Colombien Juan Mauricio Soler a conquis le Maillot à pois au prix d'une série d'échappées dans les deux massifs montagneux alors que le poids léger espagnol Emats Txurruta a amplement mérité son prix de super-combatif vu son entrain à se lancer dans les échappées. Avec l'Allemand Linus Gerdemann, bref Maillot Jaune, les minots ont déjà fière allure.

Les confirmations : Evans et Boonen

Huitième en 2005, cinquième en 2006 et deuxième en 2007, Cadel Evans poursuit sa progression dans la Grande Boucle. Même s'il ne s'est pas montré franchement offensif lors des étapes de montagne, il devrait remporter sa première étape après le déclassement de Vinokourov dans le chrono d'Albi. Parmi les sprinteurs, Tom Boonen a enfin décroché un Maillot Vert à Paris à sa quatrième tentative, avec deux victoires d'étapes à la clé, alors que Robbie McEwen (à Canterbury), Thor Hushovd (à Autun) et Daniele Bennati (deux victoires) ont tenu leur rang au cours d'une première semaine où s'est surtout distingué le rouleur suisse de la CSC, Fabian Cancellara (deux étapes et le Maillot Jaune).

Les Français pris de vitesse

Pour la première fois dans l'histoire de la course, pas un seul Francais n'a fini dans les vingt premiers du classement général. «C'est tout à fait logique. Ils sont à leur place», commente notre consultant Jean-François Bernard. Certes, l'internationalisation du cyclisme se poursuit avec le premier podium pour un Australien et la première étape décrochée par un Sud-Africain (Robert Hunter) mais les Espagnols n'en ont pas été troublés (six dans les dix premiers du général). Le public avait placé ses espoirs dans le vétéran Christophe Moreau pendant une semaine, avant une chute, une bordure et un coup au moral. C'est finalement son équipier Stéphane Goubert (37 ans) qui s'en est le mieux sorti (27e). Pas forcement de quoi le réjouir : «On a commencé le Tour dans l'euphorie, on l'a achevé dans une spirale négative». Le clan français a néanmoins décroché deux victoires d'étape et c'est une fois de plus le vétéran Cedric Vasseur qui a montré la voie. Les Cofidis ont dû se contenter du rôle d'animateurs en alignant les kilomètres d'échappée (Sylvain Chavanel, Stéphane Augé) avant de partir. Les jeunes pousses du sprint (Sébastien Chavanel, Romain Feillu) et les espoirs (Benoît Vaugrenard) sont encore en phase d'apprentissage. A leur âge, Alberto Contador est déjà le maître.


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