MSN sports Basket - NBA - Match 2 - LOS ANGELES-DETROIT (99-91 AP)
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Kobe Bryant digne de Michael Jordan. (Reuters)

Match 2 - LOS ANGELES-DETROIT (99-91 AP)

BRYANT, HÉROS « JORDANESQUE »

Kobe Bryant a permis aux Lakers d'éviter la sortie de route en arrachant la prolongation d'un tir à trois points réussi à deux secondes de la fin du temps réglementaire. KO debout, les Pistons ont ensuite laissé filer une rencontre qu'ils avaient très bien maîtrisée durant 47 minutes. Les deux équipes sont désormais à égalité (1-1). Mais si Detroit dispose toujours de l'avantage du terrain, avec trois matches de suite à jouer à domicile, Los Angeles pourrait avoir pris un avantage psychologique décisif.


C'est une évidence, Kobe Bryant rêve de ressembler à Michael Jordan. Parfois, cela le pousse à jouer de façon absurde, à un contre cinq durant de très, très longues minutes, comme souvent l'an dernier face aux Spurs de Tony Parker. Mais à d'autres moments, lorsqu'il sélectionne ses actions, à l'image de cette deuxième manche de la finale, cela le rend carrément divin, ou « jordanesque », ce qui pour un habitué de la NBA est à peu près similaire. Alors que les Pistons tenaient le match bien en main, menant de six points à 40 secondes de la fin du temps réglementaire (89-83), ils ont subitement craqué, encaissant tout d'abord un 2+1 de Shaquille O'Neal, avant de gâcher une occasion de clore la rencontre par Chauncey Billups, auteur d'un tir maladroit alors qu'il restait six secondes de possession, puis d'assister, impuissants, à leur propre mise à mort par Kobe Bryant, d'un tir à trois points lunaire réussi in extremis à huit mètres.

Detroit ne s'est jamais relevé ce coup du lapin, ne marquant que deux points en prolongation avant de s'incliner, sonné. On pourrait longtemps s'interroger sur l'opportunité qu'il y aurait eu à faire faute avant même que Bryant ne tente sa chance afin de récupérer la balle. D'autant plus que les Pistons n'ont pas fait prise à deux sur Kobe, et que son garde du corps, Richard Hamilton, n'est pas un défenseur de très haut niveau. Mais premièrement, la faute tactique est une habitude très européenne, souvent mal vécue en NBA, et deuxièmement, les Pistons ont joué au delà de leur niveau habituel durant 47 minutes. Ou même 95 si l'on prend en compte leur victoire lors du match n°1. Mais voilà, Detroit ne possède de clutch player, de joueur décisif, alors que les Lakers ont le meilleur basketteur du monde dans cet exercice. C'est peut-être ce qui fera la différence au final.

Avant cette fin tragique, digne d'un Utah-Chicago de 1998, il y a eu cependant une partie, qui a confirmé que Detroit est tout sauf un finaliste au rabais. Parfois brouillons, souvent menés (39-31, 22e ou encore 52-41, 28e), les Pistons ont toujours trouvé les ressources pour revenir dans le match. Mais ils ne sont jamais parvenus ensuite à prendre franchement l'avantage. Leur jeu collectif, arc-bouté sur une défense hermétique, avec un trio composé de Tayshaun Prince, Ben et Rasheed Wallace redoutable aux contres et aux rebonds, a parfaitement fonctionné, imposant un rythme lent, cassé, quasiment hypnotique, qui a trouvé son apothéose dans les sept temps-morts pris de part et d'autres durant le premier quart d'heure. Hormis dans la dernière minute, jamais un joueur n'est parvenu à prendre feu.

Pas un sauf... le très improbable Luke Walton, un rookie qui ne jouait que dix minutes en moyenne durant la saison régulière, puis 4,4 en play-offs et qui n'avait même pas foulé le parquet durant le premier match de la finale. Walton, fils de Bill, l'un des meilleurs pivots de l'histoire du basket américain, a enfin fait entrer les siens dans la série en marquant cinq points de suite dans le deuxième quart-temps puis en accumulant les passes décisives de grande classe (8, meilleur passeur du match), une hérésie pour un intérieur à une époque où les muscles sont plus recherchés que la vista. Walton fût celui qui a allumé la mèche dans la partie même si on sait qui a ensuite fait exploser le Staples Center. Rendez-vous désormais au Palace d'Auburn Hills pour trois matches dans la salle des Pistons, qui n'auront que deux jours pour se remettre de leurs émotions.

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